Ligue 1 : Paris se ressaisit et s'impose face à Nice    Sabri Boukadoum entame une visite de travail à Bamako    Nice : Atal et Gouiri titulaires face au PSG    Ligue 1-reprise des entraînements: les clubs voient enfin le bout du tunnel    Des robes noires s'insurgent contre les procès à distance    "Mes vérités..."    Plus de 50 milliards de dinars de perte    La justice à la recherche des complices de Haddad    Tebboune installe une commission pour l'amender    Un "casus belli" technologique nommé TikTok    Gloire à l'ANP et gratitude envers l'Armée rouge !    Manifestations pour plus de démocratie    Des opposants poursuivis pour terrorisme    Une nouvelle vague d'anciens ministres concernée    Liberté de dire. Toujours !    "Libérez Drareni, libérez tous les détenus d'opinion"    Ce que prévoit la note du MJS    Benlamri proche de Getafe    Mort d'un conducteur suite au renversement de son camion    Le flou persiste et inquiète les concernés    6 décès et 210 nouveaux cas en 24 heures    Fin prêtes pour accueillir les étudiants    Les cafés littéraires dénoncent et condamnent    Jimi Hendrix, mythes et légendes marocaines 50 ans après sa mort    Appel à la solidarité au profit des démunis    L'Algérie participera à l'édition BFM du Limousin    Le numérique, un geste barrière efficace ?    Plus de 4000 logements à attribuer avant la fin de l'année    Le projet de la cité des 1000 logements «dégommé»    Tikjda : Encore des feux de forêt    Match amical Algérie – Cameroun aux Pays-Bas    Automobile : Une plateforme numérique de préinscription dédiée aux opérateurs    Etats-Unis et Chine : duel à distance    Où est l'Algérie ?    Caricatures... indigènes : le décryptage d'Alain Ruscio    Lettres de mon moulin anonyme !    Le mouvement El Islah décide de voter "Oui" au référendum du 1e novembre    Paradou AC: Le meilleur est à venir    IRB Sougueur: Mohamed Benhalima nouveau président    Il avait intenté une autre action contre l'Algérie: Sawiris de nouveau débouté dans l'affaire Djezzy    Offres et avantages de la CNAS: Une caravane de sensibilisation dans les zones d'ombre    Tlemcen: Une question de conformité    BRAVADE AVEUGLE    LE «KOURSI» FANTASME    Une "étape cruciale" pour Chanegriha    "Nous n'importerons aucun vaccin qui ne soit pas pré-qualifié OMS"    L'ONU salue la décision de Fayez al-Sarraj de démissionner    Israël : le «pacte d'Abraham» et la trahison des émirs    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





La science du soufisme
4e colloque international au CNRPAH à Alger
Publié dans Le Midi Libre le 09 - 09 - 2007

Le CNRPAH (Centre national de recherche en préhistoire, anthropologie et histoire) organise le quatrième colloque au siège du ministère de l'Energie et des Mines avec pour thème : exotérisme, mésotérisme, ésotérisme ; c'est-à-dire la loi ou chariaa, la voie ou tarîqa, la foi ou haqiqa.
Cette œuvre au long cours a commencé en 2004 à Mostaganem, 2005 à Tlemcen, 2006 à Béjaïa. On perçoit dans le document de présentation du colloque d'Alger que le processus de maîtrise du phénomène est constamment corrigé en fonction des étapes franchies lors de chaque colloque.
Nous disons phénomène alors que les organisateurs vont bien au-delà en s'assignant le but de délimiter un champ, un domaine propre au soufisme dans toutes ses manifestations. «Nous désirons que l'action soit mise sur l'impact que produit le cheminement soufi dans l'individu et dans l'univers, au passé comme au présent, en inscrivant cet ensemble dynamique que forme la triade susmentionnée charia, tarîqa, haqiqa. Il s'agit aussi de dégager les modalités de fonctionnement, les mécanismes de transfert et les conditions de franchissement de ces différentes phases d'initiation, ainsi qu'à en déduire des outils, des méthodologies et des concepts en terme d'analyse de ce phénomène».
