Le FFS se prononce sur le climat politique : «Les élections ne sont pas une solution à la crise actuelle»    Un an de prison ferme requis    Mohamed Baba-Nedjar transféré à l'hôpital    L'incontournable rendez-vous des hirakistes    Ourida Lounis. Avocate : «Nous plaidons pour la réhabilitation des victimes»    Gel des importations des viandes rouges : Quel impact sur le marché local ?    Acquisition de la nationalité algérienne : la longue course d'obstacles    Les rebelles pointés du doigt par l'ONU    Plus de 250 morts et 100 000 déplacés au Darfour    Les parents de Zefzafi cherchent le lieu de sa détention    Les Verts à 90 minutes de la CAN 2021    Les flammes de la passion    L' éternelle blessure    Des moyens de conservation et de distribution mis en place    Abdelmadjid Guemguem, alias Guem, est décédé    De la philosophie comme remède à l'Institut français d'Alger    Koussaïla Adjrad ou quand passion rime avec fascination    Hosni Kitouni. Chercheur en histoire et auteur : «Ce qui nous importe, c'est le jugement que nous portons nous-mêmes sur la colonisation»    Ath Mansour (Bouira) : A quand la livraison du stade communal ?    Souk Ahras : Grogne chez les salariés    Pénétrante autoroutière de Béjaïa : Un chantier de confortement ouvert    APC d'Oran : Des logements vides mais difficiles à distribuer    Activités des femmes rurales à Biskra : Des actions pour une autonomisation économique    Liga : Le Real se ressaisit face à Alavés avec un doublé de Benzema    Banque mondiale: Vers une reprise partielle de l'économie algérienne    Hassi Ameur et Bethioua: Plus de 120 milliards pour la mise à niveau des zones industrielles    Après l'échec de son exploitation: Le parking à étages de M'dina Djdida sera reconverti en centre commercial    Nouvelles règles pour les auto-écoles    Bouira - Covid-19 : 12 transporteurs verbalisés    La prévention gravement négligée !    Football - Ligue 1: Un état des lieux préoccupant    Football - Changements d'entraîneurs: Un mouvement perpétuel    CS Constantine: Des défaillances criantes    La pâleur d'une façade    Selon des historiens: Le rapport Stora doit interpeller la classe politique française    Les syndicats de la santé interpellent Benbouzid    Le lait en sachet sera mieux distribué    Les petites bourses à rude épreuve    Abdelaziz Rahabi : «Le rapport Stora ne prend pas en compte la principale demande historique des Algériens»    L'ESS se reprend, le MCA se relâche, les visiteurs se lâchent !    Nairobi annonce la mise sous contrôle de la deuxième vague d'invasion de criquets pèlerins    Ils ont été condamnés à des peines de 2 à 6 mois : Tadjadit et ses codétenus quittent la prison    Début de la période des candidatures pour l'autorité exécutive unifiée    Un prêtre enlevé mardi retrouvé mort    Le lycée Kerouani de Sétif retrouve son éclat    Un Salvator Mundi de l'école de Léonard de Vinci retrouvé chez un Napolitain    Gouvernance et Affaires de l'Etat: Le départ de Laagab de la présidence officialisé    «En 1981, les Américains ont proposé l'Algérie pour le prix Nobel»    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





À Kinshasa, le combat des amoureux du livre et de la lecture
LITTERATURE
Publié dans Le Soir d'Algérie le 01 - 12 - 2020

Les derniers romans à la mode en Europe, des essais politiques, les mémoires de Michelle et bientôt Barack Obama : quand il fait la navette entre Bruxelles et Kinshasa, Alpha Ramazani paie des frais de bagages supplémentaires pour transporter en soute des dizaines de kilos de livres neufs. Originaire de la République démocratique du Congo, salarié d'une librairie à Bruxelles, M. Ramazani s'est mis au défi en 2019 d'ouvrir son propre point de vente dans sa ville natale, Kinshasa, où l'accès aux livres neufs et aux parutions récentes venus de l'étranger est quasi inexistant. Rassurant sa compagne belge qui pensait que «c'était une folie», le jeune entrepreneur de 33 ans a loué un petit local d'environ 30 m2 au bout d'une avenue animée, surtout connue pour ses bars en terrasse. Menacé par la fermeture des frontières pour cause de coronavirus de fin mars à mi-août, Book-Express reste à ce jour à peu près la seule librairie qui offre à Kinshasa des nouveautés au même prix qu'en Europe. Ces jours-ci, une biographie du président américain élu Joe Biden figure en bonne place sur les présentoirs de Book-Express. Banal en Europe, une bouffée d'air à 6 000 km des maisons d'édition parisiennes. Sa clientèle ? «Premièrement, ce sont des intellectuels, des hommes politiques, des professeurs d'université, qui viennent acheter des livres politiques uniquement», analyse Alpha, père de deux enfants.
