Le pigeon de la paix a atterri sur la scène en plein air du Casif en saluant l'assistance, les yeux fermés et la main sur le cœur. Avec sa belle robe blanche de soie décorée d'un beau voile noir, Majda Erroumi entama son spectacle avec une chanson intitulée Ya halla, pour souhaiter la bienvenue au public. "Je suis honorée, en compagnie de mon orchestre, de vous saluer avec l'amour et le jasmin. Je vous salue peuple des héros et voix des hommes libres. C'est de vous que nous avons appris des leçons de la liberté, terre de un million et demi de martyrs, terre de la révolution", dira-t-elle au début du spectacle. "Cette soirée est pour moi un jour de fête car je suis contente de vous retrouver en paix. C'est une soirée d'amour que je souhaite agréable pour vous", a-t-elle enchaîné. La grande Majda n'a rien perdu de sa douceur, de sa jeunesse, de sa forme, de sa fraîcheur, de sa classe et de son talent. On dirait que les années se sont arrêtées depuis le grand vieux succès Ame yasalouni alik sorti au début des années 1980. C'est d'ailleurs avec ce morceau qu'elle a commencé sa soirée marquée par l'interprétation d'un grand nombre de vieilles belles chansonnettes des années 1980 et 1990. Majda reprend aussi merveilleusement bien Ghenni, Kayfa achfa minka, Kif taili ini bahibek, Ouhibouka djiden, Khedni habibi âlhawa, Ghani ghanili, Chou bhibak ana, Aynek, Ma hada bi albi et Yousmiouni. Des succès immortels qui ont enflammé le public qui a chanté simultanément avec elle, pourtant plus de la moitié de la salle était composée de jeunes gens dont l'âge ne dépasse pas les 30 ans. Les jeunes reprenaient avec le moindre détail tous les extraits avec les gestes et les danses. A un moment, Majda a laissé les nombreux jeunes interpréter à sa place. La soirée a été clôturée par des youyous très chaleureux pour remercier cette grande dame.