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5 octobre 1988, le jour où l'Etat-Nation a failli sombrer !
Premier « printemps arabe »
Publié dans Le Midi Libre le 06 - 10 - 2014

5 octobre 1988-5 octobre 2014 : 26 ans déjà ! Le 5 octobre 1988, Alger et diverses régions du pays ont vécu des journées de protestations sanglantes. Les jeunes sont sortis dans la rue pour crier leur ras-le-bol et pour réclamer plus de libertés et de droits civiques.
5 octobre 1988-5 octobre 2014 : 26 ans déjà ! Le 5 octobre 1988, Alger et diverses régions du pays ont vécu des journées de protestations sanglantes. Les jeunes sont sortis dans la rue pour crier leur ras-le-bol et pour réclamer plus de libertés et de droits civiques.
Bilan officiel de ces journées sombres de l'histoire de l'Algérie : 169 morts et des centaines de blessés. Des infrastructures publiques saccagées. Au-delà des dégâts humains et matériels, les Algériens ont entamé une nouvelle ère politique au lendemain de ces tragiques évènements.
Ouverture politique, multipartisme, luttes syndicales et naissance de la presse indépendante, des acquis conquis grâce à la lutte et aux sacrifices consentis par des jeunes le 5 octobre. En somme un « printemps arabe» bien avant le rendez-vous avec l'histoire des peuples tunisien, égyptien ou libyen. Ce fut un des tournants majeurs de l'histoire.
Les conséquences politiques, mais aussi sociales et économiques, se font encore sentir aujourd'hui. Des facteurs endogènes et exogènes ont concouru à faire de ce jour le jour de révolte des Algériens contre l'ordre établi. Le parti FLN, parti unique, un Etat dans l'Etat régentait la vie nationale. Il avait la main mise sur toutes les institutions et dirigeait de ce fait le pays d'une main de fer dans un gant de velours. Aucune contestation politique ni sociale n'était tolérée. Une chape de plomb assombrissait l'horizon.
Et pour ajouter à ce tableau pessimiste, l'été 1988 fut l'un des plus pénibles des années 80. Une canicule persistante, mettant à rude épreuve les nerfs des Algériens à laquelle viennent s'ajouter les coupures d'eau de plusieurs jours dans la plupart des grandes villes du pays et des pénuries de produits alimentaires de base et ses effets collatéraux caractérisées par une flambée des prix : la population est plus qu'excédée, au bord de l'explosion.
Il ne manquait que la petite étincelle pour allumer le brasier. Sur le plan politique, ce n'est guère mieux. La situation est très tendue. Les Algériens sont conscients que les jours qui viennent seront fortement « perturbés ». Les signes avant-coureurs sont là. L'Algérie, dont les revenus extérieurs proviennent à 99 % de la vente d'hydrocarbures, est frappée de plein fouet par le contre-choc pétrolier. Deux ans plus tôt, les émeutes de Constantine n'ont pas été une « expérience » pour le pouvoir qui s'est « endormi » dans un statu quo mortifère.
Le cri des Constantinois n'a pas été entendu par les tenants du pouvoir qui n'a pas perçu les coups de semonces à leur juste valeur. Le 19 septembre 1988, le président Chadli, qui personnifiait la sagesse et un calme olympien, prononce un violent discours en dénonçant les « blocages » et, surtout, s'en prend à un peuple, « passif », selon lui.
Est-ce un appel à l'insurrection ? De nombreux analystes l'ont suggéré à cet époque. Il reste que dès le lendemain, la rue algérienne gronde et l'agitation sociale s'amplifie notamment dans les centres industriels de Rouiba de la banlieue est d'Alger. A partir du 30 septembre, des rumeurs annoncent une « grève générale » pour le 5 octobre. Le 4 octobre, à Alger, des émeutes de jeunes embrasent les quartiers populaires d'El-Harrach et de Bab-el-Oued.
Très vite, l'agitation gagne tout le pays qui sombre dans le chaos pour plusieurs jours. Des magasins étatiques (Souks El Fellah et Monoprix, symboles de la pénurie des produits de base et du passe droit) sont pillés avant d'être saccagés et incendiés, ministères, symboles du FLN de la Hogra et organismes publics subissent le même sort. Les jours suivants ne sont que sang et pleurs pour les familles algériennes meurtries dans leur chair. Au bout de quelques jours le calme revient. Le président Chadli engage le train de réformes politiques qu'il avait promis.
Le 23 février 1989, une nouvelle Constitution est approuvée par les électeurs (73 % des suffrages) qui autorise le multipartisme et met fin au socialisme. Une centaine de partis politiques se créent, les opposants rentrent au pays, la presse indépendante fait son apparition et la chaîne de télévision algérienne découvre les débats contradictoires.
Sur le plan économique, les réformateurs font passer plusieurs lois d'importance qui consacrent notamment l'ouverture du marché algérien et l'appel aux Investissements directs étrangers (IDE). De grands acquis pour le peuple algérien, sevré depuis l'indépendance du pays de certaines de ses libertés. Il reste que jusqu'à ce jour des interrogations demeurent. Est-ce le ras-le-bol de la population, a exacerbé durant tout l'été 1988, qui a été la raison de ce soulèvement ?
