Le candidat Benflis est plus que jamais disposé à contrecarrer les calculs du président sortant, Abdelaziz Bouteflika. «Oui, je le répète. Je suis optimiste», a déclaré, hier, et à trois reprises, M.Karim Younès, président de l'Assemblée populaire nationale à l'ouverture officielle de la session parlementaire de printemps 2004 et devant un parterre d'invités composé du président du Sénat, M.Abdelkader Bensalah, du chef du gouvernement, M.Ahmed Ouyahia, entouré de son staff ministériel. Cette phrase, à l'apparence sibylline, n'est pas passée inaperçue dans l'enceinte du Parlement. Elle a été adressée directement aux membres de «l'alliance présidentielle» pour leur signifier que le candidat Benflis est plus que jamais disposé à contrecarrer les calculs du président sortant, Abdelaziz Bouteflika. «Je demeure convaincu que la maturité de notre peuple de même que je demeure convaincu que l'Algérie sortira victorieuse de cette échéance», a-t-il souligné dans son discours qui a pris moins d'une demi-heure et dont le contenu a été empreint d'une forte connotation politique. Abordant l'échéance du 8 avril prochain, M.Karim Younès a demandé aux citoyens de se déterminer par rapport «aux politiques qui leur sont proposés» et par rapport «aux candidats qui postulent à conduire» ces politiques au sommet de l'Etat et présider aux destinées de la République. «Par-delà la conjoncture, par-delà les événements, les hommes et les questions» qui animent la scène politique, les joutes électorales à venir, consacrent avant tout le droit souverain du citoyen à choisir librement celui qui incarne l'Etat algérien et l'unité de la nation «à être le garant de la Constitution». Pour cela, il a appelé les citoyens à aller voter massivement le 8 avril prochain car, selon lui, la passivité, l'indifférence, la désinvolture ou le désintérêt «ne sauraient avoir cours en pareille consultation électorale, alors qu'est en jeu l'avenir du pays». Ecorchant au passage le candidat Bouteflika, le président de l'Assemblée a indiqué que chaque postulant se doit d'aller à la consultation avec «la seule force de ses idées et de ses convictions quant à ce qu'il propose au peuple comme perspectives». Les seules idées et les programmes devraient être, a-t-il ajouté, les seuls sujets sur lesquels mérite de se focaliser le débat électoral. En parallèle, il appelle l'opinion publique à se faire l'observateur vigilant et le témoin principal et faire en sorte de veiller à l'application au même titre que les candidats eux-mêmes, le gouvernement et le parlement, «de la liberté du scrutin, à sa transparence, à sa propreté, à son équité, à son honnêteté et tous les autres prérequis moraux (...) qui ne sont pas seulement des exigences constitutionnelles (...) mais avant tout des exigences de notre conscience collective». Redoutant d'éventuels dérapages et autres crises qui peuvent surgir d'une fraude électorale, Karim Younès a mis en garde ceux qui sont tentés de fausser ce scrutin en leur faisant savoir que «la République a toujours et aura toujours ses anges gardiens pour veiller sur elle à l'approche des périls et préserver les acquis pour lesquels le peuple a payé le prix fort et particulièrement le caractère républicain du pays», faisant ainsi référence au rôle que l'armée s'est toujours assigné quand il s'agissait de sauver le pays. La situation que vit le pays interpelle, selon Karim Younès, «chacun de nous pour assurer ses responsabilités pour que les acquis républicains soient préservés».