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La semaine des procès en appel à la cour d'Alger
LES FRÈRES KOUNINEF, OULD ABBÈS, BARKAT, TLIBA...
Publié dans Le Soir d'Algérie le 28 - 11 - 2020

Trois procès en appel des anciens partisans et protégés du régime de Bouteflika sont programmés pour cette semaine à la cour d'Alger. Il s'agit de celui des deux anciens ministres de la Solidarité, Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat, de celui de l'ancien député d'Annaba, Bahaeddine Tliba et de celui des frères Kouninef dont les affaires se sont multipliées et prospérées durant le règne du Président déchu. Chaque affaire comporte des révélations sur les pratiques douteuses qui ont accompagné le règne de Bouteflika.
Karim Aimeur - Alger (Le Soir) - Chaque dossier raconte une histoire de corruption, de détournement, de malversation pour lesquels les accusés ont été condamnés à de lourdes peines de prison en première instance par le tribunal de Sidi-M'hamed.
Ainsi, demain dimanche 29 novembre, s'ouvrent deux procès en appel : le premier concerne les deux anciens ministres de la Solidarité nationale, Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat, et le second concerne l'ancien député d'Annaba, Bahaeddine Tliba, deux fils d'Ould Abbès et d'autres anciens cadres supérieurs.
Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat sont poursuivis pour détournement et dilapidation de deniers publics, conclusion de marchés en violation de la législation, et abus de fonction lorsqu'ils étaient à la tête du ministère de la Solidarité nationale et de la Famille. Au tribunal de Sidi-M'hamed, les audiences ont dévoilé des pratiques de détournement de deniers publics incroyables. L'argent destiné aux couches défavorisées et aux sinistrés des catastrophes naturelles a été détourné sans état d'âme et Djamel Ould Abbès versait illégalement l'argent du ministère à des associations qu'il présidait lui-même. La partie civile avait fait état d'un montant dépassant les 1 850 milliards de centimes, dont ont bénéficié 4 associations présidées par l'ancien ministre de la Solidarité, Ould Abbès, sachant que le recours à ces associations et organisations en tant qu'intermédiaires pour superviser l'acquisition des outils et les opérations de solidarité avait pour seul objectif d'éviter le recours aux marchés publics. Les opérations de détournement, révélées par l'accusation, défient tout entendement. Ainsi, sur un total de 157 bus destinés à la wilaya de Ghardaïa, frappée par des inondations, 9 seulement sont parvenus à leur destination. Le reste avait pris un autre chemin. Le montant couvrant l'acquisition des 1 200 ordinateurs destinés aux lauréats du bac, session 2008, a atteint 680 milliards de centimes, dont 226 appareils ont été remis à l'Onec (Office national des examens et concours), et le reste distribué à des personnes qui n'avaient aucun lien avec les catégories bénéficiant des aides de l'Etat. Quelque 1 200 milliards de centimes ont été dilapidés par l'Association de solidarité, de paix et de perspectives (présidée par Ould Abbès) au motif d'organiser un plan bleu et des colonies de vacances au profit des enfants du Sud, mis, finalement, à la disposition d'autres familles, dont des enfants de cadres du ministère, sachant que la loi de ces associations ne confère aucune mission d'organiser ce type d'opérations.
Djamel Ould Abbès et Saïd Barkat ont été condamnés en première instance à des peines respectives de 8 ans et 4 ans de prison ferme avec une amende d'un million de DA chacun.