Le discours de Chadli est-il pour quelque chose dans les événements d'octobre ou est-ce les réformateurs qui ont provoqué ces émeutes pour faire passer les « réformes » sans résistances ? L'Algérie a-t-elle été déstabilisée pour le rôle qu'elle a joué dans la préparation du Congrès de l'OLP qui aboutira à la création de l'Etat Palestinien ? C'est une autre page de l'histoire de l'Algérie qu'il faudra encore écrire pour dire la vérité sur ces journées durant lesquelles l'Etat-Nation a failli sombrer.
Bilan officiel de ces journées sombres de l'histoire de l'Algérie : 169 morts et des centaines de blessés. Des infrastructures publiques saccagées. Au-delà des dégâts humains et matériels, les Algériens ont entamé une nouvelle ère politique au lendemain de ces tragiques évènements.
Ouverture politique, multipartisme, luttes syndicales et naissance de la presse indépendante, des acquis conquis grâce à la lutte et aux sacrifices consentis par des jeunes le 5 octobre. En somme un « printemps arabe» bien avant le rendez-vous avec l'histoire des peuples tunisien, égyptien ou libyen. Ce fut un des tournants majeurs de l'histoire.
Les conséquences politiques, mais aussi sociales et économiques, se font encore sentir aujourd'hui. Des facteurs endogènes et exogènes ont concouru à faire de ce jour le jour de révolte des Algériens contre l'ordre établi. Le parti FLN, parti unique, un Etat dans l'Etat régentait la vie nationale. Il avait la main mise sur toutes les institutions et dirigeait de ce fait le pays d'une main de fer dans un gant de velours. Aucune contestation politique ni sociale n'était tolérée. Une chape de plomb assombrissait l'horizon.
Et pour ajouter à ce tableau pessimiste, l'été 1988 fut l'un des plus pénibles des années 80. Une canicule persistante, mettant à rude épreuve les nerfs des Algériens à laquelle viennent s'ajouter les coupures d'eau de plusieurs jours dans la plupart des grandes villes du pays et des pénuries de produits alimentaires de base et ses effets collatéraux caractérisées par une flambée des prix : la population est plus qu'excédée, au bord de l'explosion.
Il ne manquait que la petite étincelle pour allumer le brasier. Sur le plan politique, ce n'est guère mieux. La situation est très tendue. Les Algériens sont conscients que les jours qui viennent seront fortement « perturbés ». Les signes avant-coureurs sont là. L'Algérie, dont les revenus extérieurs proviennent à 99 % de la vente d'hydrocarbures, est frappée de plein fouet par le contre-choc pétrolier. Deux ans plus tôt, les émeutes de Constantine n'ont pas été une « expérience » pour le pouvoir qui s'est « endormi » dans un statu quo mortifère.
Le cri des Constantinois n'a pas été entendu par les tenants du pouvoir qui n'a pas perçu les coups de semonces à leur juste valeur. Le 19 septembre 1988, le président Chadli, qui personnifiait la sagesse et un calme olympien, prononce un violent discours en dénonçant les « blocages » et, surtout, s'en prend à un peuple, « passif », selon lui.
Est-ce un appel à l'insurrection ? De nombreux analystes l'ont suggéré à cet époque. Il reste que dès le lendemain, la rue algérienne gronde et l'agitation sociale s'amplifie notamment dans les centres industriels de Rouiba de la banlieue est d'Alger. A partir du 30 septembre, des rumeurs annoncent une « grève générale » pour le 5 octobre. Le 4 octobre, à Alger, des émeutes de jeunes embrasent les quartiers populaires d'El-Harrach et de Bab-el-Oued.
Très vite, l'agitation gagne tout le pays qui sombre dans le chaos pour plusieurs jours. Des magasins étatiques (Souks El Fellah et Monoprix, symboles de la pénurie des produits de base et du passe droit) sont pillés avant d'être saccagés et incendiés, ministères, symboles du FLN de la Hogra et organismes publics subissent le même sort. Les jours suivants ne sont que sang et pleurs pour les familles algériennes meurtries dans leur chair. Au bout de quelques jours le calme revient. Le président Chadli engage le train de réformes politiques qu'il avait promis.
Le 23 février 1989, une nouvelle Constitution est approuvée par les électeurs (73 % des suffrages) qui autorise le multipartisme et met fin au socialisme. Une centaine de partis politiques se créent, les opposants rentrent au pays, la presse indépendante fait son apparition et la chaîne de télévision algérienne découvre les débats contradictoires.
Sur le plan économique, les réformateurs font passer plusieurs lois d'importance qui consacrent notamment l'ouverture du marché algérien et l'appel aux Investissements directs étrangers (IDE). De grands acquis pour le peuple algérien, sevré depuis l'indépendance du pays de certaines de ses libertés. Il reste que jusqu'à ce jour des interrogations demeurent. Est-ce le ras-le-bol de la population, a exacerbé durant tout l'été 1988, qui a été la raison de ce soulèvement ?
Le discours de Chadli est-il pour quelque chose dans les événements d'octobre ou est-ce les réformateurs qui ont provoqué ces émeutes pour faire passer les « réformes » sans résistances ? L'Algérie a-t-elle été déstabilisée pour le rôle qu'elle a joué dans la préparation du Congrès de l'OLP qui aboutira à la création de l'Etat Palestinien ? C'est une autre page de l'histoire de l'Algérie qu'il faudra encore écrire pour dire la vérité sur ces journées durant lesquelles l'Etat-Nation a failli sombrer.


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