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« Je suis proche de la fin et j'en profite »
Robert Pires
Publié dans Le Midi Libre le 31 - 03 - 2011

Il assure ne nourrir aucun regret, le ton serein de la certitude mûrie. "Ma carrière a été riche et remplie", assène Robert Pires, 37 ans, de retour en Premier League depuis novembre 2010.
Il assure ne nourrir aucun regret, le ton serein de la certitude mûrie. "Ma carrière a été riche et remplie", assène Robert Pires, 37 ans, de retour en Premier League depuis novembre 2010.
Après quatre ans à briller en Espagne à Villarreal et six mois de chômage, l'ancien milieu offensif d'Arsenal savoure sa nouvelle aventure avec les Aston Villa sous la houlette de Gérard Houllier, malgré un temps de jeu réduit en championnat. La passion est intacte chez le vainqueur de la Coupe du monde de la Fifa 1998 et l'UEFA Euro 2000, observateur aguerri des Bleus de son ancien compère Laurent Blanc."Je ne pourrais jamais être entraîneur, avec mon caractère j'en serais incapable. Mais assistant, pourquoi pas", confie-t-il lors d'un entretien exclusif. La retraite, le Rémois y pense forcément. Il y est préparé, mais espère ne pas raccrocher dans quelques mois. Pires a envie d'un dernier challenge, lui qui apprécie de jouer les vieux sages dans le vestiaire de Villa Park. C'est un footballeur heureux et lucide que Fifa.com a rencontré pour une longue conversation.
Robert, est-ce qu'un footballeur de 37 ans avec sa carrière derrière lui fait le même métier qu'un jeune de 23 ans ?
En ce qui me concerne oui. J'ai toujours le même plaisir à m'entraîner chaque jour. L'envie est intacte. Je suis d'abord venu ici pour le challenge sportif car je reste un compétiteur. J'essaie d'apporter mon expérience à un groupe assez jeune.
Justement, à votre âge, vivez-vous le quotidien avec plus de recul ?
Je suis plus patient, c'est certain. J'ai appris la sagesse dans mes efforts, à l'entraînement et en match. Je suis proche de la fin et j'en profite au maximum. Beaucoup d'anciens me disent regretter d'avoir arrêté à 32 ou 33 ans alors qu'ils pouvaient continuer. Donc moi, tant que je peux, je continue. Je me suis préparé à ce que ça s'arrête en mai, mais si j'ai un entraîneur et un club qui me font confiance, je me relancerai un autre défi.
Après votre départ de Villarreal, pourquoi avoir choisi Aston Villa ?
Je voulais revenir à Londres ou m'en rapprocher et je sentais aussi que si je retrouvais un club, ça serait en Angleterre. Arsène Wenger m'a laissé l'opportunité de m'entraîner avec Arsenal pendant deux mois, de septembre à mi-novembre. Puis Gérard Houllier m'a appelé et on s'est rencontré. Il a ensuite appelé Wenger pour prendre des renseignements et j'ai signé.
Quel premier bilan tirez-vous ? L'équipe est mal classée et vous jouez peu…
Collectivement, la saison est difficile. Ce n'est jamais facile de changer d'entraîneur en cours de saison. Houllier essaie d'apporter son vécu et son patrimoine dans le football français et à Liverpool. Je suis certain qu'on va remonter la pente, car la qualité est là. Je ne suis pas inquiet. Après, me concernant, je n'ai joué pratiquement que les matches de Coupe. Ce sont les choix du coach, je dois les accepter. Mais je sais pourquoi je suis venu à Aston Villa. Je savais que je n'aurai pas beaucoup de temps de jeu et que je devais en priorité apporter aux jeunes. Si je peux être une référence, tant mieux. Je ne réagirais pas de la même manière si j'avais 22 ou 23 ans, c'est clair. Là, je vis ça calmement. En plus, le club est sain, il suscite le respect en Angleterre pour son histoire et autour de lui, il y a une belle atmosphère. Et l'ambiance à Villa Park est fantastique.
Vous parlez d'apporter votre expérience aux jeunes. Au quotidien, cela se traduit comment ?
Les jeunes m'observent beaucoup à l'entraînement, je le sens. Ils me demandent des conseils sur le haut niveau, me posent des questions sur la réussite de ma carrière, le pourquoi du comment. C'est beaucoup de discussions, mais ce n'est pas non plus un travail de psychologue. Je le répète, c'était le message de Gérard Houllier. C'était clair dès le départ. Bien sûr quand je suis sur le banc, je n'ai qu'une envie, c'est de rentrer car je suis un compétiteur. Mais je savais à quoi m'attendre. Et je sais où je vais.
Justement, où allez-vous ? Avez-vous déjà des plans en tête ?
