Lancement de deux concours pour le recrutement de personnels assimilés et d'agents contractuels assimilés    «Les prix en Algérie parmi les plus bas dans le monde»    Vaste opération de maintenance du réseau autoroutier    Trafic normal sans interruption    Comment la «garde prétorienne gouvernementale» a livré Maduro aux Américains?    Israël est créé en 1948, mais l'Etat palestinien n'existe toujours pas    Les officiers de police musulmans demandent à rencontrer Donald Trump    Ligue 2 : Trêve hivernale du 4 au 16 janvier 2026    Les Verts veulent terminer sur la lancée    CR Belouizdad : Fin de mission pour le coordinateur de l'équipe première    «La dissuasion est un moyen de corriger le comportement des conducteurs fautifs»    Saâdaoui réagit aux rumeurs et met les points sur les ''I''    Clôture de la 5e édition de la caravane médicale volontaire à l'EPH ''Benyoucef-Benkhedda''    Un stratège de la Guerre de libération dans la wilaya III historique    Les inscriptions des films ouvertes    Projection en avant-première de «Boussaâda, Art et Histoire»    Des élèves-officiers prêtent serment devant les magistrats    Le président de l'Assemblée nationale populaire présente ses condoléances    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Meskoud : «Les enfants de l'Algérie reviendront»
Publié dans Le Soir d'Algérie le 08 - 07 - 2021

Après trente-cinq années denses passées dans le quartier algérois d'El-Hamma, où il est né en mars 1953, Abdelmadjid Meskoud voit, déchiré, une boule de démolition s'abattre sur la maison de son enfance.
Au cours des jours qui suivront, la furie destructrice s'abat sur le reste de ce quartier historique d'Alger, situé à peine à quelques empans du centre de la cité.
Le Hamma, c'est le café Nizière, les allumettes SNTA, la grotte de Cervantès, le Musée des beaux-arts, le Jardin d'Essai, les Halles centrales...
Le Hamma n'était peut être pas le cœur de la ville blanche, mais il en était un des organes vitaux.
Voir son quartier réduit en poussières provoque des blessures à l'âme qui ne cicatrisent jamais.
Demandez à ceux qui ont vu leurs villages rasés par la France, durant la guerre...
Voyant sa vie réduite à l'état de terrain vague, Meskoud a entrepris un voyage introspectif qui a donné naissance à son œuvre majeure : El Assima.
Cette chanson a fait pleurer toutes les chaumières de la ville d'Ibn Ziri !
Il ne s'agissait pas, seulement d'une ode au passé, à la nostalgie. C'était un cri. Un long râle qui avait pour but de dénoncer cette tendance qu'avaient les autorités du pays à mépriser, voire à détruire le patrimoine immémoriel, à araser les souvenirs des Algériens.
Je lui demande son âge, il interpelle son épouse à voix haute : «Ch'hal fi âamri, ya m'ra ?» («Quel âge ai-je, femme?») sa mémoire est intacte, pourtant.
C'est juste que chez Meskoud, l'humour est à fleur de langue. Sans doute, des restes de sa longue expérience théâtrale débutée durant son adolescence auprès de Tahar Benhamla, au théâtre (la troupe) Mohamed-Touri du Champ-de-Manœuvre, avant de se poursuivre chez Hassan El-Hassani, Boubegra pour les intimes.
A l'âge de seize ans, il se met à la guitare spontanément. Elle s'est imposée à lui comme une amoureuse forcenée.
Il l'a épousée dans les venelles de Belcourt.
C'était au temps où il était féru de la chanson française à texte. Ses jeunes années, comme celles de milliers de ses congénères, ont été dorlotées par Brassens, Brel, Ferrat, Ferré, Reggiani, Moustaki et tant d'autres...
Il a musé avec sa guitare sur les sentiers de l'école buissonnière avant de se ressaisir et de consentir à se discipliner le temps de mener à bien des études de comptable.
Un paradoxe pour Abdelmadjid qui n'a jamais su compter son argent !
Après avoir été un «yaouled» sans jamais prendre en bandoulière une boîte de cireur, pendant la guerre d'Algérie, Meskoud a vu son père, qui lui avait tenu la main pendant les années de feu, quitter ce monde alors qu'il sortait à peine de sa dixième année.
«Avec mes cinq frères et sœurs, il a fallu qu'on se bagarre pour survivre.»
C'est le scoutisme qui a mis à Abdelmadjid le pied à l'étrier de l'art.
Le chant, la voix, il les a acquis en psalmodiant des chants patriotiques (anachid).
Sans jamais avoir été encarté au FLN, Madjid est né et est resté patriote.
C'était à l'époque bénie où l'Algérie, à peine née et sortie de la guerre, le peuple s'est mis à rêver de liberté, de bonheur et de prospérité.
On ne savait pas encore ce qu'était vraiment la démocratie mais tout le monde en rêvait.
On pensait, alors, que dans l'Algérie nouvelle, pas celle de Tebboune, celle de 1962, le peuple allait avoir le droit à la parole et au pain.
Il a eu du pain, jamais de friandises et surtout pas la parole.
Ceux qui ont pris le pouvoir à l'indépendance sont toujours là. Ils ont appris aux Algériens à s'accoutumer à l'aphasie. Ils leur ont enseigné la résignation.
Meskoud, qui a traversé toutes ces jeunes années de sa patrie, sait tout cela.
Sans éclats, il a recouvré la parole.
Malgré les coups durs, les drames, il continue à rire et à chanter.Il avance avec le large public qui lui voue une affection sans borne.
En 2016, il est victime d'un AVC. Dans la foulée, il est amputé d'une jambe.
Il perd pendant longtemps l'usage de ses pieds et aussi d'une main, celle qui tient le médiator qui lui permet de donner vie à ses mélodies sur le fil de son mandole.
Un drame qui, au lieu de le noyer dans un trou noir, le réveille.
Le résilient Meskoud, qui sortait, peu à peu, la tête de l'eau, est rattrapé par la crise sanitaire.
L'Algérie s'est mise en mode «extinction des feux», surtout ceux de la rampe.
Les artistes sont en hibernation tout comme l'émigration, cette population honnie, méprisée, indexée et assignée à résidence à l'étranger par des gouvernants, définitivement autistes. Sourds.
Ce comptable qui préparait nos paies à Algérie Actualité et qui nous permettait de faire les soudures à la fin des mois difficiles reste, malgré ces temps cryogéniques, optimiste.
Il dit : «Après la pluie viendra le beau temps, l'Algérie a des enfants. Ils reviendront !»
M. O.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.