Comment les listes électorales étaient vendues
Le même jour, soit demain, s'ouvrira un autre procès et non des moindres et qui concerne, cette fois-ci, la corruption politique et la manière dont les listes électorales du parti FLN étaient élaborées. De l'achat des premières places à l'interférence de hauts responsables de l'Etat, le procès de Bahaeddine Tliba dans lequel sont impliqués les fils d'Ould Abbès (ce dernier est cité comme témoin puisqu'il était secrétaire général du parti FLN lors des faits en 2017), a été riche en révélations. L'accusé principal est poursuivi dans le cadre de l'élaboration des listes électorales du parti FLN lors des législatives de 2017, pour « blanchiment d'argent, octroi d'avantages et infraction à la réglementation des changes et des mouvements des capitaux de et vers l'étranger ». Devant le juge du tribunal de Sidi-M'hamed, il avait regretté le fait qu'il soit accusé dans l'affaire alors qu'il était le premier à la déclencher en se plaignant auprès de l'ancien chef des services secrets, Bachir Tartag, du chantage dont il faisait l'objet de la part des enfants de Djamel Ould Abbès pour acheter les têtes de listes. L'ancien député avait affirmé que les têtes de listes étaient « achetées » à plus de sept milliards de centimes et ses déclarations avaient alors suscité une avalanche de réactions, discréditant davantage l'APN issue de ces élections. Djamel Ould Abbès avait révélé que les listes ont été confectionnées par des membres du gouvernement et non par les responsables du parti, à leur tête le Premier ministre de l'époque, Abdelmalek Sellal (actuellement en prison), le ministre de l'Intérieur Noureddine Bedoui (il fait actuellement l'objet d'une procédure judiciaire) et du ministre de la Justice Tayeb Louh (actuellement en détention). Iskander Ould Abbès, fils de l'ancien SG du parti FLN, avait révélé, quant à lui, que Saïd Bouteflika exerçait des pressions sur son père « en l'appelant à 1h du matin, en état d'ivresse, pour lui donner des instructions ».
À l'issue du procès, Bahaeddine Tliba avait été condamné à huit ans de prison ferme et une amende de 8 millions de dinars. Iskander Ould Abbès avait été condamné à 8 ans de prison et une amende de 8 millions de dinars. Son frère, El Wafi Ould Abbès, en fuite, avait écopé d'une peine de 20 ans de prison ferme et un mandat d'arrêt international avait été lancé contre lui. Bouchnak Kheladi, ancien SG du ministère de la Solidarité, recruté par Ould Abbès pour contribuer à l'élaboration des listes électorales, avait été condamné à 2 ans de prison ferme.
Les copains arrosés
Le troisième procès en appel qui s'ouvrira à la cour d'Alger au courant de cette semaine (ce jeudi 2 décembre) est celui des emblématiques frères Kouninef, lourdement condamnés en première instance. On les disait les plus proches et les plus protégés des Bouteflika. C'est cette proximité avec le régime de Bouteflika qui leur avait permis de constituer une énorme fortune, avec à la carte des dizaines de filiales et de projets remportés de manière douteuse, avant que, dans le sillage du Hirak, cela ne leur cause des poursuites pour « trafic d'influence », « blanchiment d'argent », « obtention d'indus avantages», « détournement de foncier et de concessions », et «non-respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics» en plus du «financement occulte de partis politiques». Les deux anciens Premiers ministres, Abdelmalek Sellal et Ouyahia ainsi que plusieurs autres anciens ministres sont cités dans l'affaire.
Le tribunal de Sidi-M'hamed les avait condamnés à des peines allant de 12 à 20 ans de prison ferme avec la saisie des biens à l'intérieur et à l'extérieur du pays et des amendes de 8 millions de DA.
Le tribunal avait condamné Réda à 16 ans de prison ferme, Tarek-Noah à 15 ans de prison ferme et Abdelkader-Karim à 12 ans de prison ferme. Le gérant du groupe KouGC, dont les frères Kouninef sont les propriétaires, Kaddour Ben Tahar, a, quant à lui, été condamné à 8 ans de prison ferme. Leur sœur Souad-Nour Kouninef (en fuite à l'étranger) a été condamnée à 20 ans de prison ferme, avec la saisie des biens à l'intérieur et à l'extérieur du pays, et une amende de 8 millions de DA. Le tribunal a ordonné le lancement d'un mandat d'arrêt international contre elle.
Les autres personnes impliquées dans l'affaire, essentiellement des cadres des ministères de l'Industrie, de l'Agriculture, des Ressources en eau, de l'Energie et des Télécommunications, ainsi que d'autres secteurs où le groupe KouGC a obtenu des marchés, ont été condamnées à des peines allant de 18 mois à 3 ans de prison ferme et des amendes de 200 000 DA à un million de DA.
K. A.


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