Ce projet est rien moins que fonder une discipline scientifique qui serait l'aboutissement de ces quatre colloques ; une discipline qui serait la science du soufisme.
Il est bien affirmé dans la présentation que «le soufisme «fonctionne» comme une super-science qui doit se garder des insuffisances de la sociologie dont les outils sont réduits ou dépassés ; des risques de schématisation et de l'idéologisation inhérents aux usages des sciences politiques. Il s'agit d'un sursaut sur le chemin perfectible exigeant des sciences humaines en général et de l'anthropologie en particulier».
C'est pourquoi trois nécessités s'imposent : l'ancrage décisif et immuable dans les logiques d'objectivité , la définition des règles de transversalité, les limites de pluridisciplinarité.
La modernité de la démarche ne fait aucun doute mais la tenue de colloques, même de haut niveau, fait-elle des organisateurs des fondateurs d'écoles de recherche ?
On sent aussi une légère tentation de jouer à l'opportuniste du fait de la manifestation Alger, capitale de la culture arabe. Ce n'est certainement qu'un effet d'aubaine quoique l'ancrage soufi à Alger est très profond aujourd'hui surtout en termes d'expressions extatiques.
La mise en forme du projet a nécessité un formidable investissement intellectuel de chercheurs tant algériens que ceux des pays arabes et musulmans, avec une mention particulière pour les chercheurs des ex-républiques soviétiques à dominance islamique dans le Caucase où de nombreuses confréries soufies sont nées sous le joug colonial puis se sont maintenues malgré les matérialismes enseignés…
Il y a eu plusieurs dizaines de communicants, plus d'une centaine pour les trois premiers colloques. On en compte près de 50 pour celui-ci. Cela démontre que ce sujet intéresse très largement des chercheurs du monde entier : ceux des anciens états soumis par les Ottomans, l'Irak du sud comme matrice de tous ces mouvements mystiques aux multiples expressions «artistiques» : danse, chant, musique, calligraphie, etc. La proximité du soufisme avec le bouddhisme et l'une de ses philosophies zen sont étudiées par de nombreux spécialistes.
Quelle que soit l'opinion, il est important que le soufisme soit étudié débarrassé du maraboutisme ignare ayant perdu tout contact avec les origines et l'essence même du soufisme.
Sait-on seulement que des Soufis ont atteint des états où le doute a surgi, d'autres ont découvert le matérialisme, d'autres encore l'agnosticisme ?
Le colloque nous dira où va le soufisme et quelles sont ses manifestations modernes. En tout état de cause, il serait dangereux d'oublier les grands noms du soufisme : Ibn Arabi, El Ghazali, Shahraouerdi, Ibn Rochd et El Hallaj ni d'occulter les apports aux sciences et aux pratiques culturelles, plus dangereux encore de réduire la quête de Sidi Abderrahmane et de Sidi M'hamed à une mystification. Ce qui fascine, interpelle, dérange c'est la puissante énergie cosmique reconnue au soufisme.
Globale, encyclopédique, historique et philosophique ces approches du soufisme suffiront-elles pour une re-évolution de l'Islam aux temps actuels ? L. O.
Le CNRPAH (Centre national de recherche en préhistoire, anthropologie et histoire) organise le quatrième colloque au siège du ministère de l'Energie et des Mines avec pour thème : exotérisme, mésotérisme, ésotérisme ; c'est-à-dire la loi ou chariaa, la voie ou tarîqa, la foi ou haqiqa.
Cette œuvre au long cours a commencé en 2004 à Mostaganem, 2005 à Tlemcen, 2006 à Béjaïa. On perçoit dans le document de présentation du colloque d'Alger que le processus de maîtrise du phénomène est constamment corrigé en fonction des étapes franchies lors de chaque colloque.
