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La «faute» humaine est prouvée
EFFONDREMENT DES BATISSES
Publié dans L'Expression le 11 - 06 - 2003

La commission d'expertise a mis en exergue la mauvaise conception des immeubles et les matériaux de construction qui ne répondaient pas aux normes.
La faute humaine est pratiquement prouvée dans la catastrophe qui a endeuillé Boumerdès et Alger. «Certes, le séisme est un phénomène naturel, mais il est clair que l'ampleur des dégâts occasionnés par la très forte secousse tellurique, tant sur le plan humain que matériel, aurait pu être beaucoup moins importante si on avait respecté les normes parasismiques dans la construction».
C'est en substance ce que contiendra le rapport qui sera remis très prochainement à la présidence à en croire l'intervention de M.Abdelkrim Chelghoum, expert en génie parasismique et membre de la commission chargée de mener l'expertise au niveau des zones sinistrées.
Ce dernier, qui est intervenu hier lors de la journée d'étude extraordinaire sur la gestion des zones à risque, organisée par le Collège national des experts architectes, au niveau du Palais de la culture, a expliqué que «la mission d'expertise a été menée par une équipe de recherche issue de l'Usthb, composée de huit personnes de différentes spécialités, telles que la dynamique des sols, le problème d'interaction, la vulnérabilité des bâtiments». L'expertise préliminaire est pratiquement achevée.
«Nous avons, ajoutera le conférencier, des éléments précis sur toute la pathologie et les ruines à travers l'ensemble des sites et la région épicentrale.» Sous réserve de confidentialité, la commission, par la voix de M.Abdelkrim Chelghoum, précisera que son rapport sera remis très prochainement à la présidence. Néanmoins l'orateur a tenu à exposer brièvement les résultats de l'expertise menée au lendemain du séisme. Tout d'abord il s'avère que 60% des ruines sont dus à l'effet de site, c'est-à-dire à la qualité du sol. «Il est regrettable de préciser que nous n'avons retrouvé aucune étude de sol complète.»
De par ce constat la commission a tenu à répondre, entre autres, à la grande question qui continue d'intriguer les Algériens: pourquoi des bâtiments mitoyens n'ont-ils pas connu le même sort? Cela est dû, précise l'expert, au fait qu'«on généralise une étude faite pour 100 logements dans un site bien délimité à l'ensemble de projet qui peut contenir, dans certains cas, plus de 1000 logements», et d'ajouter: «Nous avons constaté cela aux 1200 Logements, à Zemmouri, à la cité 11-Décembre, etc.» Deuxième constat, les matériaux de construction utilisés par des entreprises publiques ou des particuliers ne répondaient pas aux normes.
Enfin, la commission a mis en exergue «la mauvaise conception des bâtisses». Il cite, à titre d'exemple, «l'absence de cave parasismique», et pourtant, dira l'expert, «une construction parasismique ne coûte pas plus cher, il faut simplement des compétences dans le domaine». «Ces compétences existent bel et bien dans notre pays», réplique le président des ingénieurs en bâtiment, mais leurs recommandations restent lettre morte dans la majorité des cas. Il cite, à titre d'exemple, les travaux de la commission instituée en 1986 par le ministère de l'Habitat qui sont restés sans suite. «J'ai peur que, encore une fois, nos recommandations ne dépassent pas le stade des constatations théoriques sans aucun suivi sur le terrain», atteste-t-il.
Cette négligence trouve son origine, selon M.Hadj Ben Ali, l'ex-directeur du Craag, dans le fait qu'«en Algérie, il y a des gens parmi la sphère des décideurs qui ne sont pas convaincus que l'Algérie se trouve dans une zone sismique». Le sismologue a stigmatisé la démarche du gouvernement à vouloir révéler vite à l'opinion publique les résultats de l'enquête menée par les experts: «Le gouvernement nous demande de faire des rapports en une semaine. Il faut arrêter de faire semblant de rénover.»
Dans un autre chapitre le colonel Mohamed Boubeker, de la Protection civile, a appelé à la révision du plan Orsec élaboré en 1985. Il a, par ailleurs, reconnu que le corps devra renforcer ses compétences.
«Le CTC ne peut être juge et partie», estime le Président Bouteflika. C'est ainsi qu'il justifie l'intégration des experts français dans les enquêtes sur les constructions effondrées. Le travail du CTC est donc officiellement mis en cause par le chef de l'Etat, mais aussi par les citoyens.
Certains comptent même faire appel à des experts privés pour élucider les raisons de l'affaissement de leurs bâtisses et faire une contre-expertise partant du fait que «ses constructions, ne répondant pas aux normes, avaient reçu dans le passé l'aval du CTC».
Les sinistrés se sont même constitués partie civile pour poursuivre les «responsables de cette négligence fatale qui à coûté la vie à (leurs) proches». D'autres refusent de réintégrer leur domicile en dépit des assurances des experts.
L'expertise française contribuera-t-elle à rassurer les plus réticents?
Sur le terrain le travail de ses experts a bel est bien commencé. A Boumerdès l'usine agroalimentaire Eriad a fait l'objet du contrôle d'une équipe française qui a estimé qu'elle pouvait être confortée.
L'unité en question, située à Corso, a été sérieusement endommagée par le séisme du 21 mai. Les experts du CTC ont porté une croix rouge sur la bâtisse. Un avis contesté par la commission d'expertise. «C'est un complexe extrêmement important de par sa capacité de production, mais surtout de par le nombre de personnes qu'il emploie et pour cela nous demandons un quatrième avis avant de décider de son sort», a précisé M.Abdelkrim Chelghoum qui a tenu à mettre en exergue «l'absence des moyens au niveau du CTC». Aujourd'hui l'on est mesure de se demander quel sort sera réservé au CTC?


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