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Une «osmose» qui vient de loin
Trump et Israël :
Publié dans La Nouvelle République le 22 - 04 - 2026

Lorsque l'on voit Donald Trump signer des décrets pour reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, ou lorsqu'on l'entend menacer l'Iran des pires représailles, une question revient sans cesse dans les dîners en ville et sur les plateaux télé : « Mais qu'est-ce qu'Israël a bien pu faire pour le tenir à ce point ? »
La réponse la plus paresseuse, et malheureusement la plus répandue dans certains cercles, est celle du «chantage» ou du «lobby». On imagine Trump prisonnier d'un dossier compromettant, otage de mystérieux banquiers ou victime d'un chantage sexuel savamment orchestré. S'il est vrai que les réseaux d'influence et l'argent jouent un rôle considérable – nous y reviendrons -, cette explication purement policière passe à côté de l'essentiel. Pour comprendre l'aveuglement total de l'Amérique de Trump envers la politique israélienne, il ne faut pas regarder les comptes en banque de la campagne 2016. Il faut remonter le temps. Très loin. Jusqu'à l'Europe de l'an 1095.
La matrice médiévale : Jérusalem dans l'ADN occidental
Imaginez un chevalier français, lourdement armé, qui n'a jamais mis les pieds hors de son village. Un jour, un prédicateur envoyé par le Pape Urbain II arrive et lui dit : «Chevalier, ta violence et tes pillages te condamnent à l'Enfer. Mais Dieu, dans Sa miséricorde infinie, te propose un marché. Va à Jérusalem, libère le Tombeau du Christ des mains des Infidèles, et tous tes péchés seront lavés. Mieux : si tu meurs au combat, tu iras directement au Paradis».
C'est la naissance de la Croisade. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, une civilisation tout entière – l'Occident chrétien – décide que son destin spirituel se joue dans une guerre lointaine, à l'autre bout de la Méditerranée. Jérusalem devient le centre magnétique de l'Europe.
Cette obsession ne s'est jamais éteinte. Elle a simplement changé de langue et de costume. Lorsque les premiers colons puritains débarquent en Amérique au XVIIe siècle, ils ne se voient pas comme des Anglais en exil. Ils se voient comme le Nouvel Israël. Ils traversent l'Atlantique comme les Hébreux ont traversé la mer Rouge. Le Massachusetts, c'est la nouvelle Canaan. Les noms des villes en témoignent encore aujourd'hui : Salem, Bethel, Jéricho, Hebron.
Le poison sucré du dispensationalisme
Cette «Théologie Politique» américaine va prendre une tournure explosive au XIXe siècle grâce à un prédicateur britannique du nom de John Nelson Darby. Darby invente une doctrine appelée le Dispensationalisme. Selon lui, la Bible annonce un calendrier précis de la Fin du Monde. Et la condition sine qua non pour que Jésus revienne sur Terre, c'est que le peuple juif soit rassemblé en Palestine et qu'une grande guerre éclate contre la Perse (l'Iran moderne).
Cette idée farfelue, qui fait hurler de rire les théologiens européens sérieux, devient la Bible (au sens propre) des Evangéliques américains. Au XXe siècle, des romans comme Left Behind (Les Survivants de l'Apocalypse), vendus à plus de 60 millions d'exemplaires, ont formaté l'imaginaire de toute une population.
Pour un électeur républicain du Kansas ou du Texas, soutenir Israël n'est donc pas un choix politique. C'est un devoir sacré. Bombarder l'Iran n'est pas une option stratégique discutable ; c'est aider Dieu à accomplir Sa prophétie. Quand Donald Trump parle de «paix» tout en envoyant des bombardiers, il parle à cette Amérique-là : celle qui veut hâter l'Armageddon pour en finir avec ce monde de péché.
Trump : Un produit pur de ce New York-là
Donald Trump n'a jamais lu Saint Augustin ni John Nelson Darby. Ce n'est pas un mystique. Mais il est le pur produit organique de cette culture, et plus précisément de la culture de l'immobilier new-yorkais de l'après-guerre.
Oublions la Maison-Blanche un instant et retournons dans le Queens des années 1950. Le père de Donald, Fred Trump, est un promoteur qui construit des logements pour la classe moyenne. À cette époque, il se lie d'amitié avec le rabbin Israel Wagner. Il finance la construction de la synagogue de Beach Haven. Il appelle le rabbin «My Rabbi» et achète des obligations d'Etat israéliennes. Donald grandit dans cette ambiance. Pour lui, les hommes d'affaires juifs ne sont pas «les autres». Ce sont ses partenaires de golf, ses banquiers, ses avocats.
Quand Donald frôle la faillite dans les années 1990 avec ses casinos d'Atlantic City, qui vient le sauver ? Wilbur Ross, un banquier alors chez Rothschild. Qui est son mentor politique ? Roy Cohn, l'avocat le plus sulfureux de New York, celui qui a appris au jeune Donald la règle d'or de la survie dans la jungle médiatique : «Frappe d'abord, nie toujours, ne t'excuse jamais». Cohn n'était pas seulement un avocat. Il était un rouage essentiel des réseaux d'influence qui mêlaient politique, mafia et renseignement. Cohn connaissait tout le monde et tenait tout le monde par les «dossiers». Il a initié Trump à cet univers où la loyauté envers la «communauté» est la première des vertus.
L'osmose plutôt que le complot
Alors, Trump est-il «tenu» par Israël ? Le mot est trop faible et trop caricatural. Il n'est pas tenu comme un pion sur un échiquier. Il est immergé dedans. C'est une osmose. Sa fille Ivanka s'est convertie au judaïsme orthodoxe pour épouser Jared Kushner. Ses plus gros donateurs, Sheldon et Miriam Adelson, sont des milliardaires pro-israéliens qui ont injecté plus de 200 millions de dollars dans ses campagnes. Son secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a le mot «Croisade» tatoué sur le corps.
Quand Trump agit, il ne suit pas un ordre venu de Tel-Aviv.
Il agit selon un logiciel interne qui a été programmé dès l'enfance par trois couches superposées :
La couche familiale et affairiste : Fred Trump et les réseaux immobiliers juifs de New York.
La couche théologique : La base électorale évangélique qui voit en lui un nouveau Roi Cyrus, le roi païen utilisé par Dieu pour sauver Israël.
La couche stratégique : Le complexe militaro-industriel et les néoconservateurs pour qui la domination du Moyen-Orient passe par l'écrasement de l'Iran. Trump n'est pas le cerveau de cette opération. Il en est le visage. Il est l'homme de la situation parce qu'il est, dans sa chair et dans son histoire familiale, la synthèse parfaite entre le capitalisme sauvage new-yorkais, le messianisme évangélique et l'obsession biblique pour la Terre Sainte.
C'est pour cela qu'il est si dangereux. On peut négocier avec un homme d'affaires vénal. On peut contrer un idéologue. Mais on ne peut pas raisonner un homme qui croit sincèrement que ses intérêts personnels, ceux de sa famille, ceux de sa base électorale et le Plan de Dieu ne font qu'un. Pour Donald Trump, défendre Israël et bombarder l'Iran, ce n'est pas de la politique étrangère. C'est rentrer à la maison.


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