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L'Algérie résiste bien à la crise mais réussira-t-elle à la surmonter ?
Les ingrédients d'une émergence économique existent sous réserve d'une bonne gouvernance
Publié dans La Tribune le 10 - 04 - 2017

Le nouveau modèle de croissance économique mis en place par le gouvernement vise l'émergence d'une base productive et industrielle moderne et compétitive, tout en préservant la justice sociale. Il intègre un cadrage budgétaire sur le court et moyen termes, réaménagé en fonction des éléments factuels de conjoncture, tout en maintenant les objectifs de croissance et d'édification d'une économie émergente fixés par l'autorité politique. L'objectif est d'aboutir à des niveaux soutenables en matière d'équilibres des finances publiques. Le modèle comprend également des mesures visant à consolider la justice sociale sans surcoûts économiques, réformer la fiscalité et mettre le budget au service de la croissance et du développement humain et durable. Il faut dire que les ingrédients d'une émergence économique existent en Algérie et il est temps de mettre en symbiose ces facteurs favorables et de mobiliser l'ensemble des acteurs dans le cadre d'une gouvernance et d'un plan qui allient vision stratégique, pragmatisme et responsabilité sociale et politique. Il est vrai que la situation est dure et que les contraintes sont réelles avec des lendemains incertains. Toutefois, l'Algérie résiste bien à la crise et ses capacités à améliorer la croissance demeurent réelles, malgré la violence et les impacts du choc pétrolier. Pour preuve, le volume d'importation est en baisse et le taux d'inflation est stable. Il reste aux gestionnaires de réussir l'ajustement de manière progressive et de reconfigurer le modèle de croissance. Donc, le développement de l'Algérie est possible sous réserve d'une bonne gouvernance et d'une réorientation de l'actuelle politique socio-économique.
Par Hasna Yacoub
Selon les données du Centre national de l'informatique et des statistiques des douanes (Cnis) d'Algérie, le déficit commercial du pays a enregistré une baisse de 55% sur les deux premiers mois de l'année 2017 pour se situer à 1,69 milliard dollars contre un déficit de 3,72 milliards dollars sur la même période de 2016. Concernant les exportations, les statistiques des douanes algériennes révèlent qu'elles ont progressé 51,67% sur la période pour atteindre 6,05 milliards dollars contre 3,99 milliards dollars sur la même période de 2016, soit une hausse de 2,06 milliards dollars. Quant aux importations, elles sont restées relativement stables en se situant à 7,75 milliards dollars de janvier à février 2017, contre 7,71 milliards dollars sur la même période en 2016. Soit une légère hausse de 0,51%, représentant une évolution de 40 millions dollars. Ces chiffres sont positifs pour l'économie algérienne même s'ils ne concernent qu'une petite période de deux mois. Car, ils sont annonciateurs d'un probable recul du déficit pour l'année 2017. Sur les deux premiers mois de l'année en cours, les exportations ont déjà assuré la couverture des importations à hauteur de 78%, contre 52% sur la même période en 2016. En janvier et février 2017 les exportations se sont établies à 6,05 milliards de dollars, contre 3,99 milliards de dollars lors de la même période de l'année précédente, soit une hausse de 51,67 %. Cela est une conséquence directe de la série de mesures adoptée par le gouvernement visant principalement à réduire les importations. Il s'agit notamment de l'imposition de licences d'importations pour plusieurs secteurs dont l'automobile, de quotas ainsi que d'autres mesures administratives. Mais pas seulement, il faut reconnaître que la baisse du déficit commercial s'explique principalement par la hausse des recettes du pays en devises, induite par la hausse des prix du pétrole. En janvier 2016, le brut était tombé à ses plus bas niveaux historiques, atteignant le 20 janvier les 27 dollars/baril. Une année plus tard, le Brent tourne autour de 55 dollars. Les exportations des hydrocarbures, qui ont représenté 92,4 % du total des exportations de l'Algérie, ont été de l'ordre de 5,6 milliards de dollars durant les deux premiers mois de l'année en cours, contre 3,76 milliards de dollars lors de la même période de 2016, en hausse de 48,87 %. Reste à savoir maintenant si les mesures décidées par le gouvernement vont réellement relancer l'économie algérienne et la sortir de sa dépendance des hydrocarbures. Selon le chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) Jean François Dauphin, qui était en mars dernier à Alger, «l'économie algérienne a été globalement résiliente par rapport au choc pétrolier. Néanmoins, les équilibres des finances publiques et des comptes extérieurs ont subi de plein fouet ce choc». Ce dernier estime que «la réponse doit s'appuyer sur deux piliers : le premier consiste en la consolidation des finances publiques qui permette de restaurer la soutenabilité à long terme de l'action publique et de rééquilibrer les échanges extérieurs. Le deuxième devra porter sur un ensemble de réformes qui vont pouvoir libérer le potentiel du secteur privé et de faire en sorte que, petit à petit, ce secteur