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La problématique du transport maritime
La guerre USA-Israël contre l'Iran et ses impacts géopolitiques et économiques
Publié dans La Nouvelle République le 22 - 04 - 2026

Ce dossier stratégique sera analysé en cinq parties : 1.-Quel est l'impact de la guerre en USA-Israël-Iran sur l'économie mondiale et rivalités USA-Chine ?
2.-L'importance du transport maritime : problématique des coûts d'assurance en cas de conflits ?
3.-Pression accrue sur le détroit de Bab el-Mandeb mer Rouge et importance du détroit d'Ormuz ?
4.-Quelle stratégie pour l'Algérie face à ces mutations géostratégiques ?
5.-Les perspectives ?
1.-Quel est l'impact de la guerre USA-Israël contre l'Iran sur l'économie mondiale et la rivalité USA-Chine ?
Le Moyen-Orient recèle 40% des réserves prouvées mondiales de pétrole dont l'Arabie saoudite environ 262,7 milliards de barils, soit un quart des réserves mondiales., Irak : ~112,5 milliards de barils., EAU : ~97,8 milliards de barils. Koweït : ~96,5 milliards de barils. Iran : ~93,1 milliards de barils. Nous avons 40% des réserves mondiales de gaz dont Iran : 32 100 milliards de m3 (fin 2020), le Qatar : 24 700 milliards de m3, l'Arabie Saoudite 9800 milliards de mètres cubes gazeux, les Emiraties une moyenne de 7000 milliards de mètres cubes gazeux et l'Irak 3500 milliards de mètres cubes gazeux, et tout conflit dans la région risque assurément d'affecter la production. Les tensions avec l'Iran ont montré que les américains étant autonome et exportateur en hydrocarbures, grâce au pétrole gaz de schiste, mais 80% des exportations iraniennes étant destinées à la Chine à des prix plafonnés et bon nombre d'Asie étant pénalisés, les exportations iraniennes ne dépendent pas du détroit d'Ormuz mais de l'île de Kharg (ou Khârg) située dans le nord du golfe Persique, vitale pour les revenus de Téhéran qui est le principal terminal d'exportation de pétrole, traitant environ 90 à 95 % du brut du pays. Mais le blocus américain du détroit d'Ormuz, qui a débuté autour du 13 avril 2026, menace à la fois l'économie mondiale et les revenus pays du Golfe dont la facture totale provisoire de cette guerre uniquement sur six semaines dépasse probablement les 200 milliards de dollars, avec le risque d'un choc pétrolier mondial. Elle pénalise également l'économie iranienne perdant chaque jour environ 435 millions de dollars avec le risque d'une hyperinflation et de vives tensions internes, les réserves de change étant inférieures à 30/35 milliards de dollars fin 2025, le FMI table désormais sur une croissance mondiale de 3,1 % pour 2026, contre les 3,3 % anticipés en janvier.
Ce recul de 0,2 point peut paraître technique, mais sa réalité comptable est brutale : il représente un manque à gagner de 350 milliards de dollars de richesse produite à l'échelle de la planète. Si les hostilités devaient se prolonger au-delà de la fin de l'année, le FMI prévoit un scénario noir où la croissance mondiale s'effondrerait à 2%. Un tel niveau serait insuffisant pour absorber les millions de nouveaux entrants sur le marché du travail dans les pays émergents, menaçant la stabilité sociale de régions entières. Conséquence immédiate : le FMI prévoit une hausse des prix de l'énergie de 19 % sur l'année, et de 21 % pour le seul pétrole. L'inflation, que l'on pensait domptée après les crises de 2022, repart à la hausse. Attendue à 3,8 % en janvier, elle devrait finalement s'établir à 4,4 % en moyenne mondiale en 2026. Dans le pire des cas — une guerre longue — le baril pourrait fluctuer autour de 110 dollars tout au long de l'année, propulsant l'inflation globale à 6 %. Ce retour de la cherté de la vie menace de déclencher des « effets de second tour », notamment des boucles prix-salaires qui compliqueraient la tâche des banques centrales, déjà sous pression. Pour l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la carte mondiale de la croissance se redessine sous l'effet du prix du baril. Paradoxalement, les pays de la région sont les plus durement touchés. Leurs infrastructures critiques ont été endommagées et le blocus d'Ormuz les empêche d'écouler leur production.
Le Qatar subit un effondrement de son PIB de 8,6 % (mise hors service de trains de liquéfaction). L'Iran entre en récession profonde avec une baisse de 6,1 %. L'Arabie saoudite voit sa croissance amputée de 1,4 point, à 3,1%. Sur le Vieux Continent, la situation est morose. La zone euro voit sa croissance révisée à 1,1 %. Si la France résiste légèrement mieux que ses voisins allemand et italien avec une prévision de 0,9% (-0,1 point), le Royaume-Uni devient le maillon faible des économies avancées, tombant à 0,8 % de croissance. À l'inverse, les Etats-Unis font preuve d'une résilience insolente. Avec une croissance maintenue à 2,3%, l'oncle Sam profite de son statut d'exportateur d'énergie pour absorber le choc, malgré une inflation qui reste fixée au-dessus de la cible des 2%. L'un des enseignements les plus surprenants des données du FMI réside dans la résistance du « Sud global ». Contrairement aux crises précédentes, les grands émergents ne sombrent pas. Au premier trimestre 2026, la croissance chinoise a résisté à la guerre USA-Iran, atteignant 5,0% grâce à de fortes exportations et des réserves pétrolières, dépassant les prévisions de 4,8%. La Russie en est la grande bénéficiaire. Le FMI a relevé sa prévision de croissance à 1,1 %.
