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Ahmed Tessa, recteur de l'Université Mouloud-Mammeri : «Nous avons validé la création de l'institut de langue amazighe»
Publié dans Le Temps d'Algérie le 19 - 09 - 2017

Sur les 60 000 étudiants que compte l'université Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou, 12 000 nouveaux bacheliers ont rejoint, avant-hier, les bancs des amphitéâthres de cette université. Selon le recteur, Pr. Ahmed Tessa, tous les moyens adéquats ont été mis en place pour accueillir les nouveaux bacheliers dans de bonnes conditions.

Intervenant sur les ondes de la radio locale, le même responsable est revenu sur l'importance de la création de l'institut de langue amazigh qui doit apporter un brin de rayonnement à cette université. Une recommandation en attente depuis 2005 a été concrétisée puisque le conseil d'administration de l'Ummto a validé à l'unanimité, la création de cet institut. «Nous avons introduit ce dossier au niveau du conseil d'administration. Nous avons déposé ce dossier au niveau du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. C'est une nécessité pour l'Algérie, pour la région et pour les étudiants. Ce sont les dossiers que nous avons défendus», a-t-déclaré. Tessa a plaidé, en outre, pour l'intégration de cours d'initiation en langue amazighe dans les programmes de toutes les facultés et ce, dans le cadre de la promotion de cette langue maternelle. «Nous nous sommes entretenus avec les différents partenaires, en l'occurrence les conseils scientifiques, les comités pédagogiques pour concrétiser ce vœu».
Abordant le sujet du retard accusé dans le lancement des cours qui constitue le point noir de l'Ummto, Pr. Tessa rassuré qu'à l'exception des étudiants du département de sciences économiques, qui devront rattraper leurs cours suite aux perturbations causées par le mouvement de grève, qui a duré 4 mois durant l'année universitaire 2016/2017, l'ensemble des départements universitaires lanceront leurs cours avant le mois d'octobre. «Les facultés sont prêtes pour accueillir les étudiants».
Aller vers le respect du temps pédagogique
Dans le même ordre d'idée, le même responsable a précisé qu'une politique du respect du temps pédagogique a été mise en place pour éviter tout éventuel spectre de grève qui paralyse périodiquement cette institution universitaire. «Nous avons pris toutes les dispositions en concertation avec les partenaires sociaux pour un objectif commun, celui de la stabilité de l'université. Nous ouvrons les portes du dialogue. Tous les malentendus ont été corrigés avec la communauté universitaire. Je ne suis pas venu avec une feuille de route, mais je l'élabore avec les partenaires sociaux (comités pédagogiques, les doyens, le comité des étudiants) dont l'objectif de mener une année universitaire apaisante. Des réunions auront lieu périodiquement avec chaque campus en présence des partenaires pour aller vers des propositions à même de garantir le bon déroulement de l'année universitaire».
Intégration de tamazight dans la nouvelle carte d'étudiant
Par ailleurs, Pr. Ahmed Tessa s'est montré prédisposé d'aller vers la modernisation de cette carte universitaire. «Après l'achèvement de l'opération d'octroi de la carte en papier, nous sommes prêts à délivrer des cartes magnétiques», avait-il indiqué. D'ailleurs, depuis hier, il a été lancé la délivrance de la carte d'étudiant dans les trois langues, tamazight, français et arabe avec intégration du nom de l'université sur cette dernière. La délivrance des cartes sans tamazight et sans le nom de l'université avait soulevé une véritable levée de boucliers, il ya quelques jours, au point où un mouvement de grève avait été envisagé avant que le recteur ne désamorce cette crise en prenant la sage décision d'établir de nouvelles cartes. Il a, en outre, rassuré que l'ensemble du personnel de son administration était mobilisé pour préparer les 12 000 cartes en papier qui portent toutes les signalisations de l'université et qui seront attribuées aux nouveaux bacheliers.
Rénovation des campus : beaucoup reste à faire
A propos de l'état des lieux des opérations de réhabilitation des facultés lancées depuis le mois de mai dernier, le recteur a affirmé que l'Ummto n'a jamais connue une telle opération de réhabilitation et d'aménagement depuis 40 ans de son existence. «Nous avons procédé au réaménagement de deux parkings au campus de Hasnaoua, le revêtement de la faculté de médecine, celle de Boukhalfa, de l'habitat et la moitié de la faculté de Bastos a été réhabilitée». C'est dire que des chantiers ont été lancés mais d'autres doivent suivre. L'université Mouloud-Mammeri, composée de différents campus éloignés les uns des autres, donne un air d'abandon.
A la fin, le recteur de l'Ummto a mis l'accent sur la nécessité de donner un aspect juridique pour la création des départements existants au niveau du pôle universitaire de Tamda, à citer : celui de la géologie, l'institut de comptabilité et sciences financières, math-informatiques, sciences techniques et technologie, et celui de vétérinaire.
Le spectre de l'insécurité plane toujours
L'un des plus grands os auxquels fait face l'université Mouloud-Mammeri reste celui de l'insécurité qui plane sur certains campus, notamment ceux de Tamda et de Boukhlafa. De nombreux incidents ont conduit parfois à la mort d'homme.
On se souvient au mois de février dernier quand un jeune étudiant avait été odieusement assassiné. Ce drame qui n'était pas le seul, faut-il le préciser, avait donné lieu à un mouvement de protestation des étudiants qui ont organisé une marche pour dénoncer l'insécurité qui tient en otage leur université
Plusieurs autres incidents ont été enregistrés dans différents campus, notamment des agressions contre de jeunes étudiantes, plus particulièrement au campus de Tamda où des personnes extra universitaires arrivent à accéder au campus, voire même dans les résidences. Tel était le cas aussi à la faculté de droit de Boukhalfa, où les étudiants avaient organisé, à plusieurs reprises, des marches de nuit pour dénoncer le climat d'insécurité qui pesait sur leur campus.


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