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La rahmania, la tidjania et l'occupation française de l'Algérie
Deuxième journée du Colloque international sur le soufisme à Tizi Ouzou
Publié dans La Tribune le 17 - 12 - 2008

De notre correspondant à Tizi Ouzou
Malik Boumati
Les travaux de la cinquième édition du Colloque international sur le soufisme, inaugurée dimanche dernier à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, se sont poursuivis lundi dernier avec au moins une quinzaine de conférences autour du soufisme et de la tariqa rahmania, mais aussi d'autres tariqat, comme la qadiria, la tidjania, la khalwatia et même la kubrawia qu'on retrouve en Asie centrale. Jean-Jacques Thibon, de l'université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand (France), évoquera, dans sa conférence sur la futuwwa dans les premiers manuels de soufisme, le concept de chevalerie (futuwwa) que «le soufisme a récupérée et intégrée comme une composante à part entière de la spiritualité» et qu'il «a islamisée, donnant une dimension spirituelle à un corpus de valeur profane, lui permettant ainsi d'exercer son influence sur deux concepts centraux du soufisme : celui du compagnonnage [sohba] et celui des belles mœurs [makarim el akhlaq]». De son côté, Mohand Akli Ferradji de l'université Abderrahmane Mira de Béjaïa abordera dans son intervention le thème du rôle de l'appartenance religieuse et spirituelle dans la constitution de l'organisation sociale tajmaat en Kabylie, en donnant comme étude de cas le village Ath Oulhadj.
D'autres conférences seront organisées également lors de la même journée, mais celle qui a attiré le plus l'attention restera celle animée par Abdelmoun'îm el Qassimi El Hassani, de l'université Kasdi Merbah de Ouargla, appelé à parler de l'insurrection de la rahmania conduite par cheikh Sadek Ben L'hadj el Masmoudi dans les Aurès. «Nous essayons de fixer dans le temps l'implantation de la tariqa rahmania, notamment dans l'est du pays», dira le conférencier, en contradiction avec son collègue de l'université de Tizi Ouzou Mohamed Brahim Salhi, qui disait clairement la veille que la tariqa rahmania était la plus récente de toutes les tariqat, y compris la tidjania et la qadiria.
Mais le point de divergence le plus sérieux reste celui en relation avec l'attitude des zaouïas des différentes tariqat vis-à-vis de la présence française en Algérie. L'universitaire de Ouargla ne manquera pas de défendre l'histoire des adeptes de la zaouïa tidjania, notamment leur attitude vis-à-vis de la colonisation française à la fin de la première moitié du XIXe siècle. «cheikh Sadek el Masmoudi a prouvé son attachement aux valeurs patriotiques», précisera Abdelmoun'îm El Qassimi el Hassani qui ne manquera pas de rappeler les différentes insurrections menées contre l'occupant entre 1844 et 1848. Il est simple de constater que la défense de la tariqa tidjania n'avait pas vraiment de rapport avec l'intitulé de sa conférence, dédiée plutôt à l'insurrection de la Rahmania sous la conduite de cheikh Sadek el Masmoudi, mais le conférencier se permettra de sortir un peu du sujet, en réaction à la conférence donnée la veille par l'universitaire tunisien Toufik Ben Amer, qui a affirmé que, contrairement à l'ordre Rahmani, il y avait beaucoup de sympathisants de l'administration coloniale du côté des tariqat tidjania et qadiria. Une désunion des zaouïas qui aurait profité à l'occupant français, selon le conférencier tunisien, venu évoquer l'arrivée de la tariqa rahmania en Tunisie et les différentes zaouïas de Tunisie, dont celle de cheikh Ben Azzouz, ainsi que leur attitude vis-à-vis de la présence française dans le pays de Benali. Des assertions que l'universitaire Qassimi el Hassani de Ouargla ne partage pas, dans la mesure où il se dit convaincu que les adeptes de l'ordre tidjani n'ont pas manqué de s'opposer à l'ordre colonial, après l'occupation de 1830. Il dira même que dans les discours développés par les adeptes de la tariqa rahmania, il n'y a jamais eu d'appels publics à la résistance contre le colonialisme, comme pour semer le doute,
à son tour, sur le patriotisme des adeptes de la rahmania. «J'insiste pour que ce patrimoine soufi soit étudié objectivement et scientifiquement», a-t-il tenu à conclure. Mais au-delà de ces quelques échanges polis entre universitaires, il semble y avoir une divergence profonde entre ces deux confréries, à savoir la rahmania et la tidjania, particulièrement justement à propos des sympathies supposées ou avérées envers l'occupation française de l'Algérie.
D'ailleurs, en marge des conférences qui se tenaient à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, un membre de la tariqa rahmania d'une zaouïa de la wilaya de Béjaïa ne manquera pas raconter l'attitude hostile de la zaouïa tidjania vis-à-vis de
la rahmania pour cause de l'implication de cette dernière dans la résistance militaire au colonialisme français, notamment lors de l'insurrection de cheikh Aheddad et El Mokrani en 1871. Cela donne tout de même l'impression qu'il existe des tensions entre les
deux confréries, même si cela n'est pas visible de façon officielle, d'autant que cela est en contradiction avec leur philosophie.


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