Lors d'une journée d'étude tenue hier au Palais de la culture Moufdi Zakaria à Alger, le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, a réuni les directeurs des institutions théâtrales de tout le pays afin d'évaluer la situation théâtrale en Algérie. La réunion tenue sous la direction du ministre de la Culture s'est soldée par la mise en place de six groupes de travail chargés de mettre en œuvre une feuille de route pour élaborer un système national de la gestion du théâtre qui s'est détérioré ces dernières années. En présence de 17 directeurs de théâtres régionaux dont le directeur du Théâtre national algérien Mahieddine Bachtarzi, Mohamed Yahiaoui, la réunion a été l'occasion pour ouvrir un franc débat sur la situation du théâtre en Algérie, ses problèmes, ses préoccupations et ses perspectives. Ainsi, ces six groupes de travail ont différentes missions. Le premier groupe aurait pour mission la révision de la loi fondamentale du théâtre, d'autres groupes seront chargés de proposer des suggestions relatives au financement, à la distribution, la production, la formation et enfin du contenu des œuvres. Rigueur Cette plate-forme de propositions sera rendue publique pour faire le sujet d'un débat avec les hommes de théâtre afin de conclure avec un document final pour la gestion du théâtre. «Nous espérons travailler avec rigueur et dans les plus brefs délais afin de finir le travail avant la Journée du théâtre le 27 mars. Cette date pourrait être choisie pour le lancement de l'année du théâtre à Mostaganem», a déclaré le ministre. Cette réunion des responsables du quatrième art en Algérie a été l'occasion d'aborder plusieurs problématiques de la pratique théâtrale. Azzedine Mihoubi a appelé les acteurs du théâtre à proposer des initiatives et à chercher le financement des projets, il a réitéré en outre la volonté de son portefeuille d'accompagner les hommes de théâtre, de trouver un cadre juridique des coopératives théâtrales dans le cadre de la politique de rationalisation des dépenses. Le premier responsable du secteur culturel en Algérie a aussi appelé à la nécessité de donner un nouveau souffle à la gestion théâtrale. «Les théâtres en Algérie sont devenus des administrations et les artistes des employés, ce qui est totalement inadmissible. Le théâtre doit être une institution productive qui répond aux besoins de la société», a-t-il noté. Au sujet du texte littéraire algérien, le premier responsable de la culture en Algérie a appelé les présents à placer en priorité la mise en scène du texte algérien et l'adaptation de nos auteurs avant de se tourner vers les dramaturges étrangers. «Adapter Shakespeare est une bonne idée, mais c'est un exercice facile. Nous devons adapter d'abord nos dramaturges et encourager le texte national. Rompre avec le favoritisme Plus de cent romans algériens ont été édités en 2016, on trouverait forcément une dizaine qui feraient l'objet d'une bonne adaptation théâtrale», a-t-il fait savoir avant d'appeler à rompre avec les pratiques de favoritisme pour le choix des textes et des metteurs en scène. Le ministre a, par ailleurs, mis en avant la nécessité de veiller à ce que chaque œuvre théâtrale soit distribuée dans plusieurs villes. «La réussite d'une pièce de théâtre revient au nombre de ses représentations. Certains théâtres organisent seulement cinq à dix présentations et passent à d'autres projets. Ces pratiques doivent cesser», a-t-il martelé. En sus de l'obligation de donner la chance aux jeunes, Azzedine Mihoubi a indiqué que le théâtre universitaire et le théâtre scolaire feront l'objet d'une palette de projets à l'avenir. Un débat enrichissant a eu lieu après l'allocution du ministre où responsables et hommes de théâtre ont proposé des solutions et suggestions pour la promotion et l'épanouissement du 4e art en Algérie.