Automobile : L'octroi des premiers agréments reporté    Real - Perez : "La lettre de Zidane ? Il ne l'a pas écrite. Ce n'est pas lui"    Real : Florentino Perez évoque le cas Raphaël Varane    Espagne : Morata ne supporte plus cette situation    L'engagement de l'Algérie à faire face aux défis sécuritaires réitéré    Baccalauréat: Fin des épreuves dans une ambiance d'optimisme    Joint-ventures: l'Algérie a toutes les chances d'attirer les investissements étrangers    Berlin 2 loue la volonté de l'Algérie de partager son expérience de réconciliation avec la Libye    Le ministère de la Santé élabore un guide de prise en charge post Covid-19    L'invasion du Sahara occidental par le Maroc met en péril la sécurité dans la région et en Europe    Le Covid-19 fait au moins 3.893.974 morts dans le monde    L'instrument de ratification du Traité portant création de l'Agence africaine du médicament déposé    Election: la législature débute "de plein droit" le 15e jour suivant la date de proclamation des résultats    Véhicules électriques: Chitour appelle à un assouplissement des taxes    USM Bel Abbès : Slimani croit au maintien    Législatives: les universitaires représentent 67,32 % de la nouvelle composante de l'APN    L'usage de la langue anglaise renforcé    Mechichi campe sur ses positions    «Modric reste la force qui anime l'équipe»    Faut-il réformer le bac ?    La fin du «feuilleton» du film sur l'émir Abdelkader ?    JS BORDJ MENAIEL - JS DJIJELI EN OUVERTURE DES FINALES D'ACCESSION    Mohamed Ould Abdel Aziz arrêté    Peu de communication, beaucoup de spéculation    Le RND veut se joindre à l'alliance présidentielle    Foot/ Ligue 1 (mise à jour) : le CRB remonte sur le podium, le NAHD renoue avec la victoire    Algérie-Etats-Unis: Accord pour améliorer l'apprentissage de l'anglais    LA FIENTE    De la mémoire outragée et des néo-révisionnistes de l'Histoire    L'artiste-plasticienne Nadia ouahioune épouse Cherrak expose au Méridien d'Oran    L'armée repousse une attaque de Boko Haram et tue trois assaillants    «L'ANIE doit revoir sa copie»    Goudjil réunit les présidents des groupes parlementaires    «La fraude a été excessive à Béjaïa»    Cap sur l'électrification des niches de production    Le «Phare marin» ne sera pas démoli    Un auto-cuiseur «top» sur le marché    Situation sanitaire «très critique» à Béja    Khartoum appelle le Conseil de sécurité à tenir une session    Le contrat de Lavagne sera prolongé    Les révisionnistes refont surface    Le 4ème art sera étudié à l'Esba!    Redistribution des cartes    Arrestation de 8 éléments    Sur quel gouvernement va s'appuyer Abdelmadjid Tebboune ?    MERIEM    Les hauts décideurs politiques et le roman subversif !    "Cette nudité féminine renvoie celui qui la regarde à l'aube de l'humanité"    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Les islamistes ont-ils chang� ?
Publié dans Le Soir d'Algérie le 26 - 11 - 2011


Par Mourad A�t Oufella
Apr�s la victoire, m�me relative, des islamistes en Tunisie en octobre dernier, tous les regards sont de nouveau tourn�s et braqu�s sur le Maroc o� devraient se d�rouler, ce vendredi 25 novembre 2011, des �lections l�gislatives pas comme les autres et peut-�tre m�me un scrutin � hauts risques pour la classe politique traditionnelle du royaume ch�rifien. Les r�sultats de ce scrutin pourraient confirmer la tendance g�n�rale qui se dessine sur la sc�ne arabe. L�arriv�e du PJD, un parti islamiste qui monte dans les sondages, en t�te de peloton � l�issue de ce scrutin va, � coup s�r, donner des ailes aux autres mouvements de m�me ob�dience dans les pays arabes.