Pour Moscou, la hausse des prix du brut compense largement les perturbations, offrant une manne financière inattendue pour son économie de guerre. L'Inde et le Brésil voient également leurs prévisions relevées (respectivement à 6,5% et 1,9%). Leur moindre dépendance directe au conflit et leur dynamisme interne leur permettent de tirer leur épingle du jeu. Derrière les statistiques macroéconomiques se cache un drame humain. Le coût de l'énergie est intrinsèquement lié à celui de l'alimentation, via le prix des engrais et du transport. Kristalina Georgieva a lancé un avertissement solennel : la hausse des prix pourrait plonger 45 millions de personnes supplémentaires dans l'insécurité alimentaire. Ce sont les pays les plus pauvres, importateurs nets d'énergie et de céréales, qui paient le prix de la guerre dans le Golfe. Le FMI appelle les gouvernements à la prudence : les prix plafonnés et les subventions massives, bien que populaires, sont jugés coûteux et injustes. L'institution plaide pour des aides ciblées et, surtout, pour un retour à la coopération internationale. Malgré la sévérité du diagnostic, le FMI souligne une lueur d'espoir : la structure de l'économie mondiale a changé. L'efficacité énergétique accrue et la montée en puissance des énergies décarbonées agissent comme des amortisseurs. Sans ces progrès technologiques, le blocus d'Ormuz aurait probablement déjà plongé le monde dans une dépression majeure.
La « résistance » actuelle prouve que la transition énergétique, bien qu'incomplète, est aussi un levier de souveraineté économique.
Pour le FMI, la fin de l'unilatéralisme et le retour des blocs posent une question fondamentale sur la pérennité du modèle de croissance mondialisé. Si le choc peut être absorbé à court terme par les économies les plus agiles, l'enlisement du conflit en Iran pourrait transformer cette alerte en une crise structurelle profonde, définissant pour longtemps les équilibres entre l'Occident, les émergents et les puissances pétrolières. Aussi pour l'année 2026 se dessine comme une année de résilience sous tension, où la croissance se maintient malgré une forte inflation et un choc pétrolier, sous réserve que le conflit ne s'intensifie pas davantage. A ce titre il est intéressant d'analyser la rivalité entre les deux plus grandes puissances économiques du monde : USA/Chine qui influencent la croissance de l'économie mondiale Telle qu'elle se dessine début 2026, la stratégie américaine est caractérisée par une approche défensive visant à maximiser leur puissance énergétique historique tout en temporisant la transition énergétique.
Le contrôle de l'énergie est le cœur de la stratégie des USA dont les grands gisements comme au Venezuela, l'Iran et donc indirectement l'Asie, les pays du golfe, certains pays Afrique, la mer Arctique sans oublier la future coopération avec la Russie avec la fin de la guerre en Ukraine. Initiée pour assurer la suprématie américaine, cette stratégie vise à maximiser la production de combustibles fossiles (pétrole, gaz de schiste) et à exporter le gaz naturel liquéfié (GNL) vers des alliés, notamment en Europe et en Asie, pour contrer l'influence de pays comme la Russie. Les Etats-Unis utilisent l'énergie pour imposer des sanctions financières et commerciales, agissant ainsi sur des acteurs internationaux. Entre 2024-2025, les Etats-Unis ont produit plus de pétrole que l'Arabie saoudite et la Russie réunies, consolidant leur rôle de leader incontesté dans le domaine de l'énergie ce qui a permis d'influencer les prix mondiaux de l'énergie, limitant l'impact des chocs d'approvisionnement et donnant à Washington une plus grande liberté d'action. Cette domination énergétique s'accompagne d'une concurrence accrue, notamment avec la Chine, pour le contrôle des minerais stratégiques et des technologies liées à la transition énergétique. Ainsi : Washington cherche à prolonger la prédominance des énergies fossiles en exploitant son avantage comparatif immédiat, plutôt que d'engager une transition frontale ; les USA augmentent leurs capacités d'exportation de gaz naturel (GNL) et utilisent les négociations commerciales, y compris les droits de douane, pour promouvoir leurs produits énergétiques à l'international.
Quant à la Chine qui a été un acteur déterminant de la négociations USA-Iran au Pakistan, environ 15/20% de sa consommation intérieure dépendant de l'Iran, elle se projette sur l'avenir. Sa stratégie vise à garantir sa sécurité énergétique tout en devenant le leader mondial des énergies renouvelables reposant sur la neutralité carbone d'ici 2060 où d'ici 2030, combinant des investissements massifs dans le solaire et l'éolien, le développement nucléaire. La Chine détenant la plus grande capacité installée d'éolien et de solaire au monde, ayant atteint ses objectifs pour 2030 avec six ans d'avance en 2024 et le pays produit plus de 70 % des véhicules électriques mondiaux et une immense majorité des composants solaires, se positionnant en leader technologique.
Professeur des Universités
Expert international
Abderrahmane Mebtoul


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