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Regards modernes sur la femme
Publié dans Le Soir d'Algérie le 28 - 09 - 2020

En matière religieuse, tout tient parfois dans le détail, et ce détail relève le plus souvent de l'anatomie... féminine et sur certaines parties du corps dont la vue est licite ou illicite. En Egypte, la prédicatrice et douktoura en théologie, Souad Salah, a souvent suscité la controverse, voire de violentes polémiques, avec certaines fatwas pour le moins hardies. Elle s'est illustrée en répliquant à des fatwas complètement fantaisistes, voire loufoques, comme il s'en commet régulièrement dans le monde arabe depuis qu'il porte des œillères. C'est ainsi qu'elle a osé ressortir des vieilles hardes théologiques, enfouies dans les caves du patrimoine des textes oubliés, comme ceux traitant de la zoophilie et la justifiant même. On se souvient de sa réplique à une fatwa qui avait soulevé une certaine émotion, il y a quelques années, lorsqu'un imam d'Al-Azhar avait autorisé un mari à copuler avec sa femme décédée. Le théologien avait repris et affiné, si j'ose dire, une fatwa sur le sujet, venue du Maroc et qui n'était pas sans rappeler un célèbre mot d'ordre attribué aux tabors marocains. La référence à la Seconde Guerre mondiale et au cri de guerre des tabors paraissait d'autant évidente que le cheikh marocain précisait même le temps au-delà duquel la relation n'était plus permise. Avant que la chaleur du corps ne se soit dissipée.
Offusquée par cette «bidaâ» (innovation), attentatoire à la dignité de la femme autant qu'à celle des ennemis, occis par les tabors, Souad Salah avait autorisé à copuler avec les animaux. Comme elle n'est pas une douktoura de pacotille, elle s'appuyait évidemment sur des textes qui existent et dont certains codifient même le devenir des bébés issus de ces unions. Il est question, par exemple, de savoir à qui attribuer le bébé au géniteur ou au propriétaire de l'animal, au cas où ce ne serait pas la même personne, et le théologien opte pour le maître. On notera, au passage, qu'un livre sur la question était même en vente libre, il y a quelques années, dans les librairies tunisiennes et il traitait de «la copulation avec les vieilles et les animaux». Grisée sans doute par ses succès médiatiques, Souad Salah a réinvesti récemment le champ de la fatwa en autorisant un homme qui veut épouser une femme à voir une partie de son corps. Plus précisément, l'homme peut voir les cheveux et la jambe (une jambe seulement) dénudés de la femme désirée, mais à condition qu'il ait réellement l'intention de l'épouser. Mais un petit malin, avec beaucoup de malveillance, a trituré cette fatwa et, usurpant l'identité de Souad Salah sur un réseau social, a déclaré licite de voir la future nue dans son bain.
Bien sûr, l'intéressée a démenti, mais le mal était fait et bien des internautes qui n'attendaient que ça ont dû immédiatement s'attacher à exécuter la fatwa, sans s'arrêter à son authenticité. Cela dit, notre distinguée douktoura s'attache aux textes, y compris les plus douteux et les plus contestables, et elle n'apporte pas une contribution décisive à la rénovation du discours religieux. Comme tous les prédicateurs formatés par le wahhabisme, Souad Salah ne peut faire que dans ce genre de sorties médiatisées et susceptibles surtout de détourner l'opinion des vrais problèmes. L'écrivaine palestinienne Ahlem Akram, qui s'intéresse aux problèmes du harcèlement sexuel et du viol, s'interroge sur la contradiction qu'il y a entre les principes religieux et la réalité. Elle relève l'augmentation effarante des cas de harcèlement et de viol en dépit du renforcement et du durcissement de la législation, depuis 2014, mais les victimes ne déposent pas de plaintes. Et même dans le cas où une femme aurait le courage d'affronter la honte et de porter plainte, comment pourrait-elle prouver le viol, puisqu'il lui faut quatre témoins adultes et musulmans. Comment conçoit-on qu'un viol puisse avoir lieu en présence de quatre témoins, et comment une femme peut-elle déposer plainte sans se voir à son tour accusée d'adultère?
Ahlem Akram rappelle, en effet, que la Constitution égyptienne dispose que l'Islam est la religion de l'Etat et que, depuis Sadate, la Charia est la source unique de toute législation. Ajoutons à cela, dit-elle, le rôle effacé d'une institution comme Al-Azhar qui a tout fait pour enraciner uniquement les codes religieux dans la société et chez les prêcheurs issus de ses rangs. Elle cite ainsi le cas du cheikh Abdallah Rochdi, qu'Al-Azhar présentait comme le «prédicateur modèle de ce siècle qui allait écraser les laïcs et les ennemis du patrimoine». Ce monsieur s'est employé à avilir la femme, à la considérer comme un corps créé pour le plaisir de l'homme, et ses fatwas ne sont que justification ou incitation au harcèlement sexuel. Pour lui, la femme est responsable de ce qui lui arrive, à cause des vêtements qu'elle porte, et parce qu'elle est sortie dans la rue, au lieu des rester chez elle où elle est honorée et respectée. Abdallah Rochdi, c'est lui aussi qui appelle publiquement à l'excision des femmes, en violation des lois internationales et locales, qui criminalisent cette abominable pratique. Tout comme il incite à marier les filles non pubères pour soi-disant les protéger du vice, et qu'il encourage à mettre les femmes en esclavage et à avoir des rapports sexuels avec elles. Bien sûr, Al-Azhar affirme que le prédicateur n'a rien à voir avec l'institution et qu'il ne reflète pas ses idées, mais elle se garde bien de déclarer ses fatwas illicites et de le condamner.
Abdallah Rochdi est, en réalité, un pur produit des enseignements d'Al-Azhar, et il prouve que ni elle ni les autres institutions religieuses ne sont en mesure de changer ce regard sur la femme, conclut Ahlem Akram. Ajoutons, pour conforter ce jugement, ce conseil du recteur Ahmed Tayeb lui-même aux maris qui battent leurs femmes : «Les maris doivent frapper leurs épouses de façon à ne pas leur briser un os, ni blesser un membre.» Tels sont leurs projets pour vous, Mesdames !
A. H.


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