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L'incroyable odyssée d'une cinéaste syrienne
De Homs à Cannes
Publié dans Le Midi Libre le 20 - 05 - 2014

Capture d'écran d'une video de la cinéaste syrienne Wiam Simav Bedirxan, peignant dimanche 18 mai un dessin à la mémoire des morts syriens sur la Croisette à Cannes, où elle présentait avec Ossama Mohammed le film "Eau argentée: Syrie autoportrait"
Capture d'écran d'une video de la cinéaste syrienne Wiam Simav Bedirxan, peignant dimanche 18 mai un dessin à la mémoire des morts syriens sur la Croisette à Cannes, où elle présentait avec Ossama Mohammed le film "Eau argentée: Syrie autoportrait"
Agenoux sur un trottoir de l'insouciante Croisette, Simav verse des larmes sur le dessin qu'elle vient de peindre en mémoire de ses morts: la Syrienne a quitté Homs pour venir jusqu'à Cannes présenter un documentaire sur le conflit qui ravage son pays.
Les mains couvertes de peinture noire, la frêle jeune femme jette un regard épuisé sur la fresque qu'elle vient d'achever à même le sol, sur un drap blanc : des âmes syriennes en forme de flammes s'échappent autour d'un sablier rempli de grains rouges. "Le temps des Syriens, c'est du sang. Pour le reste de l'humanité, le temps qui s'écoule c'est du temps, pour les Syriens, c'est du sang", souffle-t-elle en étouffant un sanglot. "C'est tellement dur...
J'ai perdu presque tout le monde..." Wiam Simav Bedirxan, 35 ans, a filmé le quotidien de sa ville assiégée depuis trois ans. Ses rushes ont servi au réalisateur syrien, Ossama Mohammed, pour réaliser Eau argentée : Syrie autoportrait, un documentaire poignant, poétique et parfois insoutenable, présenté à Cannes hors compétition. Le Syrien exilé à Paris et la jeune Kurde ne s'étaient jamais rencontrés en personne. Mais à la faveur de la reddition de Homs, début mai, Simav a pu rejoindre la Turquie, avant d'arriver à Cannes en fin de semaine et de retrouver son compagnon de "chat", Ossama.
Le réalisateur exilé en France jette un regard bienveillant sur sa protégée, celle à travers laquelle il a vécu les souffrances de son peuple, par procuration, pendant des mois entiers. "Elle se sent en vie quand elle fait quelque chose, filmer, dessiner, quand elle donne", commente-t-il. Pour elle, "la révolution est un mouvement permanent".
Le cinéaste, qui avait réclamé à Cannes en 2011 la libération de prisonniers politiques syriens, a dû depuis se résigner à rester en France après avoir reçu des menaces de mort. Simav sera-t-elle condamnée au même sort, après la résonance médiatique du documentaire qu'elle a cosigné? Pour l'heure, elle refuse de l'imaginer, et se voit déjà rentrer chez elle.
"Nous reviendrons, Syrie. Attend-nous", est-il écrit sur sa peinture. "Je suis seulement trois jours à Cannes, je ne peux pas rester loin de chez moi, il faut que j'y retourne", assuret-elle. "Il ne nous reste que des pierres brisés, mais mon pays est toujours beau...", dit-elle en anglais. Simav va-telle continuer à filmer ? A-t-elle un nouveau projet cinématographique ? "Ce n'est pas moi qui décide, c'est la Syrie qui décidera", répond-elle, en souriant faiblement sous le soleil cannois.
Agenoux sur un trottoir de l'insouciante Croisette, Simav verse des larmes sur le dessin qu'elle vient de peindre en mémoire de ses morts: la Syrienne a quitté Homs pour venir jusqu'à Cannes présenter un documentaire sur le conflit qui ravage son pays.
Les mains couvertes de peinture noire, la frêle jeune femme jette un regard épuisé sur la fresque qu'elle vient d'achever à même le sol, sur un drap blanc : des âmes syriennes en forme de flammes s'échappent autour d'un sablier rempli de grains rouges. "Le temps des Syriens, c'est du sang. Pour le reste de l'humanité, le temps qui s'écoule c'est du temps, pour les Syriens, c'est du sang", souffle-t-elle en étouffant un sanglot. "C'est tellement dur...
J'ai perdu presque tout le monde..." Wiam Simav Bedirxan, 35 ans, a filmé le quotidien de sa ville assiégée depuis trois ans. Ses rushes ont servi au réalisateur syrien, Ossama Mohammed, pour réaliser Eau argentée : Syrie autoportrait, un documentaire poignant, poétique et parfois insoutenable, présenté à Cannes hors compétition. Le Syrien exilé à Paris et la jeune Kurde ne s'étaient jamais rencontrés en personne. Mais à la faveur de la reddition de Homs, début mai, Simav a pu rejoindre la Turquie, avant d'arriver à Cannes en fin de semaine et de retrouver son compagnon de "chat", Ossama.
Le réalisateur exilé en France jette un regard bienveillant sur sa protégée, celle à travers laquelle il a vécu les souffrances de son peuple, par procuration, pendant des mois entiers. "Elle se sent en vie quand elle fait quelque chose, filmer, dessiner, quand elle donne", commente-t-il. Pour elle, "la révolution est un mouvement permanent".
Le cinéaste, qui avait réclamé à Cannes en 2011 la libération de prisonniers politiques syriens, a dû depuis se résigner à rester en France après avoir reçu des menaces de mort. Simav sera-t-elle condamnée au même sort, après la résonance médiatique du documentaire qu'elle a cosigné? Pour l'heure, elle refuse de l'imaginer, et se voit déjà rentrer chez elle.
"Nous reviendrons, Syrie. Attend-nous", est-il écrit sur sa peinture. "Je suis seulement trois jours à Cannes, je ne peux pas rester loin de chez moi, il faut que j'y retourne", assuret-elle. "Il ne nous reste que des pierres brisés, mais mon pays est toujours beau...", dit-elle en anglais. Simav va-telle continuer à filmer ? A-t-elle un nouveau projet cinématographique ? "Ce n'est pas moi qui décide, c'est la Syrie qui décidera", répond-elle, en souriant faiblement sous le soleil cannois.


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