Le Général d'Armée Saïd Chanegriha inspecte la 6e Région Militaire    Vers une représentation électorale effective et équilibrée    L'UDL, leader national des universités avec 64 labels « Projet innovant»    La gestion des projets doit s'insérer dans le cadre d'une planification stratégique    Une vision prospective adaptée au rythme de développement du pays    Le droit international piétiné    D'un concept historique à ses usages politiques contemporains    Les Iraniens forment des chaînes humaines autour des cibles qui pourraient être frappées    Ligue des champions : Arsenal crucifie le Sporting dans le temps additionnel    Entre incertitudes passées et cap à tenir    Futsal : Deux matchs amicaux face à l'Egypte au Caire    Un véhicule de tourisme incendié à Hassi Mamèche    Arrivée d'une cargaison de moutons en provenance de Roumanie    Ooredoo Algérie mobilise ses employés pour une opération de don de sang    Une invention de journaliste    2e Festival du Couscous Algérien à l'oref    Regard pluriel sur la société    «Bâtir une Algérie ouverte à tous»    Programme TV du 4 novembre 2025 : Coupes et Championnats – Heures et chaînes    Programme TV du samedi 25 octobre 2025 : Ligue 1, Bundesliga, CAF et championnats étrangers – Heures et chaînes    Programme TV du 24 octobre 2025 : Ligue 2, Ligue 1, Serie A, Pro League – Heures et chaînes    Festival international du Malouf: fusion musicale syrienne et russe à la 4e soirée    Adhésion de l'Algérie à l'AIPA en tant que membre observateur unique: le Parlement arabe félicite l'APN    Industrie pharmaceutique : nécessité de redoubler d'efforts pour intégrer l'innovation et la numérisation dans les systèmes de santé nationaux    Conseil de sécurité : début de la réunion de haut niveau sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Examen de validation de niveau pour les diplômés des écoles coraniques et des Zaouïas mercredi et jeudi    APN : la Commission de la santé à l'écoute des préoccupations des associations et parents des "Enfants de la lune"    Réunion de haut niveau du Conseil de sécurité sur la question palestinienne et la situation au Moyen-Orient    Boudjemaa reçoit le SG de la HCCH et le président de l'UIHJ    Athlétisme / Mondial 2025 : "Je suis heureux de ma médaille d'argent et mon objectif demeure l'or aux JO 2028"    Ligne minière Est : Djellaoui souligne l'importance de la coordination entre les entreprises de réalisation    Mme Bendouda appelle les conteurs à contribuer à la transmission du patrimoine oral algérien aux générations montantes    CREA : clôture de l'initiative de distribution de fournitures scolaires aux familles nécessiteuses    Poursuite du suivi et de l'évaluation des programmes d'investissement public dans le secteur de la Jeunesse    Agression sioniste contre Ghaza : le bilan s'alourdit à 65.382 martyrs et 166.985 blessés    La ministre de la Culture préside deux réunions consacrées à l'examen de l'état du cinéma algérien    Le Général d'Armée Chanegriha reçoit le Directeur du Service fédéral pour la coopération militaire et technique de la Fédération de Russie    Foot/ Coupe arabe Fifa 2025 (préparation) : Algérie- Palestine en amical les 9 et 13 octobre à Annaba    L'Algérie et la Somalie demandent la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité    30 martyrs dans une série de frappes à Shuja'iyya    Lancement imminent d'une plate-forme antifraude    Les grandes ambitions de Sonelgaz    La force et la détermination de l'armée    Tebboune présente ses condoléances    Lutte acharnée contre les narcotrafiquants    La Coquette se refait une beauté    Cheikh Aheddad ou l'insurrection jusqu'à la mort    Un historique qui avait l'Algérie au cœur    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Alger retrouve timidement ses plages
Publié dans Le Soir d'Algérie le 25 - 08 - 2014

L'article publié récemment par votre quotidien dans son édition du jeudi 7 août 2014 sous la signature de Mr M. Mehenni contient certaines inexactitudes que je voudrais bien rectifier.
Pour une fois que la capitale a les honneurs de la presse, autant y contribuer correctement et y rajouter, si possible, des anecdotes ou faits historiques avérés. Afin de rendre plus aisée la connaissance des lieux de la côte ouest algéroise, à partir de l'Amirauté, la succession des plages est la suivante :
- Deux petites plages étroites au bas du Bastion 23 et de Kaa Sour, puis un promontoire rocheux terminant le quartier Nelson (actuellement square Icosium abritant des toboggans) avec la piscine d'eau de mer d'El-Kettani, ensuite les plages contigües de Padovani et R'mila. Celles-ci étaient séparées de R'milet Laawad, par cinq cents mètres environ de rochers, protégeant un parapet bordant une route (boulevard Pitolet) qui n'existe plus depuis la construction du parking Mira, compliquant ainsi la circulation automobile.
- R'milet Laawad est donc située à la fin des rochers, au pied des arrêts des bus, face au stade Ferhani (anciennement stade Marcel-Cerdan). Elle se termine par une avancée de blocs rocheux de protection de la plage avec son célèbre rocher carré que les plus de 40 ans connaissent. Enfin, un peu plus loin, la plage de l'Eden juste avant le stade de Bologhine.
Voilà pour la géographie des lieux. Si l'on revient à la description des lieux cités dans l'article de M. Mehenni on peut relever :
1) R'milet Laawad n'est pas «les sablettes de Kaa Sour, au bout de l'avenue du 1er Novembre». La présence de la statue symbolisant les trois chevaux est récente et serait due à l'ancien maire d'Alger Jacques Chevallier. R'milet Laawad est donc située beaucoup plus loin et possède sa propre histoire. Son nom provient de l'habitude d'y laver les animaux de trait (chevaux, mulets et ânes) utilisés dans la traction hippomobile et le ramassage des ordures, bien avant l'invasion des véhicules à moteur. C'était aussi l'époque des tramways (T. A. et CFRA) derrière lesquels on pouvait s'accrocher, enfants, pour ne pas payer.
