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Allah est Grand, la Grande mosquée d'Alger aussi !
Publié dans La Tribune le 23 - 10 - 2011

Les rêves en hauteur de Si Abdelaziz, ou si l'on veut, la grandiloquence architecturale ou le sublime religieux. C'est selon, ou plutôt cela dépend de la hauteur de vue de chacun. Car Allah est Grand et la future Grande Mosquée d'Alger aussi. Ce projet pharaonique, cette monumentale maison de Dieu, tout droit sortie d'un songe de grandeur, spirituelle, bien sûr, d'un chef d'Etat qui a décidé de ne pas lésiner sur les deniers du culte, relève à la fois du grandiose et de la démesure. On peut en juger par les seuls chiffres qui donnent le vertige. 275 000 m2, 120 000 fidèles en prière, un minaret de 270 mètres de haut, le plus élevé du monde, un musée d'art et d'histoire islamique, un centre de congrès pour plus de 1 500 participants, une Maison du Coran pour 300 doctorants, 100 architectes et ingénieurs pour suivre le projet. Mais aussi, des dizaines de cafés et de boutiques et même un multiplexe cinématographique, une grande salle de stockage de chaussures, un parking pour moins de 10 000 voitures, 48 mois de chantier confiés à un opérateur chinois habitué à réaliser vite des travaux herculéens. Et, à la fin, surtout, dirait-on, un milliard d'euros tout rond, soit 1,4 milliard de dollars, sans les surcoûts probables, peut-être un seuil de 3 milliards de dollars, selon certaines prévisions. Chiffres hallucinants à la mesure de la troisième plus grande mosquée de tous les temps après celles de La Mecque et de Médine. Après avoir germé dans l'esprit du président de la République, ce projet s'est longtemps perdu dans les méandres de la légendaire incurie bureaucratique algérienne, victime idéale de sa force inertielle. Depuis la création, en 2005, de l'agence chargée de la réalisation et de la gestion de Djamaà El Djazaïr, ce projet des siècles algériens semblait s'être perdu dans les eaux fangeuses de Oued El Harrach, à proximité duquel doit être édifié ce haut lieu de l'islam malékite. D'appels d'offres réitérés en avis de prorogation de délais de manifestation d'intérêt, le projet avait rencontré le doute des détracteurs et des sceptiques, dont la perplexité du chroniqueur qui y voyait un mirage architectural sur une faille sismique. Justement, celle sur laquelle se trouve le terrain de construction, classé «zone 3», soit le degré sismique le plus élevé du nord du pays. Le site est en effet situé en plein sur l'une des six failles sismiques d'Alger qui convergent toutes vers la fameuse faille du Sahel qui traverse Mohammadia, le bien-nommé quartier d'accueil. Si le volet de sécurité sismique est pris en compte, dit-on, on peut regretter d'autre part que des compétences architecturales, techniques et managériales algériennes n'aient pas été associées, en amont ou même en aval, à la conception et à la réalisation du projet, même pas en termes d'assistance à la maîtrise d'ouvrage. Regretter donc que le génie algérien n'ait pas été au pouvoir pour donner une âme et une identité au futur complexe spirituel. Une œuvre imaginée par un Algérien, Abdelaziz Bouteflika en l'occurrence, mais façonnée et réalisée par des intelligences sino-germaines, adossées partiellement à une expertise tunisienne. Mais alea jacta est, le sort en est finalement jeté et le temps n'est plus aux regrets ou aux récriminations. La chimère architecturale, serait en passe de devenir une réalité, celle d'une nef religieuse en bordure de Méditerranée. Sa position face à la mer n'est pas sans rappeler un projet similaire mais de moindre taille, celui de la Grande mosquée de Casablanca, trône architectural qui en impose face à l'immensité océane. Comparaison, n'est pas raison, certes, mais le parallèle sonne comme un aveu implicite d'existence d'un complexe spirituel inavouable, le complexe al-Qarawiyines. Ou bien, en se déportant à l'est de l'Algérie, un syndrome de la Zitouna. Dans un cas comme dans l'autre, l'existence de ces deux prestigieux pôles de la spiritualité malékite rappelle, cruellement, l'absence d'un espace analogue dans le Maghreb central qui désignait naguère l'Algérie. Aussi, faut-il souligner à quel point le président algérien est profondément habité, depuis toujours d'ailleurs, par l'idée de doter son pays d'un centre de rayonnement religieux à l'instar des Qarawiyines de Fès, de la Zitouna de Tunis ou même d'al-Azhar du Caire. En termes de vision, al-Qarawiyines fut pour lui le périgée religieux et la Zitouna, voire al-Azhar , le point d'apogée spirituel. C'est vraisemblablement un peu de tout ça qu'il a voulu voir à Mohammadia ! Toutefois, si on pouvait combler un énorme manque, on ne pourrait, en revanche, rattraper un si grand retard historique par rapport à des institutions érigées en 704 et 877. On l'a constaté déjà avec l'université islamique de Constantine et sa mosquée, dont l'animation spirituelle avait été confiée, sous Chadli Bendjedid, à des mercenaires égyptiens du sermon religieux. Mais, ne soyons pas bougons, entre les deux érections architecturales de Constantine et d'Alger, il y a une différence de hauteur… spirituelle.
N.K.

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