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De la théorie à la pratique
«Jil Cilima», Rencontres des critiques cinéma
Publié dans L'Expression le 14 - 09 - 2021

Depuis samedi dernier une série d'ateliers liés à la critique cinématographiques se tiennent en ligne. L'événement virtuel est baptisé «Jil Cilima». En effet, après avoir abordé le sujet de « L'avenir du cinéma et de la critique sont une question d'égalité», un nouvel atelier s'est tenu, dimanche soir, toujours dans la même démarche de formation en critique cinéma. Dimanche, place à un atelier en ligne qui fut dédié cette fois à la «grammaire cinématographique».
Il a été dispensé par la cinéaste et programmatrice cinématographique italo-suisse, basée à Milan, Valentina Manzoni. Ayant une longue expérience dans le domaine du 7eme art, rappelons juste que Valentina Manzoni a obtenu en 2017 un diplôme en beaux-arts avec une spécialisation en cinéma et vidéo à la School of the art institute de Chicago. Aujourd'hui, elle consolide sa passion pour le cinéma à travers une série de collaborations avec le collectif Mass Ornament Films. Toujours à Chicago, elle entre aussi dans le monde de la programmation cinématographique d'abord comme membre de l'équipe curatoriale du cinéma d'essai The Nigthingale, puis dans le Comité de sélection de l'Onion City film festival.
En 2019, elle rentre en Europe et commence à travailler pour le Bureau de programmation du prestigieux Locarno film festival, dont elle fait toujours partie. Pendant ce temps, Valentina continue à cultiver également sa propre pratique artistique. Elle se forme auprès de réalisateurs renommés comme Abbas Kiarostami et Béla Tarr, et réalise des films qui ont été présentés dans plusieurs galeries à Chicago dont Acre projects, Sullivan galleries, Gene Siskel film center, ainsi qu'à des festivals internationaux comme Locarno film festival, Filmmaker film festival (Milan, IT) et Torino short film Market.
De la forme à l'argement
Le master class qu'elle animera dimanche dernier a été consacré à l'analyse des films, en partant de la «grammaire» cinématographique pour arriver aux modèles d'évaluation d'un film, avec la possibilité de mettre noir sur blanc sa propre passion.Au courant de cet atelier on passera,en effet, de la théorie à la critique en évaluant trois films. «Je commencerai d'abord en dissipant le premier mythe lié à la critique de cinéma, fait par le grand critique français André Bazin qui a été cofondateur des Cahiers du cinéma. Il disait: «La critique n'a pas pour objet la vérité absolue, mais une idée de l'examinateur de celui qui écrit». Je trouve cela vrai car il y a souvent un air autoritaire qui entoure l'avis du critique de cinéma alors qu'en réalité il n' y a pas une seule critique de cinéma correcte.
Le succès d'une critique du cinéma dépend de sa capacité d'argumentation en rapprochant le lecteur du film à travers une analyse de ce dernier et une bonne rhétorique.
Cela se traduit par la coexistence d'une bonne grammaire cinématographique et une bonne rédaction argumentative, autrement mettre une attention particulière dans la forme de l'écriture, car le contenu et la forme ne peuvent être séparés.»
Décortiquer des extraits de films
Et de confier: «On va commencer par déconstruire quelques bouts de films avant d'attaquer la semaine prochaine les nouvelles fromes de critique qui sont en train de révolutionner l'écriture sur le cinéma. La première question à se poser est: «A qui s'adresse cette analyse? A quel public s'adresse t-on?». Et de poursuivre: « Suivant la plateforme, on choisira le style et l'argument à adopter. Quand on écrit dans un quotidien, il faut que le lecteur moyen, pas spécialisé donc, puisse comprendre. Garder une balance entre le style et le message du film.» Place à la pratique.
