Par Le�la Aslaoui Au moment o� l�arm�e alg�rienne affrontait de dangereux terroristes islamistes � Tiguentourine, avec tout ce que cela comportait comme risques, des cha�nes de t�l�vision occidentales (FR5 et FR2) offraient leurs plateaux � �leurs chercheurs �, �politologues� �sp�cialistes de l�islamisme�, ainsi appel�s par ceux-l� m�mes qui les invitent. Rien d�in�dit dans cela, serait-on en droit de me faire remarquer. En effet, d�s que l�on �voque l�Alg�rie, ce sont ces pseudo-chercheurs qui sont sollicit�s parce que l�on conna�t leurs pr�jug�s, leur parti-pris � l��gard de notre pays d�une mani�re g�n�rale et de l�arm�e alg�rienne en particulier. Cela �tant, �les fr�res arabes� ne furent pas en reste. (Pas les miens, mais ceux auxquels nos gouvernants r�servent � chacun de leurs passages sur notre sol un accueil chaleureux). Ils ont m�me fait mieux : la cha�ne qatarie bien connue a donn� la parole aux preneurs d�otages. Faut-il s�en �tonner ? N�est-elle pas celle qui a permis durant les ann�es sanglantes du terrorisme islamiste � des d�serteurs de l�arm�e alg�rienne de s�exprimer ? Tout ce petit monde donc, s�est fendu de commentaires fielleux et de d�clarations irresponsables. Qu�on en juge : �C�est une totale confusion, l�arm�e a repris ses habitudes de r�pression et je crains (le �p�vre� !) que l�Alg�rie ne revienne aux ann�es de guerre civile� (un invit� �sp�cialiste� de France 5 �C�est dans l�air�). �A la sauvagerie des jihadistes les autorit�s ont apport� la plus brutale des r�ponses� ( Lib�ration du 18 janvier 2013, interview d�un chercheur). (Peut-�tre aurait-il fallu inviter les preneurs d�otages � prendre un caf� dans la buvette de la base gazi�re ?) Ou encore cette �normit� : �L�arm�e alg�rienne n�est pas form�e pour ce type d�op�ration risqu�e� ( Lib�ration18 janvier 2013, la m�me interview). Lorsqu�on n�est pas un strat�ge, un tacticien, en un mot un militaire, a-t-on le droit et les capacit�s requises de dire des choses aussi insens�es ? La r�ponse est �videmment non sauf si l�on s�octroie ce �droit� et cette �libert� au nom de sa haine. Le mot sera-t-il qualifi� d�excessif ? Je n�en trouve pas un autre pour d�crire la hargne de ceux � et ils sont nombreux � qui r�vaient de voir l�Alg�rie devenir un Etat th�ocratique, n��taient pr�cis�ment la lutte sans r�pit de l�arm�e alg�rienne contre le terrorisme islamiste et la r�sistance des civils r�publicains. C�est cela que les �pseudo-chercheurs� fid�les � leurs journaux et cha�nes de t�l�vision pr�f�r�es ne pardonnent pas � notre arm�e. Ce sont les nostalgiques du �coup d�Etat� de 1992 pour dire arr�t salutaire du processus �lectoral. Et lorsqu�on voit ce que sont devenus des pays voisins annonciateurs de �printemps arabe�, l�on ne peut que se f�liciter de n�avoir pas eu � vivre cette saison plus proche de l�hiver que du printemps. Avec cette pr�cision que la barbe, le kamis et le jilbab n�ont jamais embaum� la nature de parfums printaniers. Et dans tout cela, il y a lieu de rappeler non pas une v�rit� mais plut�t une banalit� : il est ais� d��tre confortablement assis dans un plateau de cha�ne t�l�vis�e et de deviser sur des choses aussi s�rieuses qu�une prise d�otages en se croyant intelligent. L�arm�e alg�rienne, quant � elle, ne jouait pas jeudi soir. Elle a agi comme elle se devait de le faire � Tiguentourine : pr�server la base gazi�re que les terroristes islamistes avaient d�cid� de faire exploser et sauver des vies. De l�avis unanime d�experts �trangers et alg�riens rompus � la chose militaire, notre arm�e a parfaitement assum� son r�le et elle a fait ce qu�elle se devait de faire. Alors que lui reproche-t-on ? D�avoir agi ? Et si elle ne l�avait pas fait et que le pire serait arriv� qu�aurait-on dit ? Que l�arm�e �tait