Une légende du Milan AC encense Bennacer    Burkina Faso - Malo : "Je ne vois pas pourquoi je devrais trembler face à l'Algérie"    "LE MAROC EST ALLE TROP LOIN..."    La Libye organise son premier forum sur la sécurisation des élections    "Notre monde est loin d'être parfait"    Cour de Blida : le verdict final dans l'affaire Hamel et Berrachedi rendu le 7 novembre    Détention provisoire prolongée pour Fethi Ghares    Zerouati en colère contre le bureau fédéral    Nadjib Amari rejoint officiellement le CR Belouizdad    Les syndicats de l'Education sceptiques    Un sujet d'une brûlante actualité    Deux ouvrages sur le 17 Octobre 1961 réédités en France    Tribunal de Sidi M'hamed : report au 15 novembre du procès de l'ancien ministre Mohamed Hattab    Salon national des arts plastiques Tikjda de Bouira : Un carrefour de rencontres intergénérationnelles    L'éthiopienne Gidey pulvérise le record du monde    L'Algérien Yacine Chalel 24e sur l'Omnium    «Empêcher les tenants de l'argent sale d'infiltrer les élections»    Le Royaume-Uni bat en brèche les thèses marocaines    Les deux vaccins recommandés par les spécialistes    Volaille et légumes en terrine    Cours de soutien : un phénomène qui prend de l'ampleur    Le Maroc menace le journal français l'Humanité    L'ALC demande que la présidence du Conseil souverain soit confiée à des civils    Intempéries dans la capitale : Une femme emportée par les crues, et une autre portée disparue    AG de l'UNAF : Amara élu vice-président    Projet de loi de finances 2022 : Le prix référentiel du baril fixé à 45 dollars    Barça : Koeman chahuté par les supporters après le Clasico (Vidéo)    Suppression des modalités de retard de paiement des cotisations: La CNAS lance une campagne de sensibilisation    Chlef: Les assurances du directeur de l'ANADE    Tebboune préside l'ouverture de l'année judiciaire: Accorder au pouvoir judiciairela place qui lui sied    Pain et imaginaire populaire    L'escalade du ciel et les contradictions    Du pain en temps de paix...    Il sera présenté les 16 et 17 novembre à l'institut Cervantès d'Oran: Un annuaire sur l'évolution de l'espagnol en Algérie durant les 30 dernières années    115 Listes de candidatures déposées    Le FLN a 67 ans    La faillite des agendas d'outre-mer    «Startupeurs, nous sommes avec vous»    Chasse aux dealers    Ce que risque le maire    Et si l'Algérie s'y mettait?    Plus d'une quinzaine de conférences et workshops y seront organisés.    Le jour où la Chine retrouva l'ONU    L'ambassadeur Sofiane Mimouni reçu par Antonio Guterres    "Nous ne parlons du salaire que par rapport au pouvoir d'achat"    La riposte de la rue...    Concert de musique chaâbie avec Hakim Bouzourene    Concours de la langue coréenne    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



L'Eldorado ibérique : fantasme ou réalité ?
Survivre pour Ibiza de Djamila Abdelli-Labiod
Publié dans Le Soir d'Algérie le 18 - 09 - 2021

Paru aux éditions Aframed, ce roman s'intéresse au phénomène migratoire, un sujet qui fait couler beaucoup d'encre. C'est le second roman de Djamila Abdelli-Labiod, après La réglisse de mon enfance paru en 2011.
