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Pour traiter quelles maladies ?
Jeûne thérapeutique
Publié dans Le Midi Libre le 23 - 07 - 2014

De nombreuses études menées principalement sur l'animal démontrent que le jeûne peut avoir un effet thérapeutique sur certaines pathologies. En complément des traitements habituels, il pourrait améliorer de manière significative l'état de santé. Cancers, maladies cardiovasculaires, diabète, maladies inflammatoires... Doctissimo fait le point sur les différentes maladies concernées.
De nombreuses études menées principalement sur l'animal démontrent que le jeûne peut avoir un effet thérapeutique sur certaines pathologies. En complément des traitements habituels, il pourrait améliorer de manière significative l'état de santé. Cancers, maladies cardiovasculaires, diabète, maladies inflammatoires... Doctissimo fait le point sur les différentes maladies concernées.
Pourquoi le jeûne n'est-il pas officiellement reconnu comme une thérapie en France alors qu'il l'est dans d'autres pays ? La faute au manque d'ampleur des études qui se sont penchées sur le sujet. De plus vastes essais cliniques chez l'homme permettraient d'avoir des niveaux de preuve suffisants, de voir si les effets du jeûne thérapeutique sont durables et de savoir quel protocole médical pourrait être mis en place pour une maladie donnée dans le cas où les résultats seraient concluants.
Jeûne thérapeutique et cancer
Jeûne thérapeutique maladies Le jeûne thérapeutique aurait un rôle dans la prévention du cancer et de ses récidives. Il apparaît qu'il pourrait aussi être efficace comme traitement adjuvant du cancer, en parallèle des traitements conventionnels. Des études menées chez l'animal par l'équipe du biochimiste américain Valter Longo, à l'Université de Californie à Los Angeles 1, ont ainsi montré que de courtes périodes de jeûne entraînaient une réduction du processus tumoral et augmentait la sensibilité des cellules cancéreuses à la chimiothérapie, en plus de diminuer la sensibilité des cellules normales au stress.
Cet effet (observé chez l'animal, rappelons- le) s'expliquerait par le fait que le jeûne bloque les facteurs de croissance tumorale : le glucose, carburant de prédilection des cellules cancéreuses, et l' insuline se font rares dans les tissus d'une personne qui jeûne, ce qui entraîne une diminution du taux des IGF1 (facteurs de croissance de la tumeur) et rend la cellule cancéreuse plus vulnérable à la chimiothérapie. Les cellules saines, quant à elles, se mettent en mode de "survie" endiminuant leur dépense énergétique. Ce mode pourrait ainsi expliquer la diminution des effets secondaires de la chimiothérapie (fatigue, nausées, diarrhée...).
Une étude à large échelle sur des malades atteints de cancer et jeûnant sur de courtes périodes pendant leur chimiothérapie est en cours, les premiers résultats de celle-ci seront publiés en 2014. De nombreux points resteront à éclaircir avant de considérer le jeûne comme l'un des traitements possibles du cancer, si les études chez l'homme prouvent leur efficacité thérapeutique.
Peut-on anticiper des profils de personnes susceptibles de profiter d'un jeûne thérapeutique comme thérapie adjuvante du cancer ? Quel devrait être le protocole ? Quelle serait la durée optimale d'un jeûne pour une personne atteinte de cancer ? Quels sont les compléments alimentaires,vitamines et minéraux, qui pourraient agir en synergie avec le jeûne comme thérapie adjuvante du cancer ?
Autant de questions qui restent à résoudre, particulièrement importantes dans le cas une telle maladie dont les traitements peuvent entraîner une grave dénutrition. Jeûne thérapeutique, obésité et diabète Selon les dernières recherches médicales 2, le jeûne permettrait une perte de poids, mais celle-ci ne se maintiendrait que si la cure est suivie d'un régime alimentaire. Il apparaît également que, dans le cas d' obésité, des jeûnes courts et répétés (jeûnes fractionnés) soient les plus efficaces pour lutter contre le surpoids.
D'autres recherches dirigées par Andreas Michalsen, à l'Hôpital de la Charité à Berlin, menées sur l'homme et pas encore achevées, se penchent actuellement sur le traitement du syndrome métabolique. Elles suggèrent que le diabète de type 2 peut être amélioré par le jeûne et que certaines personnes pourraient même arrêter leur traitement après plusieurs cures. Explication avancée à cet effet : le jeûne améliorerait la sensibilité à l'insuline.
Là-encore, il faut attendre la publication définitive de l'équipe d'Andreas Michalsen avant d'avancer de quelconques affirmations. Des études réalisées sur des cohortes importantes font encore défaut sur ce sujet et il manque un suivi à long terme des patients pour vraiment avancer que le jeûne puisse être un traitement du diabète de type 2.