prenne le relais de la commande publique et que l'économie se diversifie et devienne de moins en moins dépendante des hydrocarbures». Il a cependant salué une vraie volonté du pays à s'engager dans la voie des réformes économiques «je crois qu'il y a une vraie volonté aujourd'hui de s'engager dans la voie de ces réformes (économiques) pour permettre une croissance pérenne, qui soit la plus inclusive possible et qui permettra de donner du travail aux jeunes sans que cela ne soit soumis aux aléas de la conjoncture pétrolière». Il s'agit d'un «chantier sur le long terme car l'économie ne se transforme pas du jour au lendemain», a néanmoins averti M. Dauphin. Pour rappel, le FMI dans ses derniers rapports, est resté optimiste sur les prévisions de croissance de l'Algérie, en l'inscrivant autour des 3,6% en 2016 et à 2,9% en 2017, tout en anticipant une embellie à partir de 2021. Même topo pour l'inflation, dont le FMI pense qu'elle n'atteindra pas les 5% en 2017. Du côté de la Banque mondiale, les mêmes prévisions sont données. En effet, la Banque mondiale annonce un ralentissement de la progression du PIB en Algérie jusqu'en 2018. Selon le document, la croissance du PIB devrait s'afficher en baisse à «2,9% en 2017, à 2,6% en 2018 et à 2,8% en 2019». Cependant malgré la chute des prix du pétrole, qui représente, avec le gaz, 30% de son PIB et 95% de ses exportations, l'Algérie a maintenu un volant d'investissements publics significatif et souhaite attirer les investisseurs étrangers. Elle demeure un pays émergent qui réalise un taux de croissance acceptable. D'ailleurs, selon le directeur du bureau de Business France-Algérie, Dominique Boutter «le PIB hors hydrocarbure se développe beaucoup plus rapidement». Ce dernier a expliqué que la baisse des prix du pétrole affecte certes l'économie du pays mais «la situation macro-économique n'est pas inquiétante pour le moment avec un baril estimé à 50 USD en moyenne sur 2017, compte tenu des marges de manœuvre dont dispose le pays et des leviers que le gouvernement peut actionner. Les réserves de changes sont à un niveau élevé et représentent encore près de 22 mois d'importations. La dette extérieure algérienne a été presque entièrement remboursée et ne représente que 1,9 % du PIB actuellement. La Banque africaine de développement vient d'ailleurs d'octroyer un crédit de 900 millions de dollars pour soutenir le pays dans ses investissements». Et à ce propos, il y a lieu de préciser que le gouvernement s'est lancé dans le développement des projets d'investissements dans tous les secteurs. La diversification de l'économie se manifeste de manière concrète dans l'agriculture, l'agro-industrie, l'industrie lourde, l'industrie manufacturière (automobile, électronique et électroménager, textile...) mais aussi les énergies renouvelables. Et afin d'attirer les capitaux étrangers, un nouveau code des investissements vient d'être adopté visant notamment l'allégement de certaines procédures afin de fluidifier la réalisation des investissements, d'apurer la loi de certaines dispositions et s'aligner sur les pratiques internationales. Il vise également la refonte du système des régimes incitatifs suivant leur impact sur l'économie nationale et l'ajustement du cadre réglementaire en matière d'investissement étranger et son éligibilité à la garantie de transfert de capitaux. Toutes ces mesures s'inscrivent dans le cadre du nouveau modèle économique que le gouvernement a décidé d'adopter dernièrement pour faire face à la crise. Ce nouveau modèle de croissance économique vise l'émergence d'une base productive et industrielle moderne et compétitive tout en préservant la justice sociale. Il intègre un cadrage budgétaire sur le court et moyen termes, réaménagé en fonction des éléments factuels de conjoncture tout en maintenant les objectifs de croissance et d'édification d'une économie émergente fixés par l'autorité politique. L'objectif est d'aboutir à des niveaux soutenables en matière d'équilibres des finances publiques. Le modèle comprend également des mesures visant à consolider la justice sociale sans surcoûts économiques, réformer la fiscalité et mettre le budget au service de la croissance et du développement humain et durable. Il faut dire que les ingrédients d'une émergence économique existent en Algérie et il est temps de mettre en symbiose ces facteurs favorables et de mobiliser l'ensemble des acteurs dans le cadre d'une gouvernance et d'un plan qui allient vision stratégique, pragmatisme et responsabilité sociale et politique. Il est vrai que la situation est dure et que les contraintes sont réelles avec des lendemains incertains. Toutefois, l'Algérie résiste bien à la crise et ses capacités à améliorer la croissance demeurent réelles, malgré la violence et les impacts du choc pétrolier. Pour preuve, le volume d'importation est en baisse et le taux d'inflation est stable. Il reste aux gestionnaires de réussir l'ajustement de manière progressive et de reconfigurer le modèle de croissance. Donc le développement de l'Algérie est possible sous réserve d'une bonne gouvernance et d'une réorientation de l'actuelle politique socio-économique.
H. Y.


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