La pièce «Woudjouh» est une lecture dramatique des événements qui ont secoué le Monde arabe ces deux dernières années. Décidément, la vague de contestation qui secoué le Monde arabe appelée communément «le printemps arabe» inspire les hommes de théâtre arabe. Pour preuve, les spectacles des troupes koweitiennes, égyptiennes, libyennes...qui prennent part à la quatrième édition du Festival international de théâtre à Béjaïa attestent, interprètent toutes avec des lectures dramatiques différentes cette appréciation. Après la pièce de l'ISAt Koweit intitulée «El Hefar (le fossoyeur)», c'était autour de la pièce de la troupe du «20 Yennayer» d'Egypte et de Libye de monter sur scène pour sa propre lecture dramatique desdits événements «appelés printemps arabe». La pièce intitulée «Woujouh, les (visages masqués») a été présentée le vendredi dernier à 20h à la grande salle de la maison de la culture. Une pièce théâtrale de la troupe égyptienne «20 Yennayer» du réalisateur libyen Chareh Elbal Abdelhadi assisté par Ismail Affifi, tiré d'une histoire de Ahmed Youcef Akila. L'histoire racontée dans ce spectacle, qui pourrait se jouer sous forme de monodrame, tourne autour d'un personnage-clé, Nacer Abdelhafidh, un simple peintre dont la mission est de repeindre les façades des anciennes bâtisses, qui se sentent de plus en plus que le temps passe, marginalisées dans sa vie...durant sa rude fonction qui consiste à effacer les taches et relooker les façades, il fait une rétrospective de sa propre vie depuis son enfance jusqu'à la vieillesse. En revivant ses différentes étapes il revisite et se remémore à la fois des visages masqués de certains personnages «Woudjouh,» importants de son existence, tels le père, la femme du père, le mari de la mère et les forces de l'ordre notamment. A travers ses actes de peintre ponctués de transparence et de naïveté...il redécouvre la véritable nature des différents visages qui se transforment, se métamorphosent. Des visages masqués, en somme, à l'origine des différents malheurs des peuples...une lecture dramatique des évènements qui ont secoué le Monde arabe ces deux dernières années. C'est dire que le printemps arabe inspire les artistes en général et les hommes de théâtre arabes en particulier. En effet, même si elle a été produite en 2012, le réalisateur veut lui donner ce cachet. «C'est une pièce produite en 2010, bien avant la vague du printemps arabe, qui colle bien aux évènements vécus par le Monde arabe. «Woudjouh» des différents visages qui se transforment et se métamorphosent selon les situations...qui n'ont pas été sans avoir des retombées négatives sur la vie quotidienne des citoyens....pauvreté, misère, autoritarisme...». En faisant tomber les masques des visages dans l'épilogue du spectacle par le message «désolé, il nous reste plus de visages» Woudjouh, la pièce plonge l'assistance dans la délivrance...