Boukadoum reçoit le nouvel ambassadeur de Corée en Algérie    Opep+: la Russie appelle tous les pays membres à respecter le taux maximal de conformité    Cession des biens immobiliers de l'Etat: plus de 747.000 dossiers régularisés    Régularisation foncière: une priorité de l'Etat    Mostaganem: 5 personnes secourues et 4 corps sans vie repêchés en mer    L'ALGERIE, UN MONDE À L'ENVERS.    Khaled Drareni emprisonné : la liberté d'expression condamnée à Alger.    Covid-19: 228 nouveaux cas, 158 guérisons et 9 décès    Médéa: un individu arrêté pour trafic illicite de munitions réelles    JO: publication du décret présidentiel portant convocation du corps électoral    Abderrahmane Hammad prend ses fonctions à la tête du Comité olympique et sportif algérien    Sensibilisation des jeunes issus des zones d'ombre    13,4 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire et de protection, selon l'ONU    Le Bébête Show, version élections US    Le chef des ex-Farc confesse «haïr» son organisation pour les atrocités commises    Révision constitutionnelle: L'Initiative des forces nationales de réforme appelle à une "large" participation au débat et au vote    Le dernier délai fixé au 5 octobre    Neghiz plaide la cause de Mebarakou    Recours introduit pour la sanction de Mellal    Plaidoyer pour la dissolution de l'APN    Le verdict reporté au 23 septembre    Régime sec    75 permis de chasse délivrés    Les commerçants en colère demandent la réouverture du marché    Plus de 668 000 têtes à vacciner    Signature de six conventions avec Algérie Poste    La renaissance de Mohammed Dib, le Simorgh    Le 11 septembre oublié ?    Des critères de diversité pour la catégorie «meilleur film» aux Oscars    Tizi Ouzou : Les distributeurs de lait saisissent les autorités    Crise syrienne : Trump reconnaît avoir envisagé d'«éliminer» Al Assad    Les non-dits    Mahrez a repris les entraînements    Vers l'abolition du règlement de Dublin sur les demandes d'asile    La France regrette que le gouvernement ne soit toujours pas formé    CORONA, l'ennemi sans nom    La fille des Aurès    La traditionnelle nouba de la rentrée de Lila Borsali passe au virtuel    Religion et politique : pourquoi craignons-nous la traduction ?    Plaidoyer pour la reconnaissance officielle de la darija    USM Bel-Abbès: Les supporters réclament une société nationale    La Protection civile dresse son bilan: Plus de 7 millions d'estivants et 7 noyades depuis le 15 août    Quatrième périphérique: Deux morts et deux blessés graves dans un accident    Paix et subterfuges    Détournement, dilapidation de deniers publics...: 8 ans de prison pour Ould-Abbès et 4 pour Barkat    Au boulot, citoyens !    Le procès en appel de Mahieddine Tahkout reporté    Les promesses du ministre des Finances    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Caïd Essebsi : le sens d'un adieu
Publié dans Le Soir d'Algérie le 28 - 07 - 2019

De ces funérailles, on aura d'abord retenu le formidable recueillement des Tunisiens dans l'apaisement. Cette sérénité, omniprésente depuis le décès il y a quelques jours du président Béji Caïd Essebsi, on la retient d'abord parce qu'elle est parfaitement visible, mais surtout parce qu'elle a certainement un sens profond. Elle tranche avec les agitations de masse qu'on observe systématiquement en pareilles circonstances dans cette sphère fantasmatique appelée le «monde arabe» et dans la profondeur africaine. Ces agitations cachent souvent des déficits de légitimité plutôt qu'elles n'apportent la preuve de la popularité des dirigeants de ces pays, de leur vivant comme à l'occasion de leur disparition. Et si les peuples arabes et africains ont assisté hier à des adieux «normaux» des dirigeants et des citoyens tunisiens à leur président, ce n'est pas dans le rapport à la mort qu'il faut chercher l'explication mais dans la vie d'un petit pays bien seul… dans son cas. Oui, les choses sont aussi simples : la Tunisie est une démocratie. Encore fragile mais une démocratie tout de même. Et des démocraties, le moins qu'on puisse dire est qu'il n'y en a pas beaucoup autour d'elle, du moins pas dans ce qu'on lui a désigné comme ensemble d'appartenance géoculturelle. La Tunisie vient de faire ses adieux à son premier président démocratiquement élu et c'est d'abord ça qui a fait la sérénité et la retenue dans la cérémonie officielle comme dans l'attitude de l'accompagnement citoyen. Ni le gouvernement tunisien, ni les partisans, ni la famille de Béji Caïd Essebsi n'ont besoin de démontrer la popularité du défunt : il est élu et ça suffit à inspirer le respect dû à son rang de chef d'Etat, surtout à l'occasion de sa mort. Même en restant dans la morale ordinaire, on se rend compte que ce sont les démocraties et non les pouvoirs totalitaires qui inspirent la courtoisie ! Autre raison sans doute qui a fait de ces funérailles nationales un adieu émouvant dans sa tranquillité , il n'y avait aucune inquiétude immédiate à en attendre : la démocratie a aussi cette vertu de rassurer. D'abord parce qu'elle a commencé par éloigner les vieux démons de la tentation putschiste. Ensuite parce qu'elle a fixé le modus operandi institutionnel de la continuité de l'Etat : un chef de l'Etat intérimaire et une élection à court terme. Il ne viendra à l'esprit de personne d'envisager une autre voie. Dernière raison qui a fait que ces funérailles soient différentes de celles qu'on a l'habitude de voir là où on sait : tous les Tunisiens ne sont pas des partisans d'Essebsi, sinon la Tunisie ne serait pas une démocratie et il aurait eu un enterrement enflammé, avec son lot de femmes et d'hommes en transe, son folklore, ses hommages obséquieux et ses larmes de crocodile. Des funérailles de dictateur, quoi.
S. L.

Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.