Un premier extrait d'un film algérien a été présenté. Il s'agit de «143, rue du désert» de Hassan Ferhani, présenté au festival de Locarno en 2019. Exercice technique en se concentrant sur les images du film. «Chaque extrait d'images peut contenir de nombreuses références qui contiennent beaucoup d'aspects du film. On peut utiliser certains détails pour écrire des critiques plutôt subjectives...», dira la formatrice.
Les bons outils structurantune critique
Elle estimera que le premier plan est le désert. Ce dernier occupe la majeure partie du cadre...et puis vint le personnage principal Malika. L'autre personnage est le désert.
Le temps sera long, la durée est très importante. Les premières minutes racontent l'histoire et donnent une idée du sujet du film...» Un autre extrait de film italien très différent du précédent a été montré. Il s'agit de «Heureux comme Lazzaro» d'Alice Rohrwacher, présenté en 2018 au festival de Cannes où il a obtenu le Prix du meilleur scénario. À propos des éléments de la grammaire d'une critique cinéma, outre de savoir à quel public on s'adresse, Valentina Manzoni relèvera l'image, le son et le montage. «Dans l'image il y a le plan, le cadrage, ce qu'il y a dans l'image et en hors champ.
C'est là, ou le son nous aide à percevoir le monde extérieur de l'histoire, mais aussi le monde intérieur des personnages et de l'imaginaire en général...» Et de renchérir: «Le montage est la synthèse de tout.» Abordant les outils qui peuvent structurer notre critique, elle notera la déconstruction de la rhétorique, suivant cinq moments dont le moment de découverte, le premier pas pour entamer les idées et les arguments, le dispositif de la matière cinématographique, L'allocution ou le discours, le rappel à la mémoire etc.. Enfin, le master class s'est achevé par la projection d'un extrait du film «L'éclipse» (1962) de Michelangelo Antonioni. La veille, soi, samedi 11septembre, «L'avenir du cinéma et de la critique sont une question d'égalité», a été le thème abordé par Helena Lindblad.
Questionner les experts pour plus de connaissances
Dans son master class, l'intervenante a abordé la question de la parité femmes-hommes dans le monde du cinéma contemporain, notamment à travers l'exemple de l'initiative «50/50 by 2020» lancée, en 2016, par l'Institut suédois du film. Mme Lindblad est revenue aussi sur la place des femmes critiques de cinéma. Elle retracera son évolution à travers le développement du septième art. Il est bon de rappeler que «Jil Cilima»constitue les premières rencontres de critique cinéma organisées par Eunic Algérie avec le concours du ministère de la Culture et des Arts en tant que partenaire. Ces rencontres ont l'ambition de questionner les experts critiques européens sur la situation actuelle de la critique du film envers l'industrie du cinéma, le public et le monde digital avant et sous l'ombre de la distanciation sociale et la situation pandémique. Tous les master class, ateliers et panels de discussions sont destinés aux professionnels et passionnés du cinéma, des étudiants aux journalistes et acteurs du cinéma, somme toute, des scripts, photographes, réalisateurs, producteurs etc... Le programme de formation dispensée par Ian Haydn Smith et l'atelier que dirigera Leila Aoudj seront réservés aux candidats sélectionnés qui se joindront à tous les programmes d'événements dans le cadre de leur processus d'apprentissage pour pratiquer la critique de film au sein des médias officiels ou en tant qu'indépendants. «Jil Cilima, Rencontres des critiques cinéma» est le premier projet de ce type en Algérie organisé en ligne par Algérie Eunic Cluster avec le soutien d'Eunic Global et du ministère algérien de la Culture et des Arts. Les membres Eunic Algérie participant sont l'ambassade du Danemark, D'l' ambassade de Suède et l'Institut suédois à Paris, le British council, l'institut Cervantes, 'institut Goethe et l'Institut culturel italien. D'ailleurs, l'atelier de Valentina Manzoni a été organisé sous l'auspice de l' Iinstitut culturel italien. Ces rencontres se tiennent chaque jour et ce jusqu'au 18 septembre en cours.


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