2) Les deux plages étroites au bas de Kaa Sour et du Bastion 23 avaient aussi leur petite histoire. Celle de Kaa Sour, envahie en hiver par les flots jusqu'au pied du mur (sour), servait de décharge pour les ordures ménagères de la Casbah durant l'occupation turque et même avant. La biodégradabilité est assurée car les plastiques n'existaient pas encore. La plage proche de l'Amirauté servait de lieu d'accostage aux barques reliant terre ferme et voiliers ancrés au large. Des passages pourvus d'escaliers permettaient aux marins et officiers de rejoindre leur demeure du Bastion 23.
3) Le parking, utilisé actuellement par la DGSN, était à l'origine, public, sous la responsabilité de l'EGCTU (EPIC de la wilaya d'Alger). Fermé pour cause de travaux de consolidation après une forte tempête, il a rouvert il y a peu, sous la responsabilité de l'administration actuelle.
4) Le square Icosium (Nelson), lieu de récréation des enfants du quartier, forme un espace construit au-dessus de l'exutoire où convergent plusieurs arrivées d'eaux usées provenant de la Casbah (Zoudj-Aïoun) et la rampe Louni-Arezki (ex-Rampe Vallée). Les odeurs nauséabondes ressenties toute l'année et la grisaille de l'eau s'expliquent. Par contre, la présence de pêcheurs ne s'explique pas, vu les risques pour la santé encourus. Et les autorités officielles qui ne font rien !
5) Lorsqu'on dépasse la piscine d'El- Kettani, toujours vers l'ouest, on tombe sur deux plages contigües : Padovani et R'mila. Elles ont vu défiler durant de nombreuses années des générations de populations qui vivaient en parallèle à Alger. Celle de Bab-El-Oued fréquentait Padovani et celle de la Casbah se regroupait dans l'espace plus réduit de R'mila. Ici, les jours de canicule, pas un espace de sable ne demeurait libre. Les nageurs, équipés souvent de maillots de fortune («une keshra» dans le langage de l'époque, formée d'un morceau de tissu passé entre les jambes et attaché à l'aide d'une ficelle autour de la taille), barbotaient dans la mer, grouillante et tiède. A Padovani par contre, les nageurs étaient plus à l'aise car moins nombreux. Contrairement à R'mila, Padovani était équipée de cabines et douches. Une musique douce égayait la salle de barrestaurant, transformée en piste de danse les week-ends et les jours de fête. Signalons cependant l'entorse, pour le moins curieuse, qui était tolérée pendant les veillées du Ramadhan. Tous les artistes en vogue à l'époque ont défilé dans les soirées de Padovani. Je me souviens ainsi de certains noms, que je cite dans le désordre, et qui ont égayé mes veillées du Ramadhan : Ali Riahiet, Mohamed El Jamoussi, Badia Rochdi, Bachtarzi et sa troupe naturellement, Meryem Fekkaï, sans oublier Mohamed Touri et surtout le présentateur vedette Sid Ali...
6) Quant à l'amélioration du cadre de vie des populations de Bab El-Oued (et des environs) entreprise par les gestionnaires de la ville, peut-on dire que c'est une réussite ?
Alors qu'on observe :
- Une circulation automobile dense et paralysante.
- Une suppression du boulevard Pitolet sans tenir compte de la circulation toujours en augmentation.
- Une suppression de la barrière de rochers qui protégeait le Boulevard Pitolet et R'milet Laawad pour la remplacer par une autre (dépense d'argent inutile) pas tout à fait identique !
- Une non-utilisation du tunnel de l'ancien tramway des années 30 qui aurait pu soulager la circulation.
- Des problèmes environnementaux générés par la carrière d'agrégats de la wilaya d'Alger (poussières et noria de camions) ainsi que les rejets d'eaux usées de l'exutoire de Nelson, alors que l'Office national de l'assainissement devait, en principe, récupérer la totalité des rejets pour les transférer vers la station de traitement des eaux usées de Gué de Constantine. Pour conclure cette série d'informations sur la disponibilité des plages, nous pouvons dire, sans risque de nous tromper, que la population algéroise avait dans les années soixante, plus de possibilités de se rafraîchir dans la Méditerranée qu'actuellement. Et pourtant elle était presque trois fois moins nombreuse. En outre, au-delà des plages déjà signalées à l'extrémité ouest (R'milet Laawad et l'Eden), d'autres possibilités étaient offertes aux courageux marcheurs ou aux mieux lotis qui s'acquittaient du ticket de tramway. Ils pouvaient ainsi se baigner aux (Deux Chameaux», aux «Voûtes» ou encore au «Parc aux huitres». L'été, la pollution était minime et les fruits de la mer étaient disponibles et à profusion. Toute la côte disponible d'accès à la mer au début et faisant partie du domaine public maritime a, peu à peu, été grignotée par les résidents, lesquels en joignant leurs murs, en interdisent l'accès et privatisent ainsi toutes ces multiples criques et sablettes qui faisaient la joie des enfants pendant les grandes vacances. Les services publics (APC), en ignorant cette situation, deviennent complices de ces occupants illégaux qui empêchent ces enfants d'avoir des activités saines. Chose plus grave, la formation de ces barrières empêche l'écoulement des eaux chargées de terre qui descendent des hauteurs de Bouzaréah pour former des torrents de boue sur la route et qui perturbent la circulation.
A. T.
* Professeur retraité
Membre fondateur (Fondation Casbah)


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.