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«Fada !»
La fable de l?enfant insolite
Publié dans Info Soir le 23 - 11 - 2004

Livre Fada ! est d?une écriture exceptionnelle, chargée d?émotion d?un bout à l?autre, attirant l?attention et agissant sur la sensibilité.
Paru aux éditions Apic, Fada !, de Djamel Mati, est une fable qui se déroule dans un style emprunté tantôt au théâtre tantôt au roman. Le récit s?organise en deux parties : la première s?inscrit dans une morphologie spécifique au théâtre.
L?écrivain présente une écriture théâtrale mettant en scène deux personnages : Fada, le pivot du récit, et Kada, son interlocuteur, son compagnon, un intermédiaire à travers lequel Fada est mentionné, raconté. L?histoire s?articule autour d?un dialogue entre Fada et Kada, une confrontation de discours et un échange de perceptions existentielles. Ces deux protagonistes se trouvent dans un endroit atypique, un lieu littéralement détaché de l?activité humaine : dans un cimetière, loin des vivants, parmi les morts. De cette rencontre se raconte la fable?
Fada est un personnage insolite, inattendu, donnant l?air d?être irréfléchi, désinvolte, un personnage qui possède des allures propres à un enfant. En fait, c?est un enfant, alors que son compagnon, Kada, s?avère adulte, plus mesuré, serein, méditatif. Il passe d?ailleurs son temps à cogiter et à se livrer à une multitude de réflexions complexes, formulant ainsi une philosophie basée exclusivement sur ses convictions, ses observations, ses impressions et même sur ses expériences, excluant, du coup, tout énoncé inassimilable au sien, privilégiant sa propre théorie. Les réflexions de Kada, toutes composites et absconses, semblent, à première vue, dépasser l?entendement de Fada qui, lui, reste interloqué devant le discours de son compagnon.
Il s?avère toutefois que ce n?est qu?une impression : Fada est sensible aux dires de son compagnon et finit, lui-même, par avancer des questionnements et formuler en conséquence sa théorie. Et c?est au lecteur de déceler dans les propos de Fada ses visions existentielles.De cette rencontre entre Fada et Kada, une rencontre inattendue, s?installe une relation spéciale qui repose sur l?échange, le rapprochement et la comparaison.
La deuxième partie du récit, qui est d?une écriture narrative, donc romanesque, alternée par des discours directs, à savoir des dialogues, retrace un «entretien», une discussion entre Kada et un autre personnage, une femme, son amie, à qui il raconte Fada, ce personnage partagé entre la fable et la vérité.
Fada serait-il une histoire vraie ? A-t-il vraiment existé ? Ou bien serait-il un personnage fictif, imaginé par l?intuition de l?écrivain ?
En dépit de son caractère romanesque et imaginaire, Fada vit cependant quelque part en chacun de nous ; il partage notre existence et chacun se trouve en mesure de se reconnaître en ce personnage atypique, à la fois irréel et matériel. De par son accent juvénile, son aspect ingénu et son comportement mental vif et subtil, le personnage de Fada nous rappelle celui du Petit Prince et Kada l?aviateur, deux protagonistes imaginés par l?écrivain français Antoine de Saint-Exupéry. Les deux, seuls dans le Sahara, apprennent à se connaître, comme c?est le cas d?une scène au cimetière entre Fada et Kada.
Il y a, en effet, dans l?écriture de Djamel Mati une intertextualité qui régit et régularise le récit, donnant au texte son esthétique et définissant les stratégies ? et les intentions illocutoires ? de l?écrivain. On entend par intertextualité un texte dans un autre texte, c?est-à-dire qu?à la lecture de Fada !, notamment la première partie, le souvenir, l?image du Petit Prince nous viennent à l?esprit.
Fada ! est d?une écriture exceptionnelle ; l?émotion s?exprime, d?un bout à l?autre dans des tournures touchant au plus profond la sensibilité du lecteur, attirant ainsi son attention de manière à l?orienter sur le personnage, le poussant à s?interroger sur son existence, donc sur notre existence. De ce dialogue entre Fada et Kada est dite notre histoire dans un fatras de mots, dans un désordre de rêves et des méandres de mirages, mais tous racontent, en filigrane, des vérités, celles qui nous concernent.


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