Déjà embourbée dans des scandales de corruption touchant ses plus hautes sphères, la Fifa se retrouve encore sur le banc des accusés. Le Costa Rica a en effet demandé officiellement des explications à la Fédération après un contrôle antidopage dont ont fait l'objet sept de ses joueurs, vendredi dernier, à l'issue du match contre l'Italie au Mondial, a déclaré un dirigeant costaricien. Le Costa Rica, qui avait battu l'Uruguay (3-1) la semaine dernière, a récidivé, vendredi dernier, face à l'Italie (1-0), un géant quatre fois titré en Coupe du Monde,précipitant la sortie de l'Angleterre, une autre grosse cylindrée, dès le premier tour. «Nous demandons une explication à la Fifa. Elle ne nous répondra probablement rien et cela ne va pas nous alarmer», a déclaré le président de la commission des sélections nationales du Costa Rica, Adrian Gutierrez. «Ce qui a provoqué la surprise au nouveau Mondial est qu'on prenne sept joueurs et qu'on fasse naître un soupçon de dopage des joueurs costariciens», a déclaré Gutierrez. «Nous sommes disposés à mettre à la disposition de la commission antidopage de la Fifa quatre, huit ou même les 23 joueurs si nécessaire», a-t-il ajouté. Ainsi, le Costa Rica ne conteste pas le droit de la Fifa d'effectuer ces contrôles, mais regrette qu'ils aient ciblés autant de joueurs d'une même équipe, car ce nombre inhabituellement élevé pourrait jeter la suspicion sur toute la sélection costaricienne, et, par ricochet, sur le pays. Selon le règlement de la Fifa, deux joueurs de chaque équipe doivent subir un contrôle antidopage après tous les matchs. Le nombre de sept joueurs contrôlés s'expliquent par le fait que huit Costariciens évoluant à l'étranger n'étaient pas présents au stage de préparation avant le Mondial lorsque des membres de la commission antidopage de la Fifa se sont présentés pour effectuer des contrôles de routine. Deux de ses huit joueurs ont passé ce contrôle après la première victoire du Costa Rica sur l'Uruguay au Mondial, en plus des deux joueurs tirés au sort. Les six autres l'ont subi après le match contre l'Italie, en plus d'un joueur tiré au sort. Selon le site internet du journal la Gazzetta, cinq joueurs du Costa Rica auraient subi un contrôle antidopage, en plus des deux normalement convoqués, selon le protocole de la Fifa en vigueur. La Fifa s'est justifiée auprès du journal italien en indiquant que les cinq joueurs n'étaient pas disponibles pour les contrôles pré-tournoi. L'international argentin et star mondiale, Diego Maradona, a pris fait et cause pour le Costa Rica. Mais, plus direct et incisif, il a accusé, samedi dernier, ouvertement la Fifa de vouloir sauver les grosses équipes au Mondial pour plaire aux sponsors. Quant à la réponse de la fédération, il la balaie d'un revers, considérant qu'elle est insuffisante, donc non convaincante. Pour Maradona, lui-même exclu du Mondial-1994 pour un contrôle positif à l'éphédrine, le contrôle imposé à sept joueurs en même temps est une décision «contraire aux règles». L'Argentin a insinué que le sort réservé aux Costariciens était dû au fait que les sponsors de la Fifa ne «paieront pas autant» que ce qu'ils avaient promis, si des grosses pointures du football comme l'Italie ne se qualifiaient pas pour les huitièmes de finale. «Ça arrive uniquement parce que certains sont ennuyés par le Costa Rica, que les grosses équipes n'aillent pas (au tour suivant), du coup les sponsors ne paieront pas ce qu'ils ont promis (de payer)», dira-t-il. En d'autres termes, la Fifa est accusée de rouler pour l'argent au détriment du sport, ce qui ne constitue pas une nouveauté ni un scoop. R. C./APS