La nébuleuse d'associations chante en choeur la même rengaine. Après le soutien du RND, du Cnec, de l'Onem et l'adhésion du MSP, c'est la Ligue nationale des organisations syndicales et du mouvement associatif qui se rallie au soutien à la candidature de Bouteflika. Cette ligue, dont la création a été annoncée jeudi, compte 18 organisations. Elle regroupe, entre autres, la Fédération nationale des travailleurs de l'éducation (Fnte), le Syndicat national des artistes algériens, l'Union nationale des paysans algériens (Unpa) et la Fédération nationale des travailleurs du secteur agricole ainsi que l'Association Machaal El-Adjial, l'association de la promotion de la femme rurale et le Mouvement national de la société civile. Toutes ces organisations chantent en choeur la même rengaine: un soutien «total» et «indéfectible» au président Bouteflika pour un second mandat. Les raisons de cette conviction tiennent également à une rengaine: «Les grandes réalisations et les chantiers lancés par le président de la République, lors de son mandat. Les actions du président pour l'arrêt de l'effusion de sang, la réhabilitation de l'image de l'Algérie dans le concert des nations et la relance économique.» Prendre fait et cause pour un candidat à une élection présidentielle est tout à fait légitime pour une organisation sociale quel que fut son ancrage social et donc son poids dans l'échiquier électoral. En revanche ce qui est discutable, tout autant que le bilan de Bouteflika durant ses cinq années d'exercice, c'est la manière dont est exploité ce soutien par les médias publics. Quotidiennement, depuis plus de deux mois, la télévision nationale consacre au moins trente minutes au président. L'image de M.Bouteflika est imposée d'une façon presque indécente sur l'écran de l'Unique au risque même de produire l'effet contraire de l'objectif visé. Comme si cela ne suffisait pas, ce sont les animateurs des comités de soutien des nébuleuses d'associations qui prennent le relais pour chanter les vertus du passage de Bouteflika à la tête de l'Etat. A entendre discourir Khaled Bounedjma, pendant sept minutes sur un plateau de l'unique télévision nationale, on retombe dans la nostalgie amère de l'époque Zeroual, des marches spontanées et du «n'hebbek ya koum» (je t'aime peuple) dixit Abdeslam Habachi médiateur de la République sous le règne du général Zeroual. Si Zeroual a concédé à l'opposition l'ouverture de la télévision avant la présidentielle de 1995, elle demeure aujourd'hui, exclusivement au service de M.Bouteflika. Elle est interdite aux voix dissonantes au cercle présidentiel, des partis politiques agréés et à des organisations sociales qui se sont manifestés sur le terrain pendant les durs moments du terrorisme. Les doutes et les appréhensions exprimés par Mouloud Hamrouche quant à une élection présidentielle ouverte deviennent légitimes. En clair, il a affirmé, lors de la conférence de presse qu'il a organisée mercredi à Alger: «On assiste à un plébiscite et non à un scrutin présidentiel.»