Ce qui s'est réellement passé devant l'APC    Ouyahia appelle à la mobilisation pour la réélection du Président Bouteflika    Sonelgaz parvient à réduire sa dette à 60 milliards de dinars    Partenariat dans les domaines des ports secs et des produits «halal»    L'ouverture à l'extérieur de l'université algérienne est inéluctable    François Regis-Legrier : «La bataille d'Hajin était une défaite stratégique»    11e Festival national des arts et de la créativité    Le taux de raccordement en eau potable a atteint 99,37 %    Sept personnes sauvées in extremis d'une mort certaine    Célébration du centenaire du défunt Farid Ali    Prochaine création d'un orchestre amazigh    Salon national de la photographie à Aïn Témouchent    Deux suspects arrêtés    L'armée renouvelle son soutien au président maduro    Sommet tripartite sur la Syrie : "Nous nous rapprochons de plus en plus du règlement du conflit"    Ligue des champions d'Afrique : Le CSC depuis hier en Egypte    Coupe d'Algérie (1/4 de finale aller) : L'USM Annaba et le NA Hussein-Dey prennent option    Afrique/Europe : Feghouli et Bennacer retenus dans le onze type africain de la semaine    Amara Benyounes victime d'une "fake news"    Réunion des partis de l'opposition    Journée technique sur la modernisation des banques : Les financements bancaires devraient s'orienter davantage vers les PME    Bedoui depuis Djelfa : "L'avenir de l'Algérie n'est pas tributaire d'un rendez-vous électoral"    À Bechar : La problématique d'eau potable en voie de résolution    En un an, la facture a presque doublé    Karl Lagerfeld tire sa révérence Virginie Viard succède au "Kaiser" chez Chanel    Sommet de l'opposition pour une candidature unique.. Des tractations laborieuses    Rencontre Benghabrit-syndicats.. Une voie «sans issue»    Hockey sur gazon.. Nécessité d'accompagner les formateurs de demain    Trafic de stupéfiants.. Plusieurs individus sous les verrous    Dernière roue de la charrette…    Il dit pouvoir diriger des missiles en direction de l'Amérique.. Poutine met en garde Washington    LOGEMENT SOCIAL : 2 millions de bénéficiaires ne paient pas leurs redevances    Braquage de Boumerdès : 4 convoyeurs de fonds arrêtés    PRESIDENTIELLE 2019 : Ouyahia exhorte ses partisans à voter Bouteflika    Le sénateur démocrate Bernie Sanders annonce sa candidature pour 2020    Le Gambien Bakary Gassama au sifflet    Les présidents de l'ASAM et l'O Médéa suspendus    Aux actionnaires de valider le passage sous Hyproc    Varsovie attend des excuses d'Israël    Rachid Mokhtari publie La Guerre d'Algérie dans le roman français    L'Orchestre symphonique de la ville d'Oran donne son premier concert    L'éclipse    Trois médailles, dont une en or, pour l'Algérie    Les acquis enregistrés grâce à l'unité et la détermination du peuple sahraoui    La Ligue arabe condamne les prélèvements par l'occupant israélien sur les revenus d'impôts palestiniens    Une cache contenant des armes et des munitions découverte à Tamanrasset    Formation professionnelle : Réception de 40 nouveaux établissements pour la rentrée de février    Projection de "Maintenant, ils peuvent venir"    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Casbah d'Alger Les artisans résistent au temps
Publié dans Le Financier le 07 - 08 - 2013

Alors qu'ils faisaient autrefois la réputation de l'antique Casbah, les artisans traditionnels n'en finissent pas de voir leur nombre se rétrécir comme une peau de chagrin au fil des ans pour diverses raisons, au point de n'être plus aujourd'hui qu'une poignée à braver le diktat du temps pour préserver un pan important du patrimoine culturel algérien. Ils seraient à peine plus d'une dizaine ces «gardiens» du temple de l'artisanat traditionnel dans la vieille médina, mais ne sont prêts «pour rien au monde» à abandonner ce patrimoine qu'ils préservent aussi affectueusement depuis des décennies et qu'ils ont hérités de leurs aînés. Les aléas du temps et les diverses transformations qu'a connues l'ancienne médina ont fait disparaître, un à un, ces lieux d'un héritage ancestral et d'un savoir-faire jalousement façonnés et fignolés au fil des générations. Du temps glorieux qui faisait la réputation de la dinanderie algéroise de la Casbah, ne subsiste qu'une seule boutique fièrement tenue par Ben Mira El-Hachemi, plusieurs fois distingué pour «l'authenticité» et «l'innovation» qui caractérisent ses produits. Perpétuant