Jeûne thérapeutique et maladies inflammatoires
Une méta-analyse de 31 études 3 a regroupé les connaissances actuelles sur le jeûne et ses effets anti-inflammatoires. Les mécanismes expliquant cet effet sont complexes et encore inexpliqués. Le recueil des 31 publications a nuancé cet effet, en montrant qu'il était de courte durée.
Ainsi, l'inflammation et les symptômes qui l'accompagnent reviennent lentement après la rupture du jeûne. Par contre, deux autres études 4 démontrent que si le jeûne seul a une valeur thérapeutique limitée, la réduction de l'activité de la maladie par le jeûne encouragerait les patients à suivre un régime restrictif, donc à prolonger les effets anti-inflammatoires potentiels.
Maladies cardiovasculaires et jeûne thérapeutique
Le jeûne diminuerait les facteurs de risque cardiovasculaire, dont ceux de l' hypertension artérielle. Plusieurs études 9 suggèrent qu'un jeûne hydrique supervisé permettrait d'obtenir une normalisation de la tension. Cependant, on ignore encore si cet effet est durable.
Une étude rétrospective de 1985 à 1997 10, portant sur 174 patients souffrant d'hypertension artérielle, a montré que 90 % d'entre eux avaient réussi à rétablir une tension artérielle plus basse après un jeûne d'une durée de 10 à 11 jours. Onze patients prenant une thérapie anti-hypertensive ont ainsi pu arrêter leur traitement. 42 patients de l'étude ont été suivis sur 27 semaines après le jeûne : leurs chiffres tensionnels sont restés bons.
ces données restent encore insuffisantes pour affirmer que l'effet se poursuit à long terme. Une étude serbe récente menée sur une cohorte de 108 personnes a donné des résultats similaires 11 : les patients ont jeûné durant 3 semaines, ils ont perdu du poids (environ 13 kilos) et ont vu leurs taux de cholestérol total, de LDLcholestérol (mauvais cholestérol), de triglycérides et d'insulinémie diminuer.
Le jeûne a amélioré à court terme tous ces facteurs de risque cardiovasculaire. Un tel effet serait dû à plusieurs facteurs : perte de poids, contrôle de l'hyperinsulinisme, réduction du système nerveux sympathique...
Les différentes recherches sur les effets du jeûne sur la santé, dans le cadre de pathologies, sont encore à l'état embryonnaire. Même si elles sont nombreuses à aller dans le même sens, associant au jeûne des bienfaits thérapeutiques lorsqu'il est associé à un traitement conventionnel, des cohortes de plus grande échelle et un plus grand recul sera nécessaire pour convaincre l'ensemble de la communauté médicale.
Anne-Sophie Glover-Bondeau
Pourquoi le jeûne n'est-il pas officiellement reconnu comme une thérapie en France alors qu'il l'est dans d'autres pays ? La faute au manque d'ampleur des études qui se sont penchées sur le sujet. De plus vastes essais cliniques chez l'homme permettraient d'avoir des niveaux de preuve suffisants, de voir si les effets du jeûne thérapeutique sont durables et de savoir quel protocole médical pourrait être mis en place pour une maladie donnée dans le cas où les résultats seraient concluants.
Jeûne thérapeutique et cancer
Jeûne thérapeutique maladies Le jeûne thérapeutique aurait un rôle dans la prévention du cancer et de ses récidives. Il apparaît qu'il pourrait aussi être efficace comme traitement adjuvant du cancer, en parallèle des traitements conventionnels. Des études menées chez l'animal par l'équipe du biochimiste américain Valter Longo, à l'Université de Californie à Los Angeles 1, ont ainsi montré que de courtes périodes de jeûne entraînaient une réduction du processus tumoral et augmentait la sensibilité des cellules cancéreuses à la chimiothérapie, en plus de diminuer la sensibilité des cellules normales au stress.
Cet effet (observé chez l'animal, rappelons- le) s'expliquerait par le fait que le jeûne bloque les facteurs de croissance tumorale : le glucose, carburant de prédilection des cellules cancéreuses, et l' insuline se font rares dans les tissus d'une personne qui jeûne, ce qui entraîne une diminution du taux des IGF1 (facteurs de croissance de la tumeur) et rend la cellule cancéreuse plus vulnérable à la chimiothérapie. Les cellules saines, quant à elles, se mettent en mode de "survie" endiminuant leur dépense énergétique. Ce mode pourrait ainsi expliquer la diminution des effets secondaires de la chimiothérapie (fatigue, nausées, diarrhée...).
