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Une ambiance des grands jours
RUEE SUR LES MARCHES DE BACHDJARRAH ET DE BOUMAÂTI
Publié dans L'Expression le 20 - 05 - 2018

Les détaillants de Boumaâti attachent de l'importance à la qualité des légumes et fruits qu'ils proposent
Les prix des légumes sont restés stables, mais ceux du poulet et du bovin se sont affichés à la hausse.
En dépit d'une pluie intermittente en ce premier jour de Ramadhan, les marchés des fruits et légumes et de viandes de Bachdjarrah et de Boumaâti sis dans la banlieue est de la capitale ont connu une forte affluence au point où, lors de notre virée en ces lieux, il fallait parfois jouer des coudes pour pouvoir sillonner de long en large les étals et les abords de ces deux marchés de référence en matière de mercuriale.
Des abords littéralement envahis par une kyrielle de marchands ambulants de la sorte à créer des goulots d'étranglement mettant ainsi les nerfs de certains passants à rude épreuve. Faut-il encore souligner que les vendeurs de pain traditionnel et de «diouls» présents en nombre eux aussi ont par endroit obstrué la chaussée. Au niveau des allées où se concentrent les vendeurs de légumes frais du marché couvert de Bachdjarrah des citoyens ont dû parfois patienter pour pouvoir se faire servir.
Un client d'un âge avancé a perdu son sang-froid devant l'irrespect de personnes oubliant de faire l'appoint pour pouvoir faire emplette les premiers. Heureusement que la sagesse l'a emporté et tout est rentré dans l'ordre. A notre question posée à des clients, rebroussant chemin dans leurs mains des sacs en plastiue que bien remplis, pour nous donner leur avis sur les prix affichés sur les étals en ce premier jour de Ramadhan. Ils nous ont répondu à l'unisson «pas de changement par rapport à la semaine précédente si ce n'est pour ce qui concerne la tomate de bonne qualité affichée à 160 DA alors qu'elle était à 120 DA». Un autre nous a lancé «allez plutôt voir du côté des marchands de volaille». Sur place il nous a été facile de comprendre ce message. Ici selon beaucoup de personnes que nous avons pu apostropher, les prix ont grimpé. Une dame accompagnée de ses deux enfants nous a affirmé: «Ils veulent nous sucer le sang!». Et de nous expliquer la raison de sa colère: «Des cuisses de poulet à 450 DA le kg et des escalopes à 900 DA alors qu'il y a moins de six jours je les ai achetés respectivement à moins de 380 DA et 800 DA».
Un peu plus loin c'est-à-dire vers le coin des bouchers, les personnes que nous avons pu apostropher jugent que c'est seulement le prix de la viande bovine locale qui a augmenté, nous disaient: «J'ai acheté des entrecôtes à 1 800 DA le kg soit une augmentation de pas moins de 200 DA par rapport au mois dernier. Pour moi cette augmentation n'a aucune raison d'être.» Avant de quitter ce marché un petit tour du côté des marchands de nèfles, d'oranges et de bananes. Mise à part le fruit importé (la banane) proposé entre 280 DA et 300DA, les prix des deux autres semblent plutôt exagérés au vu de la qualité des nèfles et des oranges. 150DA et plus la nèfle de moyenne qualité et 240 DA pour l'excellente n'est pas de l'abus pour un fruit de saison. Je peux accepter que le prix de l'orange qui n'est pas de saison et quand bien même elle a séjourné dans des chambres froides», nous a-t-il fait remarquer.
Concernant le marché de Boumaâti c'est pratiquement le même état des lieux avec seulement cette différence, facilement remarquable. En effet dans ce marché, la qualité des légumes est nettement supérieure par rapport à Bachdjarrah. C'est à croire que les détaillants de Boumaâti attachent de l'importance à la qualité des légumes et fruits qu'ils proposent. Chose que reconnaissent des personnes habituées à venir faire emplette dans ce marché. «Je fréquente pas mal de marché, de l'est de la capitale, mais ici le rapport qualité /prix domine et quand bien même si pour certains légumes le prix est légèrement élevé par rapport à d'autres marchés cela vaut le coup» nous ont fait remarquer à l'unisson des habitués de «Boumaâti». A notre question de connaître leur avis sur les prix de la viande rouge et blanche. Un père de famille juge que «le bovin a augmenté de prix et on aura beau avancer que c'est parce que ce sont les quartiers de viandes les plus nobles et aussi de 1er choix, c'est-à-dire le gigot de veau vendu à 2000 DA et des entrecôtes à pas moins de 1800 DA, chose que je ne pourrai admettre. Pour l'ovin, les prix sont les mêmes: du gigot à 1500 DA, des côtelettes à partir de 1300 DA». A propos de la viande blanche notre interlocuteur nous dira: «Je conçois que le poulet augmente compte tenu de la forte demande des ménages pendant le mois de Ramadhan accentuée par le fait que le pouvoir d'achat de plus en plus laminé des ménages les pousse à se rabattre sur le poulet ou la dinde. Aujourd'hui, le poulet vidé a atteint les 380 DA le kg; la cuisse de poulet est proposée à 450 DA alors qu'elle était à 380 DA il y a quelques jours, l'escalope de dinde pas de changement, mais celle du poulet son prix est passé subitement de 800 DA à 900 DA». Et de nous lancer enfin «à 11 heures impossible de trouver des ailes vendues à ma connaissance à 250DA/kg. Et pourtant, ce sont des abats. Cela démontre que des ménages ne peuvent plus suivre le cours du poulet et du coup ils se rabattent sur cet abat». On ne saurait quitter le marché de Boumaâti sans pointer le nez du côté des marchands de dattes. Ici c'est selon la qualité. En effet, les prix commencent à partir de 500 DA/kg et montent jusqu'à 900 DA/kg lorsqu'il s'agit de la Deglet Nour.
Faut-il enfin souligner qu'aussi bien à Bachdjarah qu'à Boumaâti pas de trace de poisson.


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