Cette présente contribution, loin de toute polémiques stériles, est une synthèse, après consultations, d'éminents experts nationaux et étrangers. Les procédés incluent le concassage, le criblage et la déphosphorisation par oxydation, permettant de transformer cette ressource brute en un produit utilisable dans les aciéries et éventuellement fonction du coût, exportable à forte valeur ajoutée, notamment pour le marché européen et africain. Troisièmement, d'autres experts proposent deux voies, celle basée sur la Réduction directe par le charbon (CBDR) couplée à une séparation magnétique humide (WLIMS). En mélangeant le minerai avec du charbon de Bechar et du sulfate de sodium (Na2SO4) à plus de 1200°C, les chercheurs parviendraient à briser la structure oolithique complexe. Ce procédé permettrait d'obtenir un fer réduit (DRI) d'une pureté de 92,5% à 96%, rendant le minerai apte à alimenter les hauts fourneaux nationaux et la seconde la bio-métallurgie respectueuse de l'environnement : la biolixiviation. Reposant sur l'utilisation de bactéries indigènes capables de « grignoter » sélectivement le phosphore, en sécrétant des acides organiques naturels, ces micro-organismes attaquent les impuretés sans altérer la structure du fer. Il faudra tenir compte des importants coûts de la maintenance des unités et de la ligne de chemin de fer dans une région aride, soumise tantôt aux pluies diluviennes, tantôt aux importants vents de sable, en espérant ne pas renouveler l'expérience de la route Est-Ouest où des malfaçons ont occasionné d'importants surcoûts, et plus généralement du coût des infrastructures ferroviaires de la ligne ferroviaire reliant Béchar à Tindouf (950 km) qui a été inauguré le 1 février 2026 ainsi que la modernisation de la ligne BécharOran (double voie), d'une longueur de 648 km soit au total Tindouf- Bechar -Oran de 1598 km, beaucoup plus si on doit aller à Jijel et Annaba afin d'acheminer le minerai de fer vers les sites de transformation et d'exploitation au nord du pays, du coût de l'énergie, notamment du gaz naturel, du pourcentage d'utilisation des énergies renouvelables prévu pour ce projet et de la disponibilité de quantités suffisantes d'eau dans la région, l'eau étant en majorité saumâtre donc du coût du dessalement-en utilisant les énergies renouvelables. Un projet de centrale solaire est en cours de réalisation pour alimenter les unités de traitement, réduisant la dépendance aux énergies fossiles et les coûts d'exploitation., l'objectif étant de produire un acier à faible empreinte carbone en utilisant une énergie mixte, combinant les énergies renouvelables (solaire) et le gaz naturel. Ce projet s'aligne avec le programme national de 22.000 MW d'énergies renouvelables d'ici 2030, en renforçant la souveraineté économique tout en respectant l'environnement et en valorisant le mine le projet est implanté à un carrefour stratégique reliant la route nationale à l'entrée de la base de Gara Djebilet, et qu'il comprend également la réalisation d'une grande station de distribution électrique destinée à raccorder les différentes unités industrielles appelées à être créées dans la région. La réalisation de cette centrale solaire, d'une capacité de 200 mégawatts, contribuera à renforcer les capacités d'approvisionnement en énergie électrique des installations économiques, notamment le complexe minier stratégique de Gara Djebilet. L'alimentation de la première phase du projet sera assurée par deux lignes électriques de moyenne tension de 30 kilovolts à partir d'une station existante en attendant l'achèvement du projet structurant qui comprend également des lignes à haute tension d'une capacité comprise entre 120 et 130 kilovolts. La phase initiale est alimentée par deux lignes de 30 kilovolts en attendant des infrastructures à haute tension (120-130 kilovolts), ce projet vise à réduire les coûts d'exploitation à long terme et à assurer une production de fer «verte». -Lever la contrainte de l'eau douce, la région étant extrêmement aride, ce qui rend l'exploitation des ressources en eau, notamment pour des projets industriels coûteux. Cependant, la région bénéficie des ressources du Sahara algérien, notamment la nappe de l'Albien (partagée avec la Libye et la Tunisie) et la nappe de l'Erg Occidental. On peut installer des unités de dessalement du fait que l'eau est saumâtre pour couvrir les besoins des unités industrielles et des populations. Mais en plus du recyclage des eaux, utilisées, doivent déterminer le coût des unités et du fait de la distance les coûts des canalisations. Des coûts pour protéger l'environnement et d'une formation pointue, l'université de Béchar devant l'exploitation de la mine de fer Gara Djebilet (Tindouf, Algérie), l'un des plus grands gisements mondiaux devrait s'appuyer sur une stratégie énergétique durable intégrant massivement le solaire. L'objectif sera de descendre à l'aval de la filière pour la production de produits à forte valeur ajoutée (le prix international selon les fores d'acier pouvant varier entre 800 et plus de 1000 dollars la tonne), la filière sidérurgique étant contrôlée par quelque pays avec le primat de la Chine cinq à six firmes internationales et leur partenariat est nécessaire pour l'exportation. Par ailleurs, il s'agira pour l'Algérie de résoudre le problème lancinant du respect des normes internationales. L'interdiction récente d'exporter le fer vers les USA des produits de l'usine sidérurgique d'Oran invoquant le dumping du gaz qui devrait être aligné sur le prix international afin de ne pas fausser la concurrence et donc les règles de l'OMC en est une illustration, et il en sera de même idem pour l'Europe. En plus du respect de ces normes pour pouvoir exporter, il s'agira de favoriser l'intégration à l'économie nationale (actuellement l'Algérie importe en devises environ entre 1,5 et 2 milliards de dollars par an de produits sidérurgiques) où il est prévu un complexe sidérurgique dans la wilaya de Bechar, via un investissement d'un milliard de dollars spécialisé dans la production des rails et des profilés en acier où cette usine compte plusieurs unités de traitement et de transformation du fer, de fabrication de wagons pour le transport du minerai de fer de Gara-Djebilet vers Bechar, en plus des complexes sidérurgiques du Nord du pays : Oran, Jijel avec les qataris et Annaba. En conclusion : mon expérience personnelle connaissant parfaitement ce dossier ayant été jeune conseiller du ministre de l'Industrie et de l'Energie entre 1974/1979 et en tant qu'officier d'administration de la route de l'Unité Africaine entre 1971/1973, axe Ghardaïa In Salah via El Goléa, la construction d'une route ou d'une ligne de chemin de fer est un action complexe et répond plus à la rentabilité sociale qu'à une pure rentabilité financière, les USA nous ayant montré que cela a été un moyen important de leur développement. Concernant l'exploitation du fer de Gara Djebilet, sous réserved'une maîtrise des coûts durant toute la chaîne de production/distribution, ce projet constitue l'un des plus importants projets structurants sur lesquels mise l'Algérie pour impulser une nouvelle dynamique à son économie, (intégration économique et économie de devises) de créer des milliers d'emplois – et surtout indirects – et de dynamiser les exportations hors hydrocarbures de produits à forte valeur ajoutée en direction de l'Afrique et de l'Europe, son espace économique naturel. (Suite et fin) Abderrahmane Mebtoul Professeur des Universités