un corps d�incapables pour ce type d�op�ration terriblement risqu�e ? Des otages �trangers qui ont eu la vie sauve ont t�moign� pour dire qu�ils avaient �t� impressionn�s �par la qualit� et la rapidit� de l�intervention � (ce sont l� leurs d�clarations). Alors o� r�side donc le probl�me lorsqu�on sait combien ont �t� longues les heures d�angoisse � l�id�e que le pire aurait pu arriver ? Le pire, �videmment, sur le plan �conomique mais aussi sur le plan international. Se souvient-on des reproches adress�s � cette m�me arm�e en 1997- 1998 lorsque les terroristes islamistes massacr�rent des populations de hameaux qui les avaient pourtant h�berg�s et aid�s ? La mauvaise foi l� encore avait fond� des �opinions�, des �avis� et des �commentaires �. A Tiguentourine, l�arm�e avec fermet� et gr�ce � son exp�rience acquise dans le domaine de lutte antiterroriste, n�a pas attendu que le pire arrive. Il faut lui en savoir gr�, car je n�ose m�me pas imaginer ce qui aurait pu arriver si elle n��tait pas intervenue � temps. On peut certes regretter la mort d�otages. Mais ce n�est pas l�ANP qui est responsable de ce d�nouement tragique. Les seuls coupables et responsables sont les djihadistes qui ont, bien entendu, b�n�fici� de complicit�s, sans lesquelles ils n'auraient pas pu p�n�trer � l�int�rieur de la base. (Lire l�article de Mounir Boudjama� Libert�samedi 19 janvier �R�v�lations sur une attaque terroriste�). Et plut�t de voir ces soldats alg�riens pr�ts � mourir pour sauver des vies, expos�s � de dures critiques, l�on aurait pr�f�r� entendre ne serait-ce qu�un �merci�. Un �merci� des nationaux mais aussi de pays comme les USA et la Grande-Bretagne qui ont d�clar� regretter de n�avoir pas �t� inform�s de l�assaut. Auraient-ils oubli� ce que souverainet� veut dire ? Nous consid�rent- ils comme des petits tiers-mondistes incapables d�affronter des probl�mes de s�curit� touchant d�abord notre pays avant leurs ressortissants et leurs int�r�ts gaziers ? Pour quelles raisons ne demandent- ils jamais � Isra�l de les informer avant chacun de ses nombreux bombardements contre Ghaza ? Soyons s�rieux et � la hauteur de ce qui s�est pass� � In Am�nas. Gr�ce � l�arm�e alg�rienne, le pire n�est pas arriv�. L�on se doit alors de prendre la pleine dimension du terrorisme islamiste lequel vient, une fois de plus, de d�montrer qu�il ne conna�t pas de fronti�res et peut frapper partout. Nous autres Alg�riens le savons depuis fort longtemps. Aussi est-ce de solidarit� entre toutes les nations qu�il est fortement question aujourd�hui. Aujourd�hui plus qu�hier. L�arm�e alg�rienne n�a besoin ni de reconnaissance, ni de f�licitations encore moins de remerciements. Elle sait ce qu�elle a � faire. Elle le fait et elle le fait bien. Et il est lassant de voir certains lui demander de communiquer. Communiquer ou se justifier ? La question n�est pas d�nu�e de sens. La prise d�otages par les djihadistes � Tiguentourine vient de prouver une �ni�me fois que n�gocier et dialoguer avec l'extr�miste le plus fou est la pire des solutions. Car pas plus de pardon que l�impunit� ne sont porteurs d�espoir avec des hommes tels que ceux de Tiguentourine pr�ts � tout faire exploser pour qu�on les �entende�. Les politiques alg�riens changeront-ils de fusil d��paule ou continueront-ils � penser que l�islamisme n�est qu�une question s�curitaire ? Quant � ceux qui continuent ici et sous d�autres cieux � d�velopper une v�ritable n�vrose obsessionnelle � l��gard de l�ANP, il leur faudra sans doute augmenter leurs doses d�anxiolytiques, car l�ANP a encore de beaux jours devant elle et l�Histoire reconna�tra un jour qu�� Tiguentourine, gr�ce � son intervention, le pire a �t� �vit�. Tout le reste n�est que paroles ... paroles ..., comme dit la chanson.