«Soif de lecture»
«Et puis il y a des mères de famille qui viennent acheter de la littérature jeunesse. Mais au niveau de la littérature générale, il n'y a pas de demande», regrette-t-il, devant des romans d'Amélie Nothomb, Eric-Emmanuel Schmitt ou Alain Mabanckou, qui risquent de repartir avec lui en Belgique pour un retour chez l'éditeur.
À 20 dollars l'exemplaire en moyenne, le livre neuf reste un produit de luxe pour l'immense majorité de la population, dans un pays où le revenu moyen est de 43 dollars par mois (avec d'énormes disparités).
À vrai dire, son gros marché est l'école belge de Kinshasa qui lui a commandé des manuels scolaires pour des centaines d'élèves lors des deux dernières rentrées scolaires. Son entreprise familiale d'import-export de livres demande une logistique éprouvante : «Déjà c'est huit heures de vol. Sur place en arrivant, c'est un peu compliqué à la douane.»
Pour calmer le zèle des douaniers à l'aéroport de Ndjili-Kinshasa, face à ses valises de livres qui souffrent parfois du voyage, le libraire sans-frontière refuse de leur donner de l'argent, mais, en revanche, une bande dessinée ou un livre pour enfant, pourquoi pas ?
Kinshasa compte un autre point de vente de quelques livres neufs à l'Institut français. Des maisons d'édition tenues par des catholiques ont leurs propres librairies, comme Médiaspaul et Cepas (pour les jésuites).
Des ouvrages neufs, publiés en RDC, se retrouvent aussi à la librairie des Grands-Lacs, sur le boulevard du 30-Juin, la plus grande du pays par sa taille. Plusieurs bouquinistes (Pêle-mêle...) offrent des livres d'occasion soigneusement rangés par thèmes : droit, économie, management, histoire. Le marché du livre de deuxième ou troisième main est aussi animé par des vendeurs de rue qui exposent à même le sol des ouvrages dépareillés de droit et d'économie, hors d'âge et d'usage. La littérature générale et la fiction sont le parent pauvre du petit monde de la diffusion des livres à Kinshasa.
Une poignée d'amoureux de la littérature se tourne vers les éditions Nzoi qui publient des écrivains congolais, comme le dramaturge Sinzo Aanza et son magnifique titre Que ta volonté soit Kin.
À intervalles réguliers, le petit cercle des lecteurs kinois se retrouvent au «café littéraire de Missy», une jeune femme qui se démène pour propager le virus du livre et de la lecture dans la ville des besoins immédiats (se nourrir, se soigner, se déplacer, se loger...).
Jeudi soir, Missy Bangala et d'autres acteurs du livre ont lancé l'Association des écrivains du Congo : «Nous avons décidé de faire exister la littérature au milieu de la cité, dans le cœur de ce pays, parce que ce pays a besoin de sa littérature.» «Il y a une soif de lecture», veut aussi croire Alpha Ramazani, qui envisage de revenir à Noël pour une fête du livre autour de Book-Express.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.