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Est-il possible de squatter le perchoir du Sénat ?
Publié dans Le Soir d'Algérie le 01 - 02 - 2020

A partir d'un certain âge, entendons-nous dire parfois, la perte de la mémoire confère une seconde jeunesse. Certes l'intéressé s'aperçoit bien qu'il n'a plus tout à fait vingt ans. Mais du passé, il fait si allègrement table rase, qu'une vie nouvelle semble devant lui. Tel paraît être le cas du vieux moudjahid qu'est Salah Goudjil, dernier président du Sénat, mais par intérim seulement. Celui qui, sous la présidence de Chadli, occupa un poste de ministre mais dont on se souvient surtout de lui comme un indéboulonnable au cadre du FLN.
Une notoriété forgée par la longévité certes mais aussi par ses régulières implications dans les crises que connut le vieil appareil à complots. Autant dire que par sa véritable présence active, il a fini par devenir la référence interne des rouages du parti. Jusqu'à récemment encore, lorsqu'un journaliste voulait traiter correctement des règlements de comptes au sein de la direction de ce parti, le nom de Goudjil venait naturellement sous sa plume tant il vrai que celui-ci n'est jamais absent. Comme de coutume, effectivement, même les militants ont pris l'habitude de se tourner vers ce maître sachant décoder les crises les plus complexes. C'est dire qu'il se forgea une réputation assez suffisante pour lui permettre d'accéder au meilleur traitement en dépit du fait qu'il ait subi bon nombre d'insuccès de la part de sa propre famille politique.
Adoubé par Bouteflika, il s'installa comme sénateur du tiers présidentiel mais pas pour longtemps puisqu'au lendemain d'un renouvellement de mandats, il sera propulsé au siège de premier vice-président sans qu'il eut à passer par l'épreuve du vote. Plus tard, il bénéficiera d'une inimaginable aubaine en avril dernier à la suite du renversement de Bouteflika et au moment où lui-même orchestrait une campagne favorable au cinquième mandat ! C'est ainsi que contre toute logique élémentaire, il sera investi du statut de président de cette Chambre au moment où Bensalah devint chef de l'Etat par intérim. Or, dans le même contexte, une comédie semblable se jouait dans les arcanes du système qui imposa la solution de la fausse transition du 12 décembre à travers laquelle sera assurée une succession présidentielle qui, de fait, allait mettre un terme à toute les fonctions intérimaires. C'est ainsi qu'après le départ de Bensalah et du gouvernement de Bedoui, il fallait, en bonne logique, que le siège du perchoir redevient vacant. Sauf que celui qui l'avait occupé quelques mois trouva à redire à propos de cette procédure. Une fois de plus, le vieux routier de la politique venait de déraper au point de se voir appliquer le terrible adage concernant la « vieillesse » laquelle est perçue comme un indicible « naufrage ».
A tort ou à raison, on lui a justement prêté le souhait de mettre un terme à sa carrière mais avec le titre honorifique de second personnage de l'Etat. Peu importent les propos qui lui furent attribués ici et là car au-delà de l'indignation de ses pairs qui lui reprochent ce genre de transgression, il y a surtout l'ironie assassine de l'opinion qui qualifia de pitoyable l'enfantillage d'un nonagénaire (90 ans !) à vouloir transformer son précaire intérim en titre définitif de « cheikh echyoukh » ! Devenu une personnalité problématique à ce titre-là, son cas serait révélateur d'une sorte de fascination pour l'exercice des pouvoirs, indice précoce vers la mégalomanie. Cela dit, il est certainement difficile de savoir s'il a pu faire la part des choses avant d'inscrire sa contestation dans une campagne d'autopromotion que même ses amis ont qualifiée de « ridicule défi ». Cependant, dans le cas contraire, rien n'interdit de mettre cet acharnement à faire valoir ce droit sur le compte de l'amnésie personnelle. Autrement dit, son agitation ne relèverait au pire que du fait divers. Et si toute chose était égale par rapport à la rocambolesque contestation d'un sénateur et le désastreux discrédit que cette Chambre traîne, l'on doit se demander pourquoi l'accession à son hémicycle suscite-t-elle autant d'attractivité alors qu'elle a toujours incarné la docilité dans ses rapports avec le palais ? A ce sujet, il n'est pas inutile de rappeler que sa création s'inscrivait dans la volonté de brider le pouvoir législatif.
De ce détournement de l'esprit même de la loi organique, les juristes en droit constitutionnel avaient mis en évidence sa nature antidémocratique inspirée des modèles moyen-orientaux où ne siègent que les apparatchiks disposés à toutes les compromissions. Or, en l'état actuel de cette semi-démocratie, l'on se demande si le bicamérisme ne doit pas être remis en question ? En effet, tel qu'en lui-même, le Parlement n'est-il pas un concentré de l'asservissement des délibérations notamment lorsqu'il s'agit des secondes lectures faites par le Conseil de la Nation ? D'ailleurs, le fameux tiers bloquant, qui n'est rien d'autre que la brigade de la censure des débats, n'atteste-t-il pas de ce qu'il y a de pervers dans la différence de statuts au sein d'une même Chambre ? A ce propos, il suffit de sortir des archives du Parlement la fameuse polémique datant de 2011 et dont l'auteur, alors président de l'APN, s'insurgeait contre le fait que ce soit le Sénat qui doit cogiter sur une improbable réforme constitutionnelle. Arguant du fait que l'APN étant une Chambre intégralement élue, elle aurait dû bénéficier de la prééminence sur un Conseil de la Nation partiellement coopté.
L'argument ne manquait pas de pertinence sauf qu'il se contenta de mettre en exergue le caractère injuste du choix quand il fallait insister sur la nature bâtarde d'une Assemblée où même la désignation au perchoir est la chasse gardée du palais. C'est peut-être à cela que pensait le vieux Goudjil qui voudrait forcer la main au nouveau président de la République pour sa désignation à ce poste-là. Mais qui a dit que le moudjahid qu'il est était devenu sénile ?
B. H.


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