Je suis préparé à la retraite en mai si jamais ça doit se terminer maintenant. Je suis prêt à aller au Qatar ou aux Etats-Unis si le projet est sympa. J'ai même reçu une offre d'Australie. En étant en Premier League, je suis toujours en vue, on ne m'oublie pas. Je me fais encore remarquer. Mais chaque chose en son temps, on verra ça en fin de saison.
Quels seront vos critères de sélection s'il faut choisir un nouveau club cet été ? A votre âge, a-t-on tendance à privilégier la qualité de vie ?
Mes choix ne se sont jamais faits en fonction de la ville. Le sportif restera mon premier choix, comme toujours. Quand on me fait dire que Philadelphie est moche après que j'ai refusé de signer là-bas, c'est n'importe quoi. Je n'ai jamais dit ça. Je n'y suis jamais allé, donc jamais je me serais permis d'affirmer ça. A Villa, je suis payé au match en plus d'un petit fixe, donc je ne suis pas venu ici pour l'argent.
A 37 ans, vous courez encore comme un jeunot. Quel est le secret de votre longévité ?
Je n'ai pas de secret ! Mon corps me permet de jouer au haut niveau et continue de répondre malgré deux opérations au genou, c'est une chance. Maintenant, depuis quelques années je ne sors quasiment plus, je fais plus attention à ce que je mange et bois. Je dois prendre soin de mon corps comme d'une Formule 1, chaque détail compte. Si aujourd'hui je sors jusqu'à cinq heures du matin comme j'ai pu le faire quand j'étais jeune, je mets une semaine pour m'en remettre (rires) ! A un certain âge, l'hygiène de vie entre en jeu.
Vous avez joué quatre ans à Villarreal, vous avez pu voir de près le phénomène FC Barcelone. Avec Arsenal en 2004, vous avez aussi fait partie d'une équipe historique. La comparaison est-elle possible ?
Le Barça est la meilleure équipe européenne, c'est certain. Individuellement et collectivement, ils font peur. C'est le football que j'approuve : simple, en mouvement, avec peu de touches de balle, facile. On sait qu'on va voir des buts quand on regarde jouer le Barça. La différence avec nous, les Invincibles d'Arsenal, c'est qu'eux ont tout gagné. Mais quand je dis tout, c'est tout ! Mon aventure avec Arsenal cette saison là n'en reste pas moins magique. C'était exceptionnel, un régal à chaque match. Quand vous êtes en pleine confiance, il ne peut pas vous arriver grand-chose. C'est le cas du Barça en ce moment.
Parlons de l'équipe de France. Êtes-vous d'accord pour dire que les Bleus sont en transition ?
Il y a eu une transition de fait, et heureusement car il était temps. Il faut arrêter avec les comparaisons et laisser les Bleus tranquilles. Laurent Blanc fait ses choix, il a son équipe en tête, il faut lui laisser du temps et surtout attendre la fin avant de critiquer. L'équipe de France a su réagir après la catastrophe en Afrique du Sud et c'est déjà un bon point. Cette équipe va mieux, c'est un fait. On fera le bilan à la fin des qualifications, pas avant.
Quelles critiques trouvez-vous justifiées, et lesquelles sont excessives ?
Quand je vois ce que prend Yoann Gourcuff actuellement, ça m'énerve. Lui taper dessus comme ça, moralement ça va lui faire mal. Comme il est timide, ça ne doit pas arranger les choses. Faire abstraction des critiques est impossible, il y a toujours quelqu'un pour vous en parler. Je suis bien placé pour le savoir, j'ai connu ça à l'Olympique de Marseille quand j'étais capitaine. Il ne faut pas laisser le doute s'installer, sinon ça devient très dur. Je n'aurai jamais la même réaction qu'un supporteur ou un journaliste sur un joueur, car j'e nai été la cible et je sais que les critiques font mal.
La qualité du jeu de l'équipe de France peut-il rallumer la flamme entre elle et son public ?
Le supporteur ne retient que le résultat, l'amour entre les Bleus et leur public ne peut revenir qu'avec les résultats. J'ai arrêté de me battre contre Raymond Domenech depuis bien longtemps mais avant, l'équipe de France était à l'image de son entraineur, tout simplement : elle était triste. Avec Blanc, ça va mieux mais avec l'image qu'elle a laissé l'été dernier, il faut du temps. Laissons-lui en pour monter une équipe. Il faut évacuer le Mondial et pour moi, ce sera fait après le prochain Euro.
Vous avez bien connu Laurent Blanc comme joueur. Êtes-vous surpris de sa trajectoire comme entraîneur ?
