La wilaya de Tlemcen a commémoré, lundi, le 69e anniversaire de la bataille de Felaoucene, considérée comme l'une des étapes héroïques majeures de la Guerre de libération nationale, au cours de laquelle les moudjahidine de l'Armée de libération nationale (ALN) ont infligé de lourdes pertes à l'armée coloniale française. Les cérémonies, organisées dans la commune d'Aïn Fetah en présence des autorités locales et de la famille révolutionnaire, ont été marquées par un recueillement à la mémoire des martyrs au cimetière des chouhada, ainsi que par une exposition de photographies retraçant les différentes étapes de la Révolution, mise en place par le musée du Moudjahid de Tlemcen. Plusieurs familles de martyrs ont également été honorées à cette occasion. Une conférence a été organisée à l'occasion, comprenant deux communications. La première, intitulée «La stratégie militaire de la bataille de Felaoucene», a été présentée par le conservateur du patrimoine au musée régional du Moudjahid de Tlemcen, Mohamed Attar. Il a rappelé que cette bataille s'est déroulée le 20 avril 1957 au mont Felaoucene, culminant à 1 136 mètres d'altitude, et a duré trois jours durant le mois de Ramadhan. Selon l'intervenant, les moudjahidine de l'ALN, après une série d'opérations contre les forces coloniales, avaient anticipé une offensive d'envergure, ce qui les a conduits à se repositionner dans la région et à former trois bataillons sous le commandement de Ouachen Moulay-Ali, dans la zone d'El Menchar, afin de surveiller les mouvements de l'ennemi. Il a ajouté que la connaissance du terrain par les combattants a permis d'attirer les forces françaises vers des zones découvertes avant de lancer une attaque ayant infligé de lourdes pertes à l'armée coloniale, contrainte de recourir aux bombardements aériens et aux opérations de ratissage, les combats se poursuivant jusqu'à la tombée de la nuit. Le conférencier a souligné que la bataille de Felaoucene a eu un large retentissement, tant sur les plans militaire que politique, et demeure l'une des actions les plus marquantes de la wilaya historique V. De son côté, le professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Tlemcen, Bendaoud Nasreddine, a estimé que cette bataille constitue l'un des faits d'armes majeurs de la Guerre de libération, précisant qu'elle est intervenue en réponse aux opérations du général Salan visant à ratisser les montagnes de la wilaya V historique. Il a indiqué que près de 300 moudjahidine ont pris part à cette bataille, répartis en trois bataillons et armés de moyens rudimentaires, face à des forces coloniales importantes dotées d'armements modernes, notamment des avions, hélicoptères et de l'artillerie. Enfin, il a précisé que les pertes de l'armée coloniale française sont estimées à environ 700 morts et 400 blessés, tandis que 106 moudjahidine sont tombés au champ d'honneur, en plus de blessés parmi les rangs des combattants.