A cela, il faut ajouter la pr�dominance des islamistes dans la configuration du Conseil national provisoire libyen qui g�re les affaires courantes en attendant la tenue d��lections dans six � huit mois selon les pr�visions arr�t�es par la m�me structure, les responsables libyens post-Kadhafi ont, il faut le souligner, annonc� la couleur d�s le d�but dans des d�clarations euphoriques et triomphalistes tenues au lendemain de la chute du dictateur. La situation n�est pas diff�rente en Egypte o� auront lieu des �lections l�gislatives le 28 novembre prochain dans un contexte marqu� par la reprise de la r�volution dans sa seconde phase � la place Tahrir. Une �lection qui s�annonce favorable aux islamistes, courant le plus pr�par� au moment o� les autres tendances tentent de s�organiser et se structurer. En Alg�rie, m�me si les choses sont diff�rentes, le risque d�une �victoire� des islamistes n�est pas � exclure. En d�pit du fait qu�ils se pr�senteront en rangs dispers�s, ils risquent de d�crocher une majorit� relative � l�image de ce qui se passe dans les autres pays arabes. Les futures l�gislatives en Alg�rie constituent une aubaine pour ce courant pour tenter de d�crocher le maximum de si�ges � l�Assembl�e nationale pour constituer une majorit� parlementaire, moment qu�ils attendaient depuis fort longtemps. Il y a quelques ann�es, le pr�sident du MSP, Bouguerra Soltani, avait d�clar� : �Nous aurons la majorit� en 2012.� Cette proph�tie qui n�avait pas �t� prise au s�rieux et avait m�me �t� tourn�e en d�rision dans les milieux politiques risque fort de se r�aliser durant les futurs scrutins. Les islamistes alg�riens se pr�parent pour cette nouvelle situation depuis longtemps, car ils veulent se pr�senter en alternative aux diff�rentes majorit�s qui ont gouvern� le pays ces derni�res ann�es, m�me si un des partis de ce courant si�ge dans les gouvernements qui se succ�d� depuis 1995. Pourquoi les islamistes alg�riens risquent de constituer, m�me en rangs dispers�s, une majorit� au sein de la future Assembl�e nationale ? L�annonce des r�formes politiques par le chef de l�Etat en avril dernier et la perspective de l�agr�ment de nouveaux partis qui interviennent dans un contexte r�gional marqu� par des r�voltes populaires encouragent les tenants de ce courant � redoubler d�efforts, d�activit�s, pour se pr�parer aux futures �ch�ances �lectorales qui auront lieu en 2012. Celles-ci constituent pour eux une occasion � ne pas rater et une chance � saisir. La grande question qui reste pos�e est de savoir qui incarnera le mod�le turc en Alg�rie ? M�me si le MSP de Bouguerra Soltani revendique et met souvent en avant sa proximit� avec le parti de l�AKP, il n�en demeure pas moins que celui qui incarne par sa d�marche et ses id�es le parti au pouvoir en Turquie est incontestablement le secr�taire g�n�ral du FLN, Abdelaziz Belkhadem. C�est � la lumi�re des r�sultats des l�gislatives de mars 2012 qu�on saura qui sera l�Erdogan alg�rien. Dix ans apr�s les attentats du 11 septembre 2001, les tenants de ce courant qui se pr�sente comme victime et la tendance qui a �t� pers�cut�e par les dictatures op�rent un retour en force surprenant et inattendu sur la sc�ne politique dans plusieurs pays arabes. C�est sur cette fibre qu�ils jouent pour gagner la sympathie de l�opinion publique et des masses populaires, et se pr�senter ainsi en alternative au moment o� les autres forces politiques et sociales, surprises par l�ampleur du changement, tentent de s�organiser et se pr�parer pour s�adapter � cette nouvelle situation cr��e par les r�voltes populaires. Ils ont longtemps cherch� cette r�habilitation pour s�imposer comme premi�re force dans tous les pays arabes. Et ils sont en passe de r�ussir leur objectif. Cette nouvelle situation induite par les r�voltes arabes ne pourrait �tre fortuite. C�est le fruit d�une strat�gie qui vise � installer les islamistes au pouvoir pour neutraliser les radicaux et faire face � l�avanc�e du courant chiite v�hicul� par les Iraniens. Ces derniers ont r�ussi � attirer des sympathies chez les peuples en raison des pressions qu�ils subissent des Occidentaux sur le dossier du nucl�aire. Sous la houlette de cheikh El-Kardhaoui, une r�f�rence religieuse et une voix tr�s �cout�e par les islamistes mod�r�s, se d�veloppe une nouvelle vision de l�islam politique. Le pr�sident de l�Union mondiale des ul�mas musulmans a ouvertement soutenu et continue � le faire publiquement les partisans de l�islamisme mod�r� �elwassatia �, il ne cesse de lancer des appels aux peuples arabes � voter pour les islamistes. A partir de Doha o� il a �lu domicile, El-Kardhaoui pr�ne �el-wassatia �, nouvelle th�orie de l�exercice du pouvoir. Le Qatar, qui aspire � jouer un r�le de plus en plus important dans le monde arabe, adoube les islamistes et les encourage � prendre le pouvoir. Ce n�est pas par hasard si Doha a �t� la premi�re capitale visit�e en octobre dernier par Rashed Ghannouchi, leader du mouvement tunisien Ennahda et vice-pr�sident de l�organisation que dirige El- Kardhaoui. A cela il faut ajouter que plusieurs membres du CNT libyen sont soit membres de cette structure soit des dirigeants de l�Union mondiale des ul�mas musulmans. Cette