Depuis la publication de la lettre du général de corps d'armée à la retraite Mohamed Mediene, dit Toufik, le 4 décembre, dans laquelle il défend le général Hassan, condamné à 5 ans de prison ferme, l'avocat de ce dernier, Mokrane Aït Larbi, s'est imposé un silence total, refusant de faire le moindre commentaire. Cette règle a été brisée, hier matin, par une lettre publique de l'avocat sous le titre évocateur : «De sa cellule de la prison militaire, le général Hassan réclame justice.» Me Aït Larbi ne s'est pas empêché d'exploiter la lettre du général Toufik pour défendre son client et dénoncer une «campagne de dénigrement» qui le vise. Il rappelle que le général Hassan est poursuivi pour «destruction de documents» et «infraction aux consignes» avant de battre en brèche ces chefs d'inculpation en citant les interventions de l'ancien chef du DRS et de l'ancien ministre de la Défense nationale, Khaled Nezzar. Ainsi, pour la deuxième inculpation, l'avocat estime qu'il s'agit de la gestion administrative et sécuritaire d'un dossier top secret, sans vouloir en dire plus. Il refuse de communiquer sur le fond de l'affaire, expliquant que cette position est dictée «par des impératifs de sécurité des citoyens». Pour lui, cette accusation soulève deux questions : les consignes générales données à «la troupe» sont-elles applicables aux services spéciaux et à cette affaire ? Le général Hassan a-t-il agi dans la gestion de ce dossier conformément aux consignes de sa hiérarchie ? «Aujourd'hui, la réponse à ces deux questions vient de MM. Khaled Nezzar et Mohamed Mediene, dit Toufik, respectivement ancien ministre de la Défense nationale et ancien chef du DRS, dans leurs déclarations publiques que je ne veux pas commenter», écrit-il. Rappelant cette déclaration de Nezzar, «il est curieux d'exiger d'un chef des services de renseignement de respecter des consignes générales, alors que ses missions imposent que l'on s'affranchisse parfois de la contrainte imposée par les règles et la transparence», l'avocat déduit que les consignes générales données aux troupes ne s'appliquent pas aux services secrets. Pour appuyer davantage son argumentaire, Aït Larbi cite ce passage de la lettre du général Toufik : «En ce qui concerne l'opération qui lui a valu l'accusation d'''infraction aux consignes générales'', j'affirme qu'il a traité ce dossier dans le respect des normes et en rendant compte aux moments opportuns.» Scénario hollywoodien Ceci pour affirmer que le général Hassan a agi dans la gestion de ce dossier conformément aux consignes de sa hiérarchie. Ce qui revient à dire que l'inculpation d'infraction aux consignes est nulle. En ce qui concerne la première inculpation (destruction de documents), Mokrane Aït Larbi a souligné qu'il s'agit de notes personnelles, ajoutant que le DRS ne s'est jamais plaint de la disparition de documents. «La loi vise la destruction par tout militaire ou tout individu embarqué sur un bâtiment de marine ou sur un aéronef militaire. Ce qui n'est pas le cas. D'ailleurs, la loi ne peut pas prévoir 5 ans de prison pour avoir déchiré un papier quelle que soit sa nature», note l'avocat, soutenant que sur le plan du droit, les faits reprochés au général Hassan ne résistent pas devant une analyse juridique impartiale. Me Aït Larbi a tenu à préciser que, contrairement à ce qui a été dit, «le dossier n'a évoqué à aucun moment, de l'ordre de poursuite au procès, la détention illégale d'armes, la création d'une organisation criminelle ou l'attaque terroriste de Tiguentourine». «C'est un scénario hollywoodien», dénonce-t-il, «déplorant qu'au moment où il est privé de la visite de ses avocats, le général Hassan fait l'objet d'une campagne de dénigrement et de fuites organisées». Il n'a pas manqué d'appeler les détracteurs du général en prison «à un minimum de retenue».