un héritage familial, ce septuagénaire déplore les contraintes qui ont ralenti cette activité, notamment la rareté de la matière première justifiant des prix aussi exorbitants que dissuasifs. Contraints et résignés, les dinandiers se contentent souvent de recycler des objets déjà conçus ou de travailler sur des chutes de cuivre, ce qui réduit considérablement la quantité produite, regrette ce même interlocuteur qui s'inquiète du devenir de cet artisanat. Ayant déjà formé quelques jeunes passionnés de dinanderie, El-Hachemi aurait aimé «poursuivre l'apprentissage» de son savoir-faire afin de le «préserver» de la disparition, d'autant qu'aucun de ses enfants n'est prédisposé à hériter du label familial. Néanmoins, regrette-t-il, la loi implacable du marché freine cette ambition d'autant plus nourrie par un sentiment de «révolte» quant à la «nonchalance» institutionnelle qui pénalise les artisans. A l'instar d'El-Hachemi pour la dinanderie, Mahiout Khaled est «le dernier des Mohicans» en menuiserie d'art, jadis plus prospère dans la Casbah et dont il est le seul à porter aujourd'hui l'authentique empreinte. Le local renferme, tel un musée, des souvenirs précieux liés à ce métier, qui lui ont été légués par un des doyens de cet art, Tchoubane Abdelkader, décédé il y a 5 mois. Si cet artisan tire plutôt son épingle du jeu, c'est grâce essentiellement à la convention qui le lie au ministère de la Culture pour les besoins de restauration et décoration, mais déplore l'absence de relève, y compris concernant ses enfants, afin de sauver ce patrimoine de la totale éclipse. Seule échoppe traditionnelle du genre à «survivre» encore, la boulangerie Slimani continue d'attirer une clientèle qui apprécie encore les fournées de pain chaud cuit au gaz et si particulièrement embaumé. Ayant racheté le local datant de 1948 et appartenant à l'origine à un pied-noir juif, le père de Slimani Youcef a entretenu ce qui représente son gagne-pain jusqu'au moment où celui-ci fut pris en main par un de ses frères et son fils Youcef. A 63 ans, il continue à se lever à 3h00 du matin pour préparer une quantité impressionnante de pâte moyennant les même outils traditionnels d'il y a plus d'un demi-siècle avec au bout du parcours quotidien, la satisfaction d'avoir apporté du «plaisir» à ses clients. A quelques kilomètres de là, rue Abderrahmane Arbadji, Khelifaoui Abderrzak dit «Aami Mustapha» perpétue l'art de la torréfaction légué de ses aînés au grand bonheur d'une clientèle férue du stimulant arôme. Un autre «survivant» en la matière.
Des métiers à jamais perdus...
Il y a quelques années, la rue Ben Acher dans la Basse Casbah était réputée pour les épices dans lesquelles se sont spécialisés des commerçants, à l'instar d'autres venelles dédiées, chacune d'elle, à des activités traditionnelles spécifiques. Aujourd'hui, seule une famille y tient ce commerce qui «ne nourrit pas tellement», affirme l'un des fils commerçants, Zinou M. qui avoue que s'il avait «le choix», il aurait choisi une activité plus «rentable» et beaucoup moins «aléatoire». Ses clients sont en majorité des habitués issus du voisinage mais ils sont loin d'être aussi nombreux qu'avant, des dizaines de familles ayant quitté le quartier, pense savoir Zinou. Et de se remémorer avec nostalgie la «belle époque» où le quartier foisonnait de restaurants qu'il approvisionnait en épices, si bien qu'il pouvait gagner amplement sa journée «avant même que la matinée ne fût terminée». C'est dire qu'il suffit de peu pour que des métiers disparaissent encore du paysage de la légendaire médina et du quotidien de ses habitants, comme ce fut le cas pour le tissage, la tannerie et la forgeronnerie. Idem pour le métier des hayakkines, confectionneurs du «haïk», cet habit si typique d'El-Mahroussa et plus précisément de la Casbah et dont les usagères relèvent aujourd'hui de la «curiosité». Une note d'optimisme cependant pour atténuer ce morne constat: le retour progressif des touristes étrangers vers la Casbah, constaté ces dernières années, comme l'atteste un couple français arrivé à Alger par bateau.
Faisant fi de la chaleur et des contraintes du jeûne dont ils ne sont pas concernés, ces nostalgiques de la Casbah des années 70 ont revisité leurs souvenirs à travers les dédales de la cité à la recherche des senteurs, et de l'ambiance d'antan. Du moins ce qui en reste.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.