structure joue un r�le de plus en plus important, elle est en passe de devenir une r�f�rence aux c�t�s de celle qui regroupe les Fr�res musulmans. La feuille trac�e et qui pr�voit entre autres l�arriv�e des Fr�res musulmans dans les pays arabes est minutieusement ex�cut�e par ceux charg�s de la mettre en application sous l��il approbateur de la Turquie d�Erdogan dont le r�le ne cesse de grandir dans le monde arabe, faisant rappeler le r�gne de l�empire ottoman. La Turquie revient et gagne du terrain dans cette r�gion � qui lui avait tourn�e le dos en raison de sa proximit� politique avec Isra�l � gr�ce � son mod�le politique qui est aujourd�hui encens� et valoris�. L�empire ottoman �tait convoit� dans le temps o� il �tait l�homme malade de l�Europe par les Occidentaux avant de se voir d�poss�d� de ses territoires. Aujourd�hui, la Turquie moderne est convoit�e pour son mod�le politique de gestion des affaires de l�Etat que des forces internationales veulent calquer sur les pays arabes dans le cadre de red�finition de la carte g�ostrat�gique dans cette r�gion aux int�r�ts multiples. C�est quoi donc le mod�le turc ? Quels sont ses caract�ristiques ? Dans la Turquie d�aujourd�hui, historiquement et constitutionnellement la�que, le pouvoir � presque tous les pouvoirs � sont aux mains d�un parti islamiste, l�AKP en l�occurrence. Un parti qui g�re le pays dont le syst�me a �t� b�ti par Kamel Atat�rk en 1924, et dont l�un des fondements est incontestablement la la�cit�. Le mod�le turc est vant� par le fait qu�un parti islamiste a pu et su conduire le pays sans changer le syst�me de 1924. Cette cohabitation et la capacit� d�adaptation a fait du parti d�Erdogan, l�AKP en l�occurrence, un mod�le qui suscite admiration des uns et le respect des autres. Tout en gardant son identit�, l�AKP a r�ussi � maintenir la Turquie dans le giron des pays �mergents et � lui faire jouer un r�le politique et diplomatique important, notamment dans la r�gion du Moyen- Orient. Cit� en exemple dans les pays arabes et adopt� comme mod�le par les islamistes, la question qui se pose avec acuit� est : sauront-ils reproduire le syst�me turc dans sa globalit�, fondement, Constitution et identit� ? Pas si s�r m�me si les tenants du courant islamiste en 2011 ont donn� beaucoup de signaux apaisants et positifs en direction de la soci�t� et de l�opinion publique internationale. Ils ont tir� les le�ons des �checs subis par le courant qu�ils repr�sentent ces derni�res ann�es dans plusieurs pays. Ils optent actuellement pour la logique du compromis et de la cohabitation pour les autres tendances politiques. Ils se disent pr�ts � partager le pouvoir mais ils se consid�rent et se comportent en force majoritaire. Le cas d�Ennahda en Tunisie est le plus illustratif de cette nouvelle orientation des islamistes. Impressionn�s et subjugu�s par le mod�le turc, les Occidentaux encouragent sa reproduction dans les pays arabes pour contrer les mouvements radicaux et extr�mistes et par la m�me occasion voir les r�sultats de leur gestion des affaires de l�Etat par les islamistes. Cette participation sera un test s�rieux pour eux lorsqu�ils seront confront�s aux probl�mes r�els et concrets des citoyens loin des th�ories et autres analyses de salons qu�ils d�veloppent quotidiennement sur la conduite des affaires publiques. S�ils ne r�ussissent pas au bout de quelques mois, ils seront l�ch�s par les peuples et seront banalis�s dans les futures joutes �lectorales. C�est pour cette raison qu�ils essayent de donner des gages d�assurance et modifient en profondeur leur philosophie et strat�gie du pouvoir en abandonnant les anciennes m�thodes. Leur arriv�e au pouvoir constitue pour eux un examen s�rieux et risqu�. Ils seront jug�s sur leur bilan au bout d'un mandat. L�encouragement � adopter et s�inspirer du mod�le turc entre dans le cadre d�une strat�gie de red�finition de la carte au Moyen-Orient et dans le monde arabe. Cette r�gion est en train de conna�tre des bouleversements g�ostrat�giques dont les r�sultats ne seront connus que dans les prochains mois voire des ann�es. C�est le Grand Moyen-Orient (GMO), pompeusement annonc� au temps de l�administration de Bush avant d��tre ajourn�, qui est aujourd�hui remis sur le tapis avec quelques modifications et adaptations politiques. Dans un discours prononc� dans la capitale �gyptienne, Le Caire, en juin 2009 le pr�sident am�ricain Barack Obama a explicit� la nouvelle vision des relations qu�aura son pays avec les musulmans et le monde arabe en particulier. Dans cette allocution, il trace la feuille de route que son administration t�che de concr�tiser sur le terrain. Ce passage r�sume � lui seul le fond de la d�marche des Etats-Unis actuellement : �Je suis venu chercher un nouveau commencement entre les Etats- Unis
et les musulmans du monde entier, qui se fonde sur un int�r�t et un respect mutuels ; qui se fonde sur le fait que l�Am�rique et l�islam ne sont pas exclusifs l�un de l�autre et ne sont pas vou�s � se faire concurrence. Au lieu de cela, ils se chevauchent et partagent des principes communs : justice et progr�s, tol�rance et dignit� de tous les �tres humains.�


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.