Une étude à large échelle sur des malades atteints de cancer et jeûnant sur de courtes périodes pendant leur chimiothérapie est en cours, les premiers résultats de celle-ci seront publiés en 2014. De nombreux points resteront à éclaircir avant de considérer le jeûne comme l'un des traitements possibles du cancer, si les études chez l'homme prouvent leur efficacité thérapeutique.
Peut-on anticiper des profils de personnes susceptibles de profiter d'un jeûne thérapeutique comme thérapie adjuvante du cancer ? Quel devrait être le protocole ? Quelle serait la durée optimale d'un jeûne pour une personne atteinte de cancer ? Quels sont les compléments alimentaires,vitamines et minéraux, qui pourraient agir en synergie avec le jeûne comme thérapie adjuvante du cancer ?
Autant de questions qui restent à résoudre, particulièrement importantes dans le cas une telle maladie dont les traitements peuvent entraîner une grave dénutrition. Jeûne thérapeutique, obésité et diabète Selon les dernières recherches médicales 2, le jeûne permettrait une perte de poids, mais celle-ci ne se maintiendrait que si la cure est suivie d'un régime alimentaire. Il apparaît également que, dans le cas d' obésité, des jeûnes courts et répétés (jeûnes fractionnés) soient les plus efficaces pour lutter contre le surpoids.
D'autres recherches dirigées par Andreas Michalsen, à l'Hôpital de la Charité à Berlin, menées sur l'homme et pas encore achevées, se penchent actuellement sur le traitement du syndrome métabolique. Elles suggèrent que le diabète de type 2 peut être amélioré par le jeûne et que certaines personnes pourraient même arrêter leur traitement après plusieurs cures. Explication avancée à cet effet : le jeûne améliorerait la sensibilité à l'insuline.
Là-encore, il faut attendre la publication définitive de l'équipe d'Andreas Michalsen avant d'avancer de quelconques affirmations. Des études réalisées sur des cohortes importantes font encore défaut sur ce sujet et il manque un suivi à long terme des patients pour vraiment avancer que le jeûne puisse être un traitement du diabète de type 2.
Jeûne thérapeutique et maladies inflammatoires
Une méta-analyse de 31 études 3 a regroupé les connaissances actuelles sur le jeûne et ses effets anti-inflammatoires. Les mécanismes expliquant cet effet sont complexes et encore inexpliqués. Le recueil des 31 publications a nuancé cet effet, en montrant qu'il était de courte durée.
Ainsi, l'inflammation et les symptômes qui l'accompagnent reviennent lentement après la rupture du jeûne. Par contre, deux autres études 4 démontrent que si le jeûne seul a une valeur thérapeutique limitée, la réduction de l'activité de la maladie par le jeûne encouragerait les patients à suivre un régime restrictif, donc à prolonger les effets anti-inflammatoires potentiels.
Maladies cardiovasculaires et jeûne thérapeutique
Le jeûne diminuerait les facteurs de risque cardiovasculaire, dont ceux de l' hypertension artérielle. Plusieurs études 9 suggèrent qu'un jeûne hydrique supervisé permettrait d'obtenir une normalisation de la tension. Cependant, on ignore encore si cet effet est durable.
Une étude rétrospective de 1985 à 1997 10, portant sur 174 patients souffrant d'hypertension artérielle, a montré que 90 % d'entre eux avaient réussi à rétablir une tension artérielle plus basse après un jeûne d'une durée de 10 à 11 jours. Onze patients prenant une thérapie anti-hypertensive ont ainsi pu arrêter leur traitement. 42 patients de l'étude ont été suivis sur 27 semaines après le jeûne : leurs chiffres tensionnels sont restés bons.
ces données restent encore insuffisantes pour affirmer que l'effet se poursuit à long terme. Une étude serbe récente menée sur une cohorte de 108 personnes a donné des résultats similaires 11 : les patients ont jeûné durant 3 semaines, ils ont perdu du poids (environ 13 kilos) et ont vu leurs taux de cholestérol total, de LDLcholestérol (mauvais cholestérol), de triglycérides et d'insulinémie diminuer.
Le jeûne a amélioré à court terme tous ces facteurs de risque cardiovasculaire. Un tel effet serait dû à plusieurs facteurs : perte de poids, contrôle de l'hyperinsulinisme, réduction du système nerveux sympathique...
Les différentes recherches sur les effets du jeûne sur la santé, dans le cadre de pathologies, sont encore à l'état embryonnaire. Même si elles sont nombreuses à aller dans le même sens, associant au jeûne des bienfaits thérapeutiques lorsqu'il est associé à un traitement conventionnel, des cohortes de plus grande échelle et un plus grand recul sera nécessaire pour convaincre l'ensemble de la communauté médicale.
Anne-Sophie Glover-Bondeau


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