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Exclusif : Liassine Cadamuro-Bentaïba : «L'Algérie, je dis oui, bien sûr !»
Publié dans Le Buteur le 01 - 09 - 2011


Il est algérien et joue à la Real Sociedad
«Je ne fais pas partie des indécis, pour moi ce sera l'Algérie et rien d'autre !»
Que les supporteurs des Verts se réjouissent de sa découverte ! Le futur pilier de l'EN est acquis. Il s'appelle Liassine Cadamuro-Bentaïba. Il est âgé de 23 ans, il a un physique impressionnant et joue en défense centrale au sein de la Real Sociedad. Sympathique et humble, Liassine sera le quatrième Algérien à jouer dans la Liga espagnole, avec Lacen, Yebda et Feghouli.
«Ma famille est de Bou Ismaïl »
Lorsqu'on l'a eu au téléphone pour la première fois, on n'était pas vraiment sûr de ses origines algériennes. C'est lui qui nous les a confirmés, non sans un brin de fierté. «Ma famille est de Bou Ismaïl !» Quelle joie d'entendre une telle nouvelle, les amis !
« C'est la première fois de ma vie que je m'adresse à un journaliste algérien »
Nous nous sommes donc vite entendus pour une date de rencontre. «Venez quand vous voudrez, ce sera un plaisir de m'adresser pour la première fois de ma vie à un journaliste algérien», nous a-t-il encouragé avec sincérité à prendre le premier avion pour San Sebastian.
« J'ai été formé à Sochaux, avec Boudebouz »
Dans le feu de la discussion, Liassine nous apprit déjà qu'il avait été formé à Sochaux, avec Ryad Boudebouz. «C'est un ami que je n'ai pas vu depuis longtemps. On a vécu de très bons moments ensemble. Mais ça fait longtemps qu'on ne s'est pas parlé. J'espère le faire bientôt», nous a-t-il dit, en nous demandant si on pouvait lui procurer le nouveau numéro de Ryad.
Dès son apparition, on pense déjà au duo qu'il formera avec Halliche
Deux jours plus tard, Cadamuro-Bentaïba faisait son apparition dans la jolie salle de conférences de la Real Sociedad. Blessé légèrement, il ne s'est pas entraîné avec le reste de l'équipe. Son gabarit est impressionnant. On ne peut s'empêcher de penser au duo qu'il va former avec Halliche dans les prochaines années, mais aussi à la concurrence qu'il va imposer aux anciens. On est tout de suite rassurés sur l'axe central des Verts. Avec Bougherra et Yahia, qui sont loin d'avoir dit leur dernier mot, surtout après toutes les critiques qu'ils ont essuyées, Bouzid, Halliche, Medjani et Cadamuro-Bentaïba, il y a désormais de la bonne matière en défense centrale.
« Je vous attendais avec impatience »
Liassine est visiblement heureux de parler à un journaliste du pays de sa mère. Il nous salue chaleureusement et le large sourire qu'il nous adresse nous confirme aussitôt qu'on avait en face un garçon bien élevé. Rien à voir avec le footballeur qui se croit arrivé. Loin de là. Cadamuro-Bentaïba simplifie l'échange dès les premières paroles. «Je vous attendais avec impatience», nous confie-t-il en toute sincérité.
La crainte de ne pas assez ressembler aux Algériens à cause d'une triple culture
Comment ne pas tomber sous le charme de tant de spontanéité, tant de sincérité ?! Les derniers doutes s'envolent dès le premier contact. Il restait juste à voir si ce footballeur qui évolue dans l'une des plus grosses écuries de la Liga, allait tergiverser quant à jouer pour l'Algérie, comme certains. Liassine nous surprend à chacune de ses réponses par son envie sincère de ne jouer que pour les Verts. Mais il craint un peu de ne pas ressembler assez aux Algériens, à cause de sa triple culture. «C'est par rapport à cela que je me pose quelques questions. Est-ce que les gens ne vont pas me juger en dehors du terrain ?», nous a-t-il demandé.
« Je ne fais pas partie des indécis. Je ne jouerai que pour l'Algérie ! »
Questionnement légitime pour un homme sincère qui ne cherche pas à épater faussement pour être aimé. Liassine Cadamuro-Bentaïba a toujours affiché sa triple culture, sans en omettre une. «Je dis toujours que je suis italien de père et algérien de mère en étant aussi français.»
Comme un cadeau pour l'Aïd !
