Par Kader Bakou La mendiante, certainement une réfugiée malienne, est assise à l'ombre d'un platane de la rue Aïssat-Idir, du côté de la Maison de la presse Tahar- Djaout à Alger. Ses deux filles sont assises autour d'elle. La femme et silencieuse. Ses deux fillettes, coiffées à l'afro, jouent. L'une d'elles doucement, tape sur la paume de la main de sa petite sœur, aux rythmes de la chansonnette qu'elles chantent toutes les deux. A la fin de la chanson, elles éclatent toutes les deux d'un franc éclat de rire. On ne traverse pas le désert par choix et on ne quitte pas sa maison et son pays de gaieté de cœur. Les deux fillettes rient parce qu'elles n'ont pas encore «la sagesse» des adultes responsables du long et exténuant exil de leur mère. Les innocentes fillettes maliennes, qui n'ont pour plafond que les branches d'un platane et le ciel et ses étoiles comme toit, rient et chantent pace qu'elles n'ont aucune idée des explications «savantes» des politiciens et des analystes politiques qui justifient, d'une façon ou d'une autre, les actions des adultes responsables du long et éprouvant exil de leur mère. Un enfant ne calcule pas. Il oublie vite les mauvaises choses. Un enfant ne connaît rien à la politique. Il apprécie juste les moments de paix. Laissez les enfants du Mali et du monde vivre en paix ! K. B.