De notre correspondant à Tlemcen Feth Allah Chawki Les trois quarts de la population de Tlemcen disposent d'un ordinateur, et presque le tiers est connecté à Internet. La majorités des familles ont réussi à se doter d'un micro-ordinateur par facilités de paiement. A ce sujet, nous avons interrogé des universitaires et des fonctionnaires des P et T, et ils ont soulevé de multiples questionnements au sein de la société. «L'ordinateur peut-il devenir un rival dans l'intimité ? L'ordinateur prend du temps, une fois qu'on s'installe devant l'écran, le temps ne compte plus. L'attrait est tel que l'utilisateur oublie les rythmes et les contraintes de la vie familiale en se procurant un moment de détente. Depuis son achat jusqu'à son emplacement, l'ordinateur s'installe comme un médiateur qui fédère la famille, déclenche un processus de socialisation à chaque étape de la vie, redessine le nouveau roman familial et provoque des débats de fond : la fracture numérique, la gestion des risques, le contrôle parental, etc.» Cependant, depuis l'application des nouveaux tarifs, 590 dinars par mois, des demandes ont été formulées pour se connecter à l'Internet. Les jeunes sont les plus motivés ainsi que les personnes ayant suivi des études supérieures et les catégories sociales aisées. Accéder à Internet permet avant tout, selon des abonnés à l'ADSL, de rechercher des informations, alors que d'autres préfèrent la tchatche, et peu l'utilise pour le travail. Par contre, certains ne voient aucune utilité dans l'Internet, et considèrent que c'est un moyen de «déboussoler» les enfants par les jeux et autres sites interdits. Lors de notre enquête sur le sujet en question, on nous indique que l'utilisation du micro-ordinateur progresse de façon constante à Tlemcen depuis ces trois dernières années, et se retrouve même dans les douars les plus reculés. Ce qui est étonnant, nous explique-t-on, c'est la présence d'un parc gigantesque de micro-ordinateurs d'occasion invendus. On ne regarde plus les PI ou les PII, car, aux yeux du consommateur, ce n'est qu'une machine à écrire. Ces appareils cédés à bas prix, entre 3 000 et 4 000 dinars, n'intéressent plus personne. C'est bon à jeter, car le P4 est le plus prisé, à côté du portable. «Je préfère un PC neuf, payé en sept tranches, qu'une boîte usée [P3] même à 4 000 dinars», dira chaque personne interrogée à ce sujet.