Mais le plus important à nos yeux, c'est qu'il ne veut jouer que pour l'Algérie. «Je ne fais pas partie des indécis ! Je ne jouerai que pour l'Algérie, c'est bien clair», a-t-il tranché sans ambiguïté. C'est cette réponse nette et précise qu'on est allé ramener aux supporteurs, comme un cadeau pour l'Aïd.
Pour ne pas avoir hésité comme certains, Liassine sera reçu comme un roi par les supporteurs
Une nouvelle qui réjouira sans doute tous les déçus de l'été, et qui annonce un hiver moins froid dans les foyers des supporteurs algériens. Car Liassine va affronter le Barça et le Real de Messi et Ronaldo avec les autres «Galactiques». Liassine Cadamuro-Bentaïba peut être sûr qu'il va entrer dans le cœur des Algériens par la grande porte, le tapis rouge bien déroulé. Il sera reçu comme un roi. La belle aventure peut commencer pour l'enfant de Bou Ismaïl et les Verts. L'espoir renaît à San Sebastian, en attendant d'autres bonnes nouvelles. On en avait bien besoin, non ?
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«Je ne fais pas partie des indécis, pour moi ce sera l'Algérie et rien d'autre !»
D'abord rassurez-nous sur cette blessure qui vous a empêché de vous entraîner aujourd'hui…
Non, c'est une blessure bénigne. La semaine prochaine je reprendrai l'entraînement normalement. Le coach me laisse jusqu'à demain, voire le week-end, pour bien récupérer et, en principe, lundi, je reprendrai avec l'équipe. J'espère être d'attaque d'ici là.
Savez-vous qu'en Algérie personne ne vous connaît encore, pratiquement ? Racontez-nous votre petite histoire de vie…
(Il sourit largement.) Mes parents, ou plutôt mes grands-parents, ma mère et mes oncles vivaient en Algérie, à Bou Ismaïl plus précisément. Et puis, un jour, ils sont partis en France, comme beaucoup de familles algériennes à leur époque. Ma mère avait alors 7 ans. C'est dire que ça remonte à loin cette histoire. (Il rigole.) Mais j'ai toujours de la famille à Bou Ismaïl. Il y a encore tous les cousins et j'aimerais bien aller les voir un jour. Ma grand-mère y retourne tous les ans. J'espère vraiment pouvoir aller les rencontrer. Ça me fera énormément plaisir.
Et vous, vous êtes né à Toulouse et formé à Sochaux, c'est ça ?
Oui, je suis né à Toulouse et j'ai intégré par la suite le centre de formation du FC Sochaux, dès l'âge de 14 ans. J'y ai passé cinq ans en préformation et formation, puis à l'âge de 20 ans, je suis venu ici à San Sebastian où j'ai signé un contrat de trois ans avec la Real Sociedad.
On se perd un peu avec vos deux noms, Cadamuro et Bentaïba. Pourquoi ce nom composé ?
(Il sourit encore largement.) En fait, c'est une histoire un peu compliquée. Ma mère a rencontré mon père qui est italien. Donc cette union a donné ce nom italien de Cadamuro du côté de mon père et Bentaïba de celui de ma mère.
Vous dites bien Bentaïba et non Bettaïba comme c'est écrit un peu partout en Espagne et en France…
Oui, c'est bien Bentaïba. J'aime bien mon côté algérien, c'est pour cela que j'ai toujours ajouté le nom de ma mère. Je dis toujours que je m'appelle Liassine Cadamuro- Bentaïba. Je suis français d'origine italienne et algérienne.
Vous vous sentez le plus, français, italien ou algérien ?
Si vous voulez, je n'ai pas eu d'influences italiennes, donc je me sens plutôt algérien et français à la fois.
Avez-vous été sélectionné dans les équipes de jeunes en France ?
Non, je n'ai pas été sélectionné, mis à part une présélection sans suite.
A Sochaux, il parait que vous étiez avec un joueur algérien, on se trompe ?
Oui, j'ai été avec Ryad Boudebouz (son visage s'illumine et il sourit). Déjà, je dois dire que je ne suis pas surpris de le voir arriver à ce niveau. Quand je l'ai côtoyé à Sochaux pendant cinq ans, je le voyais faire ses petites merveilles. Je suis vraiment content de le voir jouer comme ça aujourd'hui et j'espère qu'il continuera à aller de l'avant.