Il est né pour ça. Sa grande carrière de joueur était programmée, celle d'entraîneur l'est tout autant. Il a ça en lui. C'est un meneur d'hommes et il connaît le football, comme Didier Deschamps. Je ne suis pas étonné de sa réussite et je lui fais confiance à 100%. Il serait déjà capable d'entraîneur Manchester United aujourd'hui, il a la carrure pour ça. Il représente tout ce que les Anglais aiment dans un entraîneur, il inspire le respect.
Après quatre ans à briller en Espagne à Villarreal et six mois de chômage, l'ancien milieu offensif d'Arsenal savoure sa nouvelle aventure avec les Aston Villa sous la houlette de Gérard Houllier, malgré un temps de jeu réduit en championnat. La passion est intacte chez le vainqueur de la Coupe du monde de la Fifa 1998 et l'UEFA Euro 2000, observateur aguerri des Bleus de son ancien compère Laurent Blanc."Je ne pourrais jamais être entraîneur, avec mon caractère j'en serais incapable. Mais assistant, pourquoi pas", confie-t-il lors d'un entretien exclusif. La retraite, le Rémois y pense forcément. Il y est préparé, mais espère ne pas raccrocher dans quelques mois. Pires a envie d'un dernier challenge, lui qui apprécie de jouer les vieux sages dans le vestiaire de Villa Park. C'est un footballeur heureux et lucide que Fifa.com a rencontré pour une longue conversation.
Robert, est-ce qu'un footballeur de 37 ans avec sa carrière derrière lui fait le même métier qu'un jeune de 23 ans ?
En ce qui me concerne oui. J'ai toujours le même plaisir à m'entraîner chaque jour. L'envie est intacte. Je suis d'abord venu ici pour le challenge sportif car je reste un compétiteur. J'essaie d'apporter mon expérience à un groupe assez jeune.
Justement, à votre âge, vivez-vous le quotidien avec plus de recul ?
Je suis plus patient, c'est certain. J'ai appris la sagesse dans mes efforts, à l'entraînement et en match. Je suis proche de la fin et j'en profite au maximum. Beaucoup d'anciens me disent regretter d'avoir arrêté à 32 ou 33 ans alors qu'ils pouvaient continuer. Donc moi, tant que je peux, je continue. Je me suis préparé à ce que ça s'arrête en mai, mais si j'ai un entraîneur et un club qui me font confiance, je me relancerai un autre défi.
Après votre départ de Villarreal, pourquoi avoir choisi Aston Villa ?
Je voulais revenir à Londres ou m'en rapprocher et je sentais aussi que si je retrouvais un club, ça serait en Angleterre. Arsène Wenger m'a laissé l'opportunité de m'entraîner avec Arsenal pendant deux mois, de septembre à mi-novembre. Puis Gérard Houllier m'a appelé et on s'est rencontré. Il a ensuite appelé Wenger pour prendre des renseignements et j'ai signé.
Quel premier bilan tirez-vous ? L'équipe est mal classée et vous jouez peu…
Collectivement, la saison est difficile. Ce n'est jamais facile de changer d'entraîneur en cours de saison. Houllier essaie d'apporter son vécu et son patrimoine dans le football français et à Liverpool. Je suis certain qu'on va remonter la pente, car la qualité est là. Je ne suis pas inquiet. Après, me concernant, je n'ai joué pratiquement que les matches de Coupe. Ce sont les choix du coach, je dois les accepter. Mais je sais pourquoi je suis venu à Aston Villa. Je savais que je n'aurai pas beaucoup de temps de jeu et que je devais en priorité apporter aux jeunes. Si je peux être une référence, tant mieux. Je ne réagirais pas de la même manière si j'avais 22 ou 23 ans, c'est clair. Là, je vis ça calmement. En plus, le club est sain, il suscite le respect en Angleterre pour son histoire et autour de lui, il y a une belle atmosphère. Et l'ambiance à Villa Park est fantastique.
Vous parlez d'apporter votre expérience aux jeunes. Au quotidien, cela se traduit comment ?
Les jeunes m'observent beaucoup à l'entraînement, je le sens. Ils me demandent des conseils sur le haut niveau, me posent des questions sur la réussite de ma carrière, le pourquoi du comment. C'est beaucoup de discussions, mais ce n'est pas non plus un travail de psychologue. Je le répète, c'était le message de Gérard Houllier. C'était clair dès le départ. Bien sûr quand je suis sur le banc, je n'ai qu'une envie, c'est de rentrer car je suis un compétiteur. Mais je savais à quoi m'attendre. Et je sais où je vais.
Justement, où allez-vous ? Avez-vous déjà des plans en tête ?
Je suis préparé à la retraite en mai si jamais ça doit se terminer maintenant. Je suis prêt à aller au Qatar ou aux Etats-Unis si le projet est sympa. J'ai même reçu une offre d'Australie. En étant en Premier League, je suis toujours en vue, on ne m'oublie pas. Je me fais encore remarquer. Mais chaque chose en son temps, on verra ça en fin de saison.
