Tombée de rideau hier sous les chapiteaux tout blancs du complexe Mohamed Boudiaf de la quinzième édition du Salon international du livre d'Alger (SILA), un événement culturel majeur qui a suscité débats, rencontres, et surtout vente inespérée d'ouvrages tous domaines confondus. Tout ou presque d'ailleurs a été raflé à la veille de cette clôture, la plupart des stands étaient pratiquement vides, surtout les maisons connues comme Casbah, Chihab, ou encore Gallimard. Les éditeurs ont mis, à trois jours de la clôture, beaucoup du leur ; des réductions allant jusqu'à 70% pour certains, un livre offert comme chez Gallimard pour quatre achetés. Alors tout le monde était tenté. Chez Casbah, pas de rabais ; " nos prix sont les prix du salon " annonce une représentante. N'empêche que cette maison spécialisée dans la chose historique et qui a bénéficié d'un stand central n'a pas désempli. Cher ou pas cher, les gens achètent comme l'atteste cet essaim de personnes qui fouinent, déambulent, cherchent dans les travées des chapiteaux et qui ressortent chargées de sac. "J'ai acheté un Kadache, un Feraoun….C'est pour exploiter quelques récits pour mes élèves. C'est primordial pour moi" soutient une enseignante de français au lycée d'Alger. Etudiants, chercheurs, universitaires étaient nombreux à ce rendez-vous, le seul d'ailleurs qui offre au même endroit un choix estimé d'ouvrages qui ciblent toutes les attentes. "Nous n'avons pas ramené tous nos ouvrages à cause de la grève de la CGT à Marseille. Par avion ça coûte très cher " regrette la représentante des éditions Gallimard dont le stand est d'ailleurs l'un des plus convoités malgré les prix hallucinants des livres de poche ; pas moins de 900 DA un roman de Céline par exemple. "Ici, j'ai vu des gens qui achetaient des paquets de bouquins, à la caisse, la plupart en a pour pas moins de 15.000 DA " dit un quinquagénaire qui s'est déplacé trois fois à partir de Tizi Ouzou afin de dénicher une collection sur la civilisation andalouse. Le parascolaire fait partie également de l'une des vedettes de ce salon, les maman, qui tenaient par la main leurs petits, feuilletaient, déchiffraient des images multicolores, puis passaient à la caisse. Et les spécialistes de ce secteur comme Sedia, Chihab, Casbah…, n'ont pas manqué de se frotter les mains, tant cette marchandise spéciale s'envolait. " Y a toujours du monde chez nous, même les jours de semaine " avoue la représentante de la maison Chihab. Quand certains se font discrets Cette année, contrairement aux années précédentes, les stands autant que les acheteurs des ouvrages religieux se sont fait très discrets. Pas de CD, ni de haut parleur qui diffusent à longueur de journée, des chansons pieuses. Moins ostentatoires qu'avant, revendeurs ou simples acheteurs sont noyés dans la foule. C'est que ce 15ème salon a reçue d'importantes personnalités, comme Azmi Bishara, Georges Corm, Patrick Poivre d'Arvor, Jean Ziegler, Jacques Vergès, Ernest Weibel, Catherine Lovey, Christian Leconte, Benjamin Stora….. et le prix Nobel de littérature 1998, José Saramago, il n'est pas bien vu de tacher le salon avec cette faune actuellement stigmatisée partout en Europe. Tout le monde ou presque a cartonné puisque du monde il y en a eu et beaucoup, et dans tous les stands. Ce qui n'a pas attiré l'œil, c'est un titre ou un auteur vedette, invité au salon. Tout les ouvrages proposés sur les différents étals semblaient égaux. Les gens achetaient sans zèle, ils cherchaient juste ce dont ils avaient besoin. Autres nouveautés, certaines maisons étrangères comme l'Arabie Saoudite ou les USA, distribuaient surtout aux étudiants gratuitement des livres sur le Coran ou autres. Il faut rappeler que ce salon qui a débuté le 26 octobre dernier a rassemblé presque 500 maisons d'édition venues d'à peu près une trentaine de pays dont la Suisse était l'invité d'honneur. Intitulé, "Place aux merveilles", ce salon a permis à la ministre de la Culture, Khalida Toumi de dresser un bilan très positif de la politique du livre de son secteurs entamé, depuis 2005. Khalida Toumi a promis que son département est en train de tout faire pour rendre le livre et la lecture plus accessibles en ce sens que la taxe sur le papier destiné aux imprimeries sera exonéré, et le prix du livre sera baissé. Outre cette ambition de faire du rabais, Khalida Toumi promet que d'ici 2014, la plupart des contrées de l'arrière-pays auront leur bibliothèque principale, leur bibliobus, leur bibliothèque communale, le livre sera prochainement au menu des programmes scolaires avec pas moins de quatre ouvrages que chaque élève devra lire chaque année. Une idée partagée avec le ministre de l'éducation et semble-t-il, prochainement entérinée.