Le rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, Juan Mendez, a présenté mardi son rapport à l'Assemblée générale dans lequel il a mentionné l'utilisation de la torture au Maroc contre des opposants impliqués dans le conflit sur le Sahara occidental. «Le Maroc développe une culture de respect des droits de l'homme qui est un bon point de départ en vue de l'élimination de la torture dans un futur proche. Malgré des signes de changement au Maroc, où un parti islamiste modéré contrôle le Parlement depuis novembre, le pays est loin de pouvoir affirmer qu'il a éliminé la torture», a indiqué M. Mendez. L'enquêteur de l'ONU a parlé des «nombreuses preuves d'une utilisation excessive de la force». Et d'ajouter qu'à «chaque fois qu'il est question de sécurité nationale, il y a une tendance à utiliser la torture lors des interrogatoires. Il est difficile de dire si c'est très répandu ou si c'est systématique, mais cela arrive assez souvent pour que le gouvernement marocain ne puisse l'ignorer». Après avoir séjourné au Maroc et au Sahara occidental durant une semaine en septembre dernier, le rapporteur a révélé beaucoup de détails, tandis que le Conseil de sécurité débat actuellement de savoir si la mission de l'ONU dans la région doit disposer d'un mandat pour enquêter sur des violations des droits de l'homme. Juan Mendez s'était rendu au Maroc sur invitation du gouvernement, membre non permanent du Conseil de sécurité. Dans le cadre de cette visite, il s'est rendu aussi dans la ville de Laayoune, où le Front Polisario tente de mettre en évidence les abus commis par le Maroc dans les territoires occupés, afin d'élargir les pouvoirs des troupes de l'ONU déployées dans la région, inclure la surveillance des droits de l'homme et établir un rapport au Conseil de sécurité des Nations unies. Au cours de la visite de deux jours à Laayoune, il a rencontré des responsables et des organisations indépendantes de défense des droits de l'homme et pro-Front Polisario et a également visité la célèbre prison Lakhal.