Auteure de Six ans au maquis paru aux éditions El Kalima, Yamina Cherrad Bennaceur rend un hommage appuyé à la femme rurale. Son rôle, dit-elle, a été primordial dans la lutte pour l'indépendance de l'Algérie. Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Grand moment d'émotion hier au forum d'El Moudjahid. Yamina Cherrad Bennaceur était l'invitée du forum El Moudjahid, l'occasion pour elle d'évoquer un long parcours de maquisarde. Les présents ont pu écouter avec attention son récit mais également son hommage appuyé aux femmes rurales qui ont été, dit-elle, d'un grand apport lors de la guerre de Libération. L'auteure raconte dans son ouvrage qu'elle avait grandi dans une famille nationaliste et comment elle avait été marquée par les événements du 8 Mai 1945. Elle avait à l'époque neuf ans. Par la suite, dit-elle, son parcours scolaire lui a permis d'obtenir un diplôme d'infirmière. En 1954, dit-elle, alors qu'elle exerçait en tant qu'infirmière à l'hôpital, elle a pu constater le traitement qui était réservé aux maquisards. C'est ainsi qu'animée de cette flamme, elle rejoint le maquis où les années les plus difficiles, dit-elle, étaient celles entre 1958 et 1960. Elle raconte avec émotion le décès de son époux au moment où elle attendait son premier enfant. C'est avec celui-ci dans les bras qu'elle retourne au maquis. Avec une pointe d'amertume, elle regrette néanmoins que le présent soit souvent «décevant» et que les jeunes s'intéressent peu à l'histoire. Fouad Soufi, chercheur au Crasc, a tenu à remercier l'auteure pour le travail accompli. Il estime que ce qui est intéressant dans ce livre, c'est de découvrir la vie de Yamina Cherrad Bennacer avant, pendant et après le maquis. Elle y retrace, en effet, son parcours avec une grande émotion. Fouad Soufi regrette, cependant, que «les femmes soient restées longtemps la face cachée de l'histoire» et que leurs écrits soient si peu nombreux, ajoutant que leur silence est inversement proportionnel à leur engagement. Tour à tour, l'assistance a rendu un grand hommage à la maquisarde qui a fait part de son vœu de voir son livre traduit en arabe. Certains ont même émis le vœu de voir ce livre servir de support aux cours d'histoire dans les écoles. Une distinction offerte par les Douanes algériennes a été décernée à Yamina Cherrad Bennacer. N. I.