Il y avait également Karim Ziani dans l'équipe première…
Oui, Karim Ziani jouait avec les pros, mais moi j'étais plus en contact avec Ryad, parce que c'était mon équipier au centre de formation. Mais c'est vrai qu'on allait voir souvent les entraînements des pros lorsqu'ils venaient s'entraîner sur les terrains synthétiques couverts du centre de formation, à cause de la neige et il y avait Karim Ziani dans l'équipe. Alors, on restait là, rêveurs, à regarder les pros s'entraîner. Et Ziani, c'était l'un des meilleurs de l'équipe.
Il leur a fait gagner un titre quand même !
Oui, c'était la Coupe de France.
C'était une fierté pour vous de voir Ziani faire ce qu'il faisait à Sochaux…
Eh bien, c'est vrai que quand je traînais avec Ryad et les autres joueurs du centre, le fait de voir un joueur d'origine algérienne jouer en équipe fanion, inconsciemment, tu te rapproches, ou plutôt, tu t'intéresses de plus près à tout ce qu'il fait.
Il y avait de la fierté ?
Oui, c'est sûr !
C'est quoi votre relation avec l'Algérie aujourd'hui ? Que ressentez-vous, franchement en votre for intérieur ?
Oufff ! (Il sourit et respire longuement.) C'est un pays que je n'ai jamais visité malheureusement. Ma famille, tous les membres de ma famille me parlent super bien de l'Algérie. C'est pour cela que j'ai très envie d'y aller pour voir de mes propres yeux comment c'est. Avoir ma propre idée de l'Algérie. Mes oncles et surtout les grands-parents m'ont dit beaucoup de belles choses de l'Algérie. Ma mère aussi, mais avec le boulot, on n'a pas eu encore l'occasion d'y aller.
Vous imaginez le bonheur et la fierté que ça va leur faire si demain vous jouez pour l'Algérie ? Vous en parlez avec vos oncles et la famille ?
Oui, c'est sûr qu'on en parle…
Elle vous dit quoi votre maman, par exemple, « vas-y Liassine, fonce vers l'Algérie» ?
Oui, c'est sûr qu'elle me le dit. Mais d'un autre côté, je me dis aussi qu'il faudra attendre par rapport à la Real Sociedad, c'est-à-dire que je sois concentré sur mon objectif de gagner ma place, de m'imposer dans l'équipe et être régulier surtout dans mes prestations. Faire une bonne saison ici, et puis, par la suite, si l'opportunité se présente, je réfléchirai sérieusement à ça. Mais comme je l'ai dit, il faudra d'abord que je confirme au niveau du club. C'est le plus important pour l'instant.
Mais dans votre tête, on espère juste que vous ne faites pas partie de ces joueurs qui hésitent en disant : «Non, pas pour l'instant, je dois d'abord réfléchir et tout». Vous savez, en Algérie, les gens ont vraiment marre de voir les journalistes et les responsables de la FAF supplier presque des binationaux à opter pour les Verts.
Oui, je sais que les supporteurs en ont marre de cela…
Et vous dans cette histoire ? Ne nous dites pas que vous espérez une place en Equipe de France. Vous savez, avec les défenseurs qu'il y a en France, vous allez faire la queue longtemps, à la 10e ou 20e place, pour vous retrouver peut-être, au final, dans le même cas que Camel Meriem…
Si vous voulez, moi, je regarde surtout l'aspect professionnel ici, à la Real Sociedad. Comme je vous l'ai dit, c'est très important de répondre présent cette année, faire une bonne saison en jouant un maximum de matchs. Après, si ça se présente, pourquoi pas ?
Vous rejoindrez alors votre ami Boudebouz en Equipe d'Algérie…
Je ne sais pas… Franchement, ce n'est pas que je ne sois pas sûr ou que je ne veuille pas jouer en Equipe d'Algérie, mais c'est juste que je sois encore mitigé sur certains points d'ordre personnel… Il y a aussi mon père qui est italien…Il y a beaucoup de choses, en fait…
Ne nous dites pas que vous espérez jouer pour la Squadra Azzura !
Nooon, ce n'est pas ça…
Vous savez, si un Algérien comme vous réussit à gagner sa place en Equipe d'Italie, soyez sûr que toute l'Algérie va vous pousser à aller jouer là-bas. On en sera presque aussi fier.
(Il rigole un bon coup.) Non, je n'y pense pas du tout. Je vous ai dit que le côté italien de mon père n'a pas eu d'influence sur moi. Je suis plutôt loin de la culture transalpine, bien que mon père soit italien.
