Le Bouclier de l'UNOA décerné au Président de la République    Le secteur de la communication œuvre à améliorer la communication institutionnelle    Les pouvoirs publics s'emploient à créer un climat attractif pour l'investissement empreint de confiance    Agressions sionistes à Jénine : session à huis clos au Conseil de sécurité de l'ONU    L'Algérie condamne le massacre commis par l'armée d'occupation sioniste dans le camp de Jénine    CHAN-2022 (1/4 de finales) : "Il faut être fort pour battre le Ghana"    CHAN-2022 (Quarts de finale) - Algérie - Côte d'Ivoire (1-0) : Les Verts au bout du suspens    Des pluies orageuses et chutes de grêle sur le Nord du pays jusqu'à samedi    Décès du moudjahid Zerdoumi Salah: M. Rebiga présente ses condoléances    Grève des services d'assistance à l'aéroport de Milan: le vol d'Air Algérie pourrait connaitre des perturbations vendredi    CHAN 2022/quarts de finale: Sénégal- Mauritanie: "Nous sommes déterminés à gagner"    Beni-Abbes: Merad rencontre des représentants de la société civile    El Tarf: première tranche de plus de 3 milliards DA allouée à la réalisation de 45 opérations de développement    Des cartes prépayées pour acquérir les produits Naftal en mars prochain    Biskra: Belmehdi présente ses condoléances à la famille du défunt Cheikh Abdelkader Othmani    Le Chœur de l'établissement Arts et Culture chante l'Afrique    Lila Borsali présente à Alger son spectacle "La conférence des oiseaux"    Ce cancer financier qui mine l'Algérie    Maroc: appel de soutien et de solidarité pour la libération des prisonniers politiques et des journalistes    Le revers et ses travers !    Diplomatie: Intenses activités pour régler la crise libyenne    Ils seront installés par la Sonelgaz: Des détecteurs de monoxyde de carbone gratuits pour les ménages    Projet de loi sur les stupéfiants et les psychotropes: Le SNAPO se réjouit de l'aboutissement du dossier    Trois individus arrêtés pour vol de bijoux    Tlemcen: Des réaménagements pour le futur pôle urbain    Culture et savoir-vivre    Initiatives et audaces ! Le mot d'ordre du Président aux walis    Demain à 17h00: Algérie-Côte d'Ivoire: Les Verts pour un billet au carré d'as    Demain à 20h00: Sénégal-Mauritanie: Une affiche alléchante    Moi, Roberte Thuveny et le rêve algérien de mon père    DE L'ESPRIT TRIBAL    Conseil des ministres: Trafic des psychotropes et asphyxie au monoxyde de carbone au menu    Pure idiotie    Maroc-Israël: Les manœuvres et le chantage de Rabat    Tlemcen: Le tribunal de commerce spécialisé et son président installés    Algérie, France et l'atout de savoir s'écouter    A toutes fins utiles    L'Algérie affrontera la Côte d'Ivoire en quarts de finale    Trafic difficile sur plusieurs axes routiers    Mise en garde de la Protection civile et du ministère de la Santé    Comment comprendre et faire comprendre le football    Le Général d'Armée Chanegriha en visite officielle en France    Le Président Tebboune réserve un accueil solennel à la présidente du Conseil des ministres italien    Le Burkina Faso demande le départ des troupes françaises dans un délai d'un mois    Une ONG marocaine salue l'adoption d'une résolution sur la liberté de la presse au royaume    Ouargla Pour le développement    Fatima-Zohra Hadj Ahmed expose ses photographies de La Casbah    Visite des monuments et sites archéologiques d'Annaba    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



La villa Susini d'Henri Pouillot : Un centre de torture
Publié dans Le Temps d'Algérie le 01 - 03 - 2016