Quels seront vos critères de sélection s'il faut choisir un nouveau club cet été ? A votre âge, a-t-on tendance à privilégier la qualité de vie ?
Mes choix ne se sont jamais faits en fonction de la ville. Le sportif restera mon premier choix, comme toujours. Quand on me fait dire que Philadelphie est moche après que j'ai refusé de signer là-bas, c'est n'importe quoi. Je n'ai jamais dit ça. Je n'y suis jamais allé, donc jamais je me serais permis d'affirmer ça. A Villa, je suis payé au match en plus d'un petit fixe, donc je ne suis pas venu ici pour l'argent.
A 37 ans, vous courez encore comme un jeunot. Quel est le secret de votre longévité ?
Je n'ai pas de secret ! Mon corps me permet de jouer au haut niveau et continue de répondre malgré deux opérations au genou, c'est une chance. Maintenant, depuis quelques années je ne sors quasiment plus, je fais plus attention à ce que je mange et bois. Je dois prendre soin de mon corps comme d'une Formule 1, chaque détail compte. Si aujourd'hui je sors jusqu'à cinq heures du matin comme j'ai pu le faire quand j'étais jeune, je mets une semaine pour m'en remettre (rires) ! A un certain âge, l'hygiène de vie entre en jeu.
Vous avez joué quatre ans à Villarreal, vous avez pu voir de près le phénomène FC Barcelone. Avec Arsenal en 2004, vous avez aussi fait partie d'une équipe historique. La comparaison est-elle possible ?
Le Barça est la meilleure équipe européenne, c'est certain. Individuellement et collectivement, ils font peur. C'est le football que j'approuve : simple, en mouvement, avec peu de touches de balle, facile. On sait qu'on va voir des buts quand on regarde jouer le Barça. La différence avec nous, les Invincibles d'Arsenal, c'est qu'eux ont tout gagné. Mais quand je dis tout, c'est tout ! Mon aventure avec Arsenal cette saison là n'en reste pas moins magique. C'était exceptionnel, un régal à chaque match. Quand vous êtes en pleine confiance, il ne peut pas vous arriver grand-chose. C'est le cas du Barça en ce moment.
Parlons de l'équipe de France. Êtes-vous d'accord pour dire que les Bleus sont en transition ?
Il y a eu une transition de fait, et heureusement car il était temps. Il faut arrêter avec les comparaisons et laisser les Bleus tranquilles. Laurent Blanc fait ses choix, il a son équipe en tête, il faut lui laisser du temps et surtout attendre la fin avant de critiquer. L'équipe de France a su réagir après la catastrophe en Afrique du Sud et c'est déjà un bon point. Cette équipe va mieux, c'est un fait. On fera le bilan à la fin des qualifications, pas avant.
Quelles critiques trouvez-vous justifiées, et lesquelles sont excessives ?
Quand je vois ce que prend Yoann Gourcuff actuellement, ça m'énerve. Lui taper dessus comme ça, moralement ça va lui faire mal. Comme il est timide, ça ne doit pas arranger les choses. Faire abstraction des critiques est impossible, il y a toujours quelqu'un pour vous en parler. Je suis bien placé pour le savoir, j'ai connu ça à l'Olympique de Marseille quand j'étais capitaine. Il ne faut pas laisser le doute s'installer, sinon ça devient très dur. Je n'aurai jamais la même réaction qu'un supporteur ou un journaliste sur un joueur, car j'e nai été la cible et je sais que les critiques font mal.
La qualité du jeu de l'équipe de France peut-il rallumer la flamme entre elle et son public ?
Le supporteur ne retient que le résultat, l'amour entre les Bleus et leur public ne peut revenir qu'avec les résultats. J'ai arrêté de me battre contre Raymond Domenech depuis bien longtemps mais avant, l'équipe de France était à l'image de son entraineur, tout simplement : elle était triste. Avec Blanc, ça va mieux mais avec l'image qu'elle a laissé l'été dernier, il faut du temps. Laissons-lui en pour monter une équipe. Il faut évacuer le Mondial et pour moi, ce sera fait après le prochain Euro.
Vous avez bien connu Laurent Blanc comme joueur. Êtes-vous surpris de sa trajectoire comme entraîneur ?
Il est né pour ça. Sa grande carrière de joueur était programmée, celle d'entraîneur l'est tout autant. Il a ça en lui. C'est un meneur d'hommes et il connaît le football, comme Didier Deschamps. Je ne suis pas étonné de sa réussite et je lui fais confiance à 100%. Il serait déjà capable d'entraîneur Manchester United aujourd'hui, il a la carrure pour ça. Il représente tout ce que les Anglais aiment dans un entraîneur, il inspire le respect.


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