Ce qu'on veut vous expliquer, c'est que les Algériens ont vraiment marre de voir des jeunes binationaux hésiter entre la France et l'Algérie et que, surtout, ils ne se décident de jouer pour nous, qu'une fois sûrs que la France ne veut plus d'eux.
(Il nous coupe.) Je n'hésite pas par rapport à l'Equipe de France, ça ne me trotte pas dans la tête. Si vous voulez qu'on règle ce problème une bonne fois pour toutes, je peux vous dire clairement que je n'ai jamais eu l'idée de jouer pour l'Equipe de France. On ne m'a pas sélectionné chez les jeunes, alors, je n'ai pas grandi avec ce rêve de jouer avec les Bleus à tout prix. Après, c'est aussi moi qui suis sur le terrain, ils ont donc pris leur décision par rapport à mes prestations. Dans ma tête, ce qui m'importe c'est de pouvoir réussir avec la Real Sociedad. C'est mon objectif principal. Après, si je suis bon et surtout régulier en club, c'est sûr que je devrai penser à jouer en sélection nationale.
Et à ce moment-là, vous choisirez l'Algérie…
C'est logique. Oui, je jouerai pour l'Algérie. Mais encore faut-il que le sélectionneur veuille me faire appel. Mais moi je veux parler d'autres éléments qui me font réfléchir un peu. Comme la mentalité que je vais découvrir dans l'équipe et des aspects personnels, car la culture dans laquelle j'ai grandi du côté de mon père n'est pas la même que celle des Algériens. C'est cela qui me gêne un peu. Je ne sais pas si les gens ne vont pas se mettre à me juger hors du terrain, vu que je suis un peu différent des Algériens de par ma triple culture. C'est cela ma préoccupation, en fait.
Mais vous allez venir pour jouer au football et non pas pour être jugé dehors…
Je ne sais pas comment ça va se passer. Mais on verra d'ici là.
(On lui explique alors longuement en off, que beaucoup de joueurs de l'EN sont issus de parents mixtes et sont, pour certains d'entre eux, loin de la culture algérienne du bled. Apparemment rassuré, Liassine se lâche et montre plus d'entrain à se rapprocher des Verts.)
Vous connaissez la passion des Algériens pour les Verts ?
Oui, je sais que là-bas les gens se passionnent pour l'Equipe nationale et les joueurs. J'ai suivi tous les matchs l'année dernière. J'ai vu la CAN, j'ai vibré avec toute ma famille. Mon grand-père a le câble, il est donc branché 24h/24 sur la télévision algérienne. C'est là qu'on a regardé tous les matchs de l'Equipe nationale.
Peut-on dire que vous êtes plus proche de l'Algérie ?
Oui, c'est sûr ! Je suis plus proche de l'Algérie, dans ma façon d'être et tout. Par exemple, mes plats préférés sont le couscous et la cherba (il le dit avec un «e» à l'algérienne). Quand je rentre chez moi, ma grand-mère me fait toujours le couscous et la cherba direct ! Elle me fait aussi Batata ch'titha et tout le reste. (Il rigole un bon coup.) Franchement, je me sens beaucoup plus proche de la culture algérienne. Il n'y a pas le moindre doute à ce sujet. Mais après, ce sont des petits détails que je dois régler avant d'aller jouer pour la sélection algérienne.
Comme quoi ?
Que je sois prêt physiquement et que je joue régulièrement avec la Real Sociedad.
Et puis aussi qu'il y ait un contact avec la FAF…
Ah, oui, c'est sûr ! C'est à moi de mériter cela.
On peut dire que vous êtes à quelques mois de la sélection algérienne, Inchallah ?
Oui, c'est ça, Inchallah. (Il sourit.)
Quels sont les contacts que vous avez eus avec la Fédération algérienne ?
Pour être franc, je n'ai jamais eu de contact avec la Fédération algérienne de football.
Et avec les journalistes algériens, non plus ?
Non, rien non plus. C'est la première fois que je m'adresse à un journaliste algérien.
On est donc là en pleine découverte ?
Oui, c'est ça. (Il sourit.)
Vous êtes au moins conscient de l'impact que cela aura chez les supporteurs de découvrir un défenseur de votre niveau, jouant dans la Liga espagnole, alors que plusieurs joueurs de l'EN les ont profondément déçus en signant dans les pays du Golfe…
(Il sourit encore, avec un air timide.) Conscient ? Je ne le pense pas. Mais pour vous dire la vérité, je suis juste un homme sincère. C'est le plus important à mes yeux. Je veux rester sincère avec les gens et ne pas jouer avec leur confiance. (Il baisse les yeux.) Donc, si là-bas je suis une fierté pour les supporteurs, alors tant mieux !
