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La rue arabe
Publié dans La Tribune le 27 - 01 - 2011

La rue gronde dans le monde arabe. Elle fait trembler les dignitaires et les despotes aux commandes qui se meurent de paresse. D'anonymes citoyens, des jeunes essentiellement, se révoltent quotidiennement pour dénoncer les maux qui rongent quasiment tous les pays de l'aire arabo-musulmane. Ce sursaut populaire, qui se démarque franchement des tutelles traditionnelles et des oppositions de façade, lutte contre les élites corrompues, œuvre pour l'émancipation sociale et la promotion des libertés démocratiques. Sans mots d'ordre pompeux ni slogans tapageurs, des gens ordinaires occupent spontanément l'espace public pour réclamer leurs droits et exiger des comptes aux inamovibles dirigeants qui squattent les plus hautes institutions de ces pays. Après la Tunisie, ce vent de colère a déjà atteint la Jordanie, le Yémen et l'Egypte. Les partis politiques, les organisations de la société civile et les mouvements associatifs n'ont quasiment aucune emprise sur cette lame de fond qui refuse toutes les étiquettes et rejette ouvertement toutes les tentatives de récupération politicienne. Nombre de pseudo-opposants, qui ont tenté de surfer sur la vague, ont échappé de justesse au lynchage des foules, excédées par les jeux de rôles, l'exercice tronqué de la citoyenneté et la dégénérescence des médiations partisanes. Se chiffrant par centaines de milliers et comptant des millions de sympathisants, les mécontents posent des problématiques fondamentales de droits de l'Homme, reconnus dans toutes les Constitutions des pays concernés. La liberté d'expression et d'organisation, les droits socioéconomiques, l'accès équitable à l'instruction et au savoir, la place de la femme dans la société, les libertés individuelles et collectives, l'égalité des chances, l'alternance au pouvoir, la transparence dans la gestion des deniers publics sont, entre autres, autant de revendications clairement formulées par ces majorités silencieuses qui exigent des réponses pratiques et urgentes. Ce sont autant d'arguments qui font mouche, puisque la réalité du terrain illustre l'échec patent des élites au pouvoir depuis des décennies. Royaumes, émirats ou républiques autoritaires, tous les Etats arabes sont réfractaires à la démocratie et maintiennent leurs populations dans le sous-développement, l'assistanat et le clientélisme. Les chiffres rendus publics annuellement par les différents organismes internationaux traduisent en effet le malaise vécu dans ces Etats arabes qui peinent à s'inscrire dans la modernité : la croissance économique est quasiment nulle, le taux de chômage compte parmi les plus élevés au monde, se fixant autour de 25% en moyenne. Près de 50% des populations vivent au-dessous du seuil de pauvreté. L'analphabétisme touche de larges franges sociales, la sécurité des personnes est très réduite, les libertés fondamentales - politiques et civiles - ne sont pas respectées comme en témoigne le sort réservé aux femmes et aux minorités ethniques. Le constat est sans appel et exige des changements profonds en matière de gouvernance. Attentive à ce sursaut de dignité, la communauté internationale change d'attitude et appelle au respect des libertés fondamentales. L'Europe et les Etats-Unis, qui tirent toujours un maximum de profits de ces régimes autoritaires et affaiblis, prennent conscience des mutations qui s'annoncent et se positionnent déjà pour la sauvegarde de leurs intérêts respectifs dans la région. Il appartient aujourd'hui aux élites saines et éclairées, aux forces vives du monde arabe et même aux bonnes volontés au sein des régimes en place d'exploiter cette conjoncture pour instaurer la culture du débat et mettre en place les mécanismes d'une transition pacifique à la démocratie. Les faux prétextes qu'on invoque à chaque fois pour retarder l'avènement de cette démocratie ne sont plus recevables. La menace terroriste, les séquelles coloniales ou l'impréparation culturelle des populations ne sont que des subterfuges qui ne peuvent désormais justifier l'arbitraire, la corruption et la dictature. L'heure du changement a sonné. Il faut la saisir avant qu'il ne soit trop tard.
K. A.

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