La distribution d'eau potable à travers les communes de Bouira laisse à désirer. Durant tout l'été, plusieurs villes et localités ont dû passer des jours, voire des semaines, sans que le liquide précieux ne coule de leurs robinets. Cette situation est vécue par la population locale au moment ou les responsables du secteur de l'hydraulique affirmaient en grande pompe que la wilaya dispose de la ressource et que les citoyens en profitent suffisamment. D'ailleurs, c'est ce que le directeur des ressources en eau a réitéré lors du conseil de wilaya de mercredi dernier en affirmant, dans sa présentation des indicateurs du secteur, qu'une population de 624 290 habitants est desservie en eau potable 24h sur 24h. Le premier responsable de l'exécutif de wilaya s'est montré sceptique. Cependant, la «bonne» situation chiffrée présentée par le directeur des ressources en eau a été vite battue en brèche par les chefs de daïra. Le chef de daïra de Lakhdaria qui intervient le premier a tiré la sonnette d'alarme quant à la crise d'eau potable dans la commune de Boukram. «Boukram a passé un été sans eau potable. Elle est en déficit chronique en la matière», dit-il. Ainsi, plusieurs villages et localités relevant des communes situées à proximité du barrage Koudiet Acerdoune manquent terriblement d'eau potable, souligne le même responsable. La cheffe de daira d'El Hachimia enfonce le premier responsable du secteur de l'hydraulique en affirmant que dans la commune d'Oued El Berdi, l'eau arrive uniquement un jour par semaine, et qu'au niveau du chef-lieu de daïra, une cité est privé d'eau potable depuis la fête de l'Aïd El Kebir. Même calvaire à Sour El Ghozlane, au sud de la wilaya. Le chef de daïra a déclaré que pour alimenter la commune d'El Hakimia en eau potable, le chef-lieu de daïra de Sour El Ghozlane doit en être privé, sans qu'aucune raison ne soit avancée par les services concernés. Le cas de M'Chedallah n'est pas plus différent que les autres régions de la wilaya. Cinq communes de cette daïra sont alimentées à partir de la source noire, Lainsser Averkane, située sur les hauteurs de la commune de Saharidj. Des localités ont été privées d'eau durant une vingtaine de jours. «Un problème de gestion et de traitement d'eau potable se pose à M'Chedallah», souligne le chef de daïra. Ainsi, les chefs de daïra, dans leurs interventions, ont mis toute cette anarchie et cacophonie sur le dos de l'algérienne des eaux (ADE) qui n'arrive pas, selon eux, à assumer sa mission sur le terrain. Notons que l'ADE gère actuellement 37 communes sur 45 que compte la wilaya, soit un taux de couverture de 82% ou l'équivalent de 624 920 habitants desservis. Par ailleurs, pour ce qui est des infrastructures de stockage, un problème qui persiste dans plusieurs communes, la direction des ressources en eau a lancé un programme de réalisation de 33 réservoirs, d'une capacité globale de 26 500 m3. À ce jour, sept réservoirs totalisant une capacité de stockage de 4500 m3 sont mis en service, quinze sont achevés mais non encore exploités et le reste du programme en cours de réalisation. Ainsi, deux autres projets sont en cours, à savoir le projet de sécurisation en matière d'eau potable de la ville de Bouira à partir du transfert d'AEP du barrage de Koudiet Acerdoune et la réhabilitation de la station de traitement et station de pompage du barrage Tilesdit. Les deux projets devaient être réceptionnés à la fin de ce mois. Quant à la disponibilité de la ressource hydrique, la direction des ressources en eau a déclaré que le volume d'eau potable emmagasiné au niveau des barrages et retenues collinaires de la wilaya est de 506 millions de m3. Le taux de remplissage est estimé à 61%.