Le personnage principal s'appelle Mourad. Agé de 19 ans, il vit à Constantine. Son échec scolaire a eu raison de ses études. Mourad a déserté les bancs du lycée. Pour gagner quelques sous, il récupère un fatras d'objets en fer et en plastique dans des décharges publiques. Veuve, sa mère roule du couscous pour les voisines. C'est sa seule source de revenus. Elle harcèle son fils pour qu'il trouve un vrai boulot et l'aider à faire face aux dépenses du quotidien. Mourad n'a qu'une idée en tête : mettre les voiles pour un ailleurs où il fait bon vivre. Obnubilé par les images que lui renvoient les écrans télé, il fantasme sur Ibiza. Partir, s'exiler et retrouver cette île des Baléares, avec ses soirées festives, ses jeunes filles aux corps bronzés et sa légère insouciance qui tranche avec sa mal- vie actuelle. «Mourad était comme ces jeunes sans perspectives pour leur avenir, englués dans une oisiveté tellement usante, qu'ils la surnomment dans leur jargon : le ''digoutage''».
À 19 ans, Mourad est complétement aigri, désabusé et désorienté. Il s'en ouvre à ses amis et même à ceux qui ont l'espoir chevillé au corps, comme Arezki qui caresse le rêve de faire carrière dans la diplomatie algérienne : «Descends sur terre, ça vaut mieux pour toi ! Tu es vraiment naïf mon pauvre. Un fils de planton, peut-il devenir diplomate ?», lui assène-t-il.
Mourad finit par dénicher un petit boulot où il se rend chaque jour à contre cœur. Il est aide-cuisinier ; éplucher des légumes toute la journée dans une gargote tranche complètement avec son rêve de rejoindre son Eldorado : Ibiza. Il veut à tout prix sortir de sa condition de pauvreté. L'Europe, pense-t-il, sera son seul salut. Pour y arriver il fera comme les autres. Il tentera la «harga» sur une embarcation de fortune, quitte à se faire bouffer par les poissons.
Lorsque Mourad accompagne sa mère pour se recueillir sur la tombe de Mokhtar, son frère policier assassiné durant la décennie rouge, il observe la déliquescence des lieux et se dit que tout est complétement fichu dans ce pays : «Mourad cibla du regard l'olivier tout près de la tombe de son frère Mokhtar. Sa mère jeta un regard sur les trois énergumènes qui consommaient de l'alcool, à proximité de l'arbre en jacassant à haute voix sans la moindre gêne... Certains d'entre eux ivres morts, déconnectés quelque peu de la réalité, clament en riant, qu'ils sont des morts-vivants.»
L'arrivée de Khaled pour quelques jours de vacances d'un cousin qui vit à Montréal (Canada) depuis huit ans est l'occasion pour les deux jeunes hommes de confronter leurs idées. Khaled a pris du recul par rapport à la société algérienne. Il épingle Mourad : «J'ai remarqué que vous avez tous les nerfs à vif. Vous vous excitez pour un rien». Réponse de Mourad : «On se sent exister quand on hurle, figure-toi !». Khaled observe qu'il est en porte à faux avec le pays qu'il a quitté huit ans plus tôt. Son cousin le taquine un peu : «J'ai l'impression que tu ne comprends plus ton peuple ! Tu es Canadien pour de bon on dirait ! Comme dit l'adage populaire 'Parce qu'il a passé une nuit avec les crapauds, se croyant des leurs, il se réveille en croassant'».
L'idée de tenter la «harga» ne quitte plus l'esprit de Mourad. Lorsqu'il disparaît subitement pendant 48 heures, tout le monde se lance à sa recherche. Sa mère se fait un sang d'encre. Mourad a-t-il mis son projet à exécution ? La nouvelle de son cadavre repêché au large des côtes ibériques va-t-elle tomber comme un couperet ? Outre l'émigration clandestine, d'autres thématiques sont au cœur du roman de Djamila Abdelli-Labiod : le changement climatique, la société de consommation, la famine, la dégradation de la qualité de vie en Algérie, la détresse de la jeunesse, la modernité, le vivre-ensemble...
Passionnée de lecture et d'écriture, Djamila Abdelli-Labiod a déjà publié un premier roman intitulé La réglisse de mon enfance en 2011.
Soraya Naïli
Survivre pour Ibiza !, Djamila Abdelli-Labiod. Editions Aframed. 2020. 600 DA.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.