Passage à niveau, son précédent court métrage, est la seule œuvre algérienne projetée au «Short Film Corner», un espace dédié aux professionnels, en marge de la sélection officielle du 67e Festival international du cinéma de Cannes Anis Djaâd, un des talentueux représentants de la nouvelle génération de réalisateurs algériens, a le vent en poupe, et ses œuvres séduisent de plus en plus la sélection de prestigieux festivals internationaux. Sa nouvelle réalisation, le court métrage de fiction le Voyage de Keltoum prendra ainsi part à la compétition officielle du Festival du court métrage méditerranéen de Tanger au Maroc, qui se tiendra du 10 au 15 octobre prochain, rapporte l'APS. Sorti en 2016, le Voyage de Keltoum est la troisième œuvre du réalisateur après la sortie en 2014 de Passage à niveau, doublement primé au Festival du court métrage maghrébin à Oujda au Maroc, et en 2012 du Hublot également primé lors des Journées cinématographiques d'Alger. Selon le synopsis de l'œuvre, le Voyage de Keltoum aborde de manière atypique le retour aux sources des émigrés à travers l'histoire de Keltoum qui se retrouve obligée de réaliser les vœux de sa sœur mourante, souhaitant un retour sûr des lieux qu'elle considère comme sacrés, malgré de grandes difficultés financières. Cette promesse confronte Keltoum à sa misère sociale, à sa famille qui lui reproche sa modeste condition et à l'obligation de réaliser la dernière volonté de sa sœur. Né à Alger, Anis Djâad est l'auteur de plusieurs scénarios dont les Assoiffés, H3 Au bout du tunnel. Il a été assistant-réalisateur sur le tournage de França ya França de Djamel Beloued. Il a également était durant une quinzaine d'année journaliste et chroniqueur notamment au quotidien la Tribune. Anis Djâad qui avait pris part, en tant que réalisateur, a plusieurs manifestations cinématographiques en Algérie, en Tunisie ou encore au Maroc, est également l'auteur de deux romans parus dans les années 2000 en l'occurrence «L'odeur du violon» et «Matins parisiens». Dans une interview qu'il avait accordée à un site électronique, Anis Djaâd avait déclaré à propos de sa passion du cinéma : «En fait, je suis venu au cinéma avant le journalisme. En 1997, j'étais engagé comme stagiaire à la réalisation sur le film França ya França de Djamel Beloued. Ce n'est autre que la dissolution de l'Enpa qui a fait que je déserte le cinéma.» Il avait précisé à ce sujet que «c'est aussi mon amour pour l'écriture qui a fait que j'embrasse la carrière de journaliste. Toutefois, j'ai gardé un lien fort avec le cinéma à travers un apprentissage de l'écriture scénaristique en autodidacte». Il avait également confié à propos de la participation à des festivals qu'«un festival, c'est tout d'abord un lieu d'échanges vu le nombre de présents, en dehors de celui des participants. On rencontre énormément de gens du métier, cela va du producteur au technicien. Mais c'est aussi une occasion de visionner des films aussi bien de nationalité algérienne qu'étrangère. Ce qui permet de faire sa propre autocritique et se forger une idée précise de ce qui se fait ici et ailleurs. Il est indispensable de se remettre en cause. C'est aussi une façon de capter les tendances actuelles qui font la beauté du court métrage de part le monde». Pour rappel, Passage à niveau a remporté plusieurs prix dont celui du meilleur réalisateur et de la meilleure interprétation masculine pour Rachid Ben Allal au 4e Festival du court métrage maghrébin, tenu du 7 au 11 avril à Oujda au Maroc. Le court métrage a également obtenu le prix de la Fédération nationale des ciné-clubs du Maroc. D'une durée de 23 mn, le film montre la vie morne et répétitive d'un vieil employé (campé par Rachid Ben Allal), affecté à la sécurisation de jour comme de nuit d'un passage à niveau dans un village algérien et qui, un jour, reçoit une mystérieuse lettre qui va bouleverser ses habitudes. Passage à niveau a été distingué par de nombreux prix et mentions dont le Prix du meilleur scénario de court métrage en 2014 et la mention spéciale du Festival d'Alger du Cinéma maghrébin de la même année. Notons également que Passage à niveau est la seule œuvre algérienne qui a été projetée au «Short Film Corner», un espace dédié aux professionnels en marge de la sélection officielle du 67e Festival international du cinéma de Cannes. Les deux court métrages d'Anis Djaâd sont également à l'affiche du programme de la manifestation «Ciné Plage» initiée par l'Aarc dans plusieurs wilaya du pays jusqu'au 14 août prochain. S. B.