Paru aux éditions El Kalima, l'ouvrage La villa Susini, tortures en Algérie d'Henri Pouillot est un magnifique témoignage d'un appelé qui évoque avec beaucoup d'émotion et de culpabilité son service militaire dix mois durant à la villa Susini.
Ce récit pathétique et poignant relate la période de juin 1961 à mars 1962, soit dix mois d'enfer pour le jeune appelé qui était considéré comme un élément subversif. En effet, en raison d'une manifestation contre la guerre d'Algérie, il se voit affecter dans ce lieu sinistre qu'est la Villa Sésini, devenue Susini. Cette appellation à elle seule fait froid dans le dos. Durant son séjour forcé de dix mois, l'auteur est confronté à la torture, notamment les sévices corporels, viols, gégène, etc. Dans ce contexte, il se sent mal pas à sa place, déchiré par l'horreur et rongé par la culpabilité. Tout au long de cette narration poignante, Henri Pouillot évoque chaque moment passé dans cette villa, centre de tortures. Pour l'auteur, «des témoignages comme le mien sont nécessaires, indispensables pour les jeunes générations. La jeunesse doit connaître l'ampleur des monstruosités qui ont été commises pendant cette guerre. Il est nécessaire que ce devoir de mémoire permette une réflexion devant éviter le renouvellement de tels actes. La perception de la connaissance de cette institution de la torture, des exactions diverses qui sont des crimes contre l'humanité, et pas seulement des crimes de guerre, sera une prise de conscience nécessaire pour éviter un renouvellement de telles pratiques. Comme les appelés d'Algérie qui ont tant souffert, je ne peux pas accepter que mes petits-enfants, arrière- petits-enfants puissent revivre un jour un tel enfer. Je voudrais aussi que mon expérience puisse aider les jeunes à réfléchir sur certains dangers qui peuvent les menacer, de façon pernicieuse parce que latente».
Devoir de mémoire
Ces propos émouvants et clairvoyants se déclinent dans le refus de toutes guerres, de toutes violences. Pouillot abhorre la torture et l'injustice. Quarante ans après, il revoit en cauchemar ces scènes qui l'ont marqué à jamais, des traces indélébiles qui sont gravées pour toujours dans sa mémoire. L'intérêt de ce livre est d'avoir osé dénoncer la guerre et la torture en Algérie alors que l'on parlait dans la presse de «maintien de l'ordre» et de «missions de pacification». C'est suite à la projection du film d'André Gazut La vie du général Bollardière que l'auteur a pris conscience de son silence. Il dénonce également le fait d'avoir été un tortionnaire malgré lui durant son service militaire. Il en assume la responsabilité ainsi qu'il l'impute au commandement de l'armée française qui les y obligeait. A travers plusieurs chapitres dont 40 ans de silence, un aperçu des pratiques de tortures, Quant à son attitude face à la torture et au traumatisme qu'entraînent les séances de tortures, il met à l'index la responsabilité de l'armée française qui flouait ses jeunes appelés. Dans de nombreux passages, Henri Pouillot, raille le pays des droits de l'homme, qui prône la liberté, l'égalité et la justice alors que la torture sévit en toute impunité.
Crimes contre l'humanité
D'une écriture fluide, cet ouvrage se lit aisément. Ecrit avec spontanéité, il retrace les péripéties, les doutes, les peurs et les remords de ce jeune appelé. Dans le dernier chapitre, l'auteur exhorte à la réconciliation, l'entente et la concorde. «Je souhaite ardemment que les Algériens qui ont souffert très profondément dans leur chair se retrouvent avec les Français qui ont également beaucoup souffert psychologiquement, souvent aussi dans leur chair, pour mener ensemble ce même combat de condamnation de la torture, de tous les crimes contre l'humanité commis au nom de la raison d'Etat, au nom de la France», dit-il. C'est un livre à faire lire aux jeunes générations afin que nul n'oublie l'horreur de la guerre. Intéressant, pathétique, il devrait servir de livre de chevet à tout «ultra illuminé».


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.