Nous disons phénomène alors que les organisateurs vont bien au-delà en s'assignant le but de délimiter un champ, un domaine propre au soufisme dans toutes ses manifestations. «Nous désirons que l'action soit mise sur l'impact que produit le cheminement soufi dans l'individu et dans l'univers, au passé comme au présent, en inscrivant cet ensemble dynamique que forme la triade susmentionnée charia, tarîqa, haqiqa. Il s'agit aussi de dégager les modalités de fonctionnement, les mécanismes de transfert et les conditions de franchissement de ces différentes phases d'initiation, ainsi qu'à en déduire des outils, des méthodologies et des concepts en terme d'analyse de ce phénomène».
Ce projet est rien moins que fonder une discipline scientifique qui serait l'aboutissement de ces quatre colloques ; une discipline qui serait la science du soufisme.
Il est bien affirmé dans la présentation que «le soufisme «fonctionne» comme une super-science qui doit se garder des insuffisances de la sociologie dont les outils sont réduits ou dépassés ; des risques de schématisation et de l'idéologisation inhérents aux usages des sciences politiques. Il s'agit d'un sursaut sur le chemin perfectible exigeant des sciences humaines en général et de l'anthropologie en particulier».
C'est pourquoi trois nécessités s'imposent : l'ancrage décisif et immuable dans les logiques d'objectivité , la définition des règles de transversalité, les limites de pluridisciplinarité.
La modernité de la démarche ne fait aucun doute mais la tenue de colloques, même de haut niveau, fait-elle des organisateurs des fondateurs d'écoles de recherche ?
On sent aussi une légère tentation de jouer à l'opportuniste du fait de la manifestation Alger, capitale de la culture arabe. Ce n'est certainement qu'un effet d'aubaine quoique l'ancrage soufi à Alger est très profond aujourd'hui surtout en termes d'expressions extatiques.
La mise en forme du projet a nécessité un formidable investissement intellectuel de chercheurs tant algériens que ceux des pays arabes et musulmans, avec une mention particulière pour les chercheurs des ex-républiques soviétiques à dominance islamique dans le Caucase où de nombreuses confréries soufies sont nées sous le joug colonial puis se sont maintenues malgré les matérialismes enseignés…
Il y a eu plusieurs dizaines de communicants, plus d'une centaine pour les trois premiers colloques. On en compte près de 50 pour celui-ci. Cela démontre que ce sujet intéresse très largement des chercheurs du monde entier : ceux des anciens états soumis par les Ottomans, l'Irak du sud comme matrice de tous ces mouvements mystiques aux multiples expressions «artistiques» : danse, chant, musique, calligraphie, etc. La proximité du soufisme avec le bouddhisme et l'une de ses philosophies zen sont étudiées par de nombreux spécialistes.
Quelle que soit l'opinion, il est important que le soufisme soit étudié débarrassé du maraboutisme ignare ayant perdu tout contact avec les origines et l'essence même du soufisme.
Sait-on seulement que des Soufis ont atteint des états où le doute a surgi, d'autres ont découvert le matérialisme, d'autres encore l'agnosticisme ?
Le colloque nous dira où va le soufisme et quelles sont ses manifestations modernes. En tout état de cause, il serait dangereux d'oublier les grands noms du soufisme : Ibn Arabi, El Ghazali, Shahraouerdi, Ibn Rochd et El Hallaj ni d'occulter les apports aux sciences et aux pratiques culturelles, plus dangereux encore de réduire la quête de Sidi Abderrahmane et de Sidi M'hamed à une mystification. Ce qui fascine, interpelle, dérange c'est la puissante énergie cosmique reconnue au soufisme.
Globale, encyclopédique, historique et philosophique ces approches du soufisme suffiront-elles pour une re-évolution de l'Islam aux temps actuels ? L. O.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.