La 7e édition du Festival international du film arabe (Fofa 2013) s'est ouverte, lundi soir, au Centre des conventions d'Oran, par un hommage rendu à trois figures du cinéma arabe, en l'occurrence l'égyptienne Leïla Tahar, l'algérien Ahmed Rachedi et le syrien Assaad Fadha. La cérémonie d'ouverture -qui a eu lieu en présence de nombreuses vedettes du cinéma arabe, des autorités locales et des représentants du ministère de la Culture- a également été marquée par la projection de Une si jeune paix, premier long-métrage de l'Algérie indépendante, réalisé en 1964 par Jacques Charby, disparu en janvier 2006 à l'âge de 76 ans. Pour la petite histoire, avant de mourir, Jacques Charby envisageait de rééditer Les enfants d'Algérie (Editions Maspero, 1962), livre de témoignages d'orphelins de Moudjahidine qu'il avait lui-même recueillis, en 1961 et 1962, dans les camps de Tunisie et du Maroc. D'ailleurs, il avait à son crédit plusieurs ouvrages sur l'Algérie -où il s'était fixé dès 1962- dont L'Algérie en prison et Les enfants de l'Algérie. Après l'écriture, c'est tout naturellement que Jacques Charby tourne Une si jeune paix, film dramatique qui raconte les traumatismes d'enfants de chouhada vivant dans un centre spécialisé, au lendemain du recouvrement de l'indépendance. Pour en revenir au Fofa 2013, 13 longs-métrages et 18 courts-métrages concourent pour les premiers prix, dont 6 sont algériens : C'est dans la boîte, de Djamil Beloucif, et Jours de cendres d'Amar Si Fodil dans la première catégorie et Square port Saïd de Faouzi Boudjemai, La gandoura blanche de Akram aghba, Les jours d'avant de Karim Moussaoui et Imining de Embarek Menad qui seront en course dans la seconde catégorie. Cette année, c'est Ahmed Rachedi et le réalisateur tunisien Réda Bahi qui ont hérité de la présidence des deux jurys. La catégorie des documentaires qui, elle, est présidée par le critique algérien Nabil Hadji, met en compétition 6 films documentaires dont un seul de ationalité algérienne. Parmi les autres films en course, Die Walt du Tunisien Karim Alexander Pistra, Les mécréants du Marocain Mohsein Basri, deux films égyptiens et d'autres longs-métrages du Koweït, du Liban ou encore d'Arabie saoudite. Selon le commissariat du festival, les films précités ont été sélectionnés sur un ensemble de 200 candidatures émanant des 15 pays qui prennent part au Fofa 2013. Les films seront projetés en entrée libre dans les trois seules salles de cinéma qui sont fonctionnelles, en l'occurrence la Cinémathèque d'Oran, Saada et Maghreb (encore que ces deux dernières fermeront leurs portes dès la clôture du festival). S. O. A. Une pétition sur Internet pour dénoncer le FOFA A la veille de l'ouverture de la 7e édition du Festival du film arabe d'Oran (Fofa), une pétition est apparue sur le site des pétitions citoyennes (avaaz.org) pour dénoncer le «Festi-vil mondain» qui «n'intéresse pas les citoyens d'Oran» et dilapide des «sommes faramineuses pour perpétuer la médiocrité culturelle». Les signataires de l'appel (ils étaient 51, hier à midi, sur la centaine espérée) estiment que «les crédits budgétivores» doivent servir «judicieusement à la réhabilitation et la construction de nouvelles salles de spectacles et théâtres de proximité» dans une capitale de l'Ouest qui «compte plus de cinémas en ruine que de vestiges historiques». Si la pétition n'a pas recueilli de très nombreuses adhésions, les arguments avancés ne manquent pas de justesse: depuis 7 ans que le festival se tient à Oran, aucune salle de cinéma n'a été réhabilitée, aucune nouvelle n'a été construite et la Cinémathèque est l'unique salle de spectacle qui assure des projections quotidiennes. Du reste, la mauvaise préparation du festival et la gestion approximative qui le caractérise ne sont pas faites pour susciter l'adhésion de la population qui, il est vrai, ne s'est jamais sentie «très concernée» par l'événement. Encore moins aujourd'hui que les ciné-bus et les projections plein-air semblent avoir définitivement été abandonnés par le nouveau commissariat...