Quel message voudriez-vous passer à tous les Algériens qui vont suivre vos matchs désormais ?
Avec mon nom italien et arabe, les gens pensent souvent que je suis à moitié marocain. Après, moi je leur dis à chaque fois que je suis d'origine algérienne et non pas marocaine. Mais j'espère que je vais pouvoir réaliser une bonne saison avec le club, car ça reste à mes yeux le plus important. Après, tout va suivre. Je ne veux pas me prendre la tête. Je dois continuer à travailler, à être moi-même et j'espère que ça viendra.
Vous qui dites avoir vu plusieurs matchs de l'Equipe d'Algérie, qu'avez-vous à dire sur son style de jeu ?
Très technique ! (Il hoche la tête de bas en haut). Très technique, oui ! J'ai vu plusieurs matchs de l'Equipe d'Algérie, avant le Mondial, et des joueurs comme Ryad, Meghni, Saïfi devant, Ziani, pffff, ça se sent le ballon ! Ça joue au foot quoi ! Et c'est plaisant à voir.
Et défensivement, vous qui êtes confronté à la rigueur du football espagnol, qu'en pensez-vous ?
Ce n'est pas pareil, en fait. Le championnat espagnol, c'est technique, certes, mais défensivement, il faut être au top, sinon vous ne pourrez pas suivre. Comme le Barça et le Real Madrid, ils sont tous les deux forts devant et derrière. Ici, à la Real Sociedad, c'est vrai qu'on a notre style de jeu avec le coach (Philippe Montanier, l'ancien entraîneur de Kadir à Valenciennes, Ndlr). On a essayé de pratiquer notre propre jeu, de jouer au ballon et d'imprimer notre «marque de fabrique», on va dire. J'espère que ça va marcher. On a joué des matchs amicaux et ça s'est très bien passé. J'espère que ce week-end on va faire un bon match contre le Sporting (ils ont gagné 2-1 à l'extérieur contre le Sporting Gijon, et Liassine n'a pas joué pour cause de blessure légère, Ndlr) et dans deux semaines, ça va être contre Barcelone !
Et une grosse envie de jouer ce match contre le Barça…
C'est sûr ! Une grosse envie évidemment de jouer ce match, devant nos supporteurs en plus…
Qui sont très chauvins en plus…
Oui, ils sont extrêmement passionnés et cela est une motivation supplémentaire pour nous les joueurs. C'est très important de savoir de notre côté que quoi qu'il arrive, ils sont toujours derrière leur équipe. Dans les bons moments, comme dans les mauvais, les supporteurs te soutiennent et viennent vers toi pour te dire que ce n'est pas grave et tout. C'est vraiment super !
C'est votre première année de Liga de manière officielle ?
La saison dernière, j'ai été à plusieurs reprises sur le banc, sans avoir intégré le groupe pro de manière officielle. Cette année, je suis enfin dedans. J'ai signé de nouveau un contrat de trois ans, la saison passée. Aujourd'hui, je suis un joueur de l'équipe première à part entière.
Et vous visez une place de titulaire cette saison ou alors vous allez vous contenter du banc ?
C'est sûr que je vise une place de titulaire. Partout dans le monde, les joueurs s'entraînent avec l'idée de gagner une place de titulaire. Je fais aussi partie de ces joueurs. Je ne dis pas que ça va être facile. C'est à moi de tout faire pour mériter cette place. J'espère que je vais y arriver. En tous cas, je ne doute pas de mes capacités, je suis tranquille et je continue à travailler pour cela.
Désormais, il y aura quatre Algériens en Liga…
Oui, Sofiane Feghouli, Medhi Lacen et Hassan Yebda.
Et vous !
Oui. (Il rigole.)
Personne ne savait que vous existiez, et là les Algériens découvrent que vous jouez à la Real Sociedad. Quelle bonne surprise pour les supporteurs !
(Il rigole franchement.) A part ma famille en Algérie qui ne pouvait pas m'ignorer. (Il se marre encore.)
Vous serez connu dès la parution de cette interview. Qu'avez-vous à dire aux Algériens qui vont vous découvrir à l'occasion ?
A l'occasion de l'Aïd, je leur dis Saha Aîdkoum. Je ne parle pas encore bien l'arabe, mais dans ma famille, on me parle souvent en arabe. Il va falloir que je l'apprenne au plus vite. (Il sourit.)


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