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Les leçons d'un scrutin
Les chiffres des élections locales à la loupe
Publié dans L'Expression le 04 - 12 - 2021

Comment ne pas rappeler qu'entre 1980/2019, j'ai eu l'honneur de coordonner plusieurs ouvrages pluridisciplinaires, ayant abordé les réformes politiques, sociales et économiques, fruit d'un travail collectif à la rédaction desquels ont contribué des collègues spécialistes en anthropologie, en économie et en sciences politiques, des experts d'universités étrangères, de Constantine, Annaba, Béjaïa, Tizi-Ouzou, d'Oran et d'Alger. Ces travaux d'une brûlante actualité, s'inscrivent en partie dans la tradition déjà bien établie des travaux de transitologie traitant des expériences des réformes structurelles des pays du Tiers-Monde et de l'ex-bloc socialiste, analysant les différentes politiques élaborées et exécutées en guise de réponses aux grands défis internes et mondiaux. Le constat en ce mois de novembre 2021, est que le taux de participation a été plus élevé que celui des législatives, 65% de la population ne s'étant pas rendue aux urnes, taux auquel il faudra soustraire les bulletins nuls pour analyser le degré d'adhésion.
Lors des élections législatives anticipées. les résultats officiels du scrutin, publiés officiellement au Journal officiel, ont été marqués par un fort taux d'abstention, le taux de participation ayant été de 23,03% sur un nombre d'électeurs inscrits de 24 453 992 et celui des votants de 5 622 401, avec 1 011 749 de bulletins nuls, restant pour les députés élus 4.610.652 voix, soit 18,85%. Si l'on prend la structure démographique qui constitue d'ailleurs une véritable bombe, la population totale est passée de 11 479 247 en 1 962, à 18 936 298 en 1980, à 25 343.521 en 1990, à 30 833 966 en 2000 et au 1er janvier 2021 à
44 680 256 avec une prévision horizon 2030 de 51,3 millions d'habitants. Pour 2019, nous avons la structure d'âge suivante en pourcentage: 29,49% 0-14 ans, 14,72% 15-24 ans, 42,97% 25-64 ans, 7,01% 55-64 ans et 5,81% 65 ans et plus. Si l'on prend seulement 50% de la tranche des 15-24 ans, les personnes en âge de voter représentent 62,80% et si l'on applique ce taux à la population en âge de voter pour 2021, nous aurons environ 27,50 millions sur un total de votants de 24,12 millions, donc presque 3 millions ne se sont pas inscrits sur les listes électorales. Le nombre de voix des votants pour les députés rapporté aux personnes en âge potentiel de voter serait alors de 16,70%. Pour l'ensemble des partis nous avons 955.247 voix soit environ 4% par rapport aux inscrits et 2,66% par rapport au nombre de votants potentiels. Ainsi, tous les partis cités, le nombre de députés a été de 308 sièges soit par rapport au total 75,67%. Pour les indépendants le nombre de sièges représente 24,33% pour un nombre de votants de 3.655.405 voix, avec 84 sièges soit 20,63% montrant qu'il y a urgence de revoir le Code électoral en inscrivant une dose de proportionnelle pour avoir une représentativité réelle. Avec les indépendants nous avons au total 392 sièges sur 96,31% et les femmes ayant obtenu seulement 33 sièges (8,1%). Pour les élections locales du 27 novembre 2021, le corps électoral s'est élevé, au terme de la révision exceptionnelle des listes électorales, à 23 717 479 électeurs répartis sur 58 wilayas avec un nombre de nouveaux inscrits de l'ordre de 669 902 électeurs, contre 474 742 individus radiés des listes. Pour plus de précision nous avons 54% hommes (12 824 972) et 46% femmes
(10 898 501). - Nouveaux inscrits sur les listes électorales: 669.902 inscrits (61% hommes et 39% femmes). - 474 742 radiés. - Retrait de 1 158 dossiers de candidature aux Assemblées populaires de wilayas (APW), dont 877 dossiers retirés par 48 partis agréés et 281 par des listes indépendantes. - Retrait de 22.325 dossiers de candidature aux Assemblées populaires communales (APC). - Retrait de 13 698 13 formulaires de souscription de signatures individuelles pour les APC et APW. - Dépôt de 1 100 634 dossiers pour les APW. - Admission de 66% des dossiers déposés, soit 727 938 dossiers et refus de 34%, soit 37. Le taux de participation aux élections locales algériennes qui se sont tenues le 27 novembre, a atteint 4,12% pour les Assemblées populaires communales (APC) et 3,9% pour les Assemblées populaires de wilayas (APW) à 10h00; pour les APC 13,30% à 13 heures et pour les Assemblées populaires de wilaya (APW) 12,70%. À 16h, le taux de participation national s'est établi, à 24,27% pour les APC et à 23,30% pour les APW. À la clôture, 20h, le taux de participation national au scrutin de l'élection des membres des Assemblées populaires communales a atteint 35,97% et 34,39% pour l'élection des Assemblées populaires de wilaya (APW). Par wilayas, nous avons des taux faibles enregistrés.
Sans sécurité, existant un lien dialectique sécurité-développement, et un retour à la confiance Etat -citoyens, nécessitant des intermédiations politiques, économiques et sociales crédibles, il ne faut pas s'attendre à des miracles. Bien qu'il y a lieu de ne pas comparer ces résultats avec les anciennes élections du fait qu'ils ne sont pas significatifs ayant reposé sur des quotas et le bourrage des urnes, la leçon à tirer est qu'il reste un long chemin à parcourir pour redonner confiance afin de rapprocher l'Etat du citoyen, tout en rappelant que les pays développés ont mis des siècles à asseoir la démocratie et qu'avec la nouvelle révolution des télécommunications qui influent sur les comportements, il y a de plus en plus méfiance des citoyens vis-à-vis du politique. Le faible taux de résultats au nombre de voix des partis et des indépendants élus résulte des crises internes qui les secouent périodiquement, du discrédit qui frappe la majorité d'entre elles, de la défiance nourrie à leur égard et à l'endroit du militantisme partisan, se pose cette question si les formations politiques- pouvoir et opposition sont dans la capacité, aujourd'hui, de faire un travail de mobilisation et d'encadrement efficient, évitant un affrontement direct citoyens-forces de sécurité et donc de contribuer significativement à la socialisation politique et donc d'apporter une contribution efficace à l'oeuvre du redressement national, assistant souvent à leur déconnexion par rapport à la vitalité de la société toujours en mouvement, d'où l'urgence de leur restructuration.
Quant à la société civile, force est de constater qu'elle est éclatée y compris certaines confréries religieuses qui, avec la désintégration sociale et une jeunesse parabolée, ont de moins en moins d'impacts contrairement à une vision du passé. La confusion qui prévaut actuellement dans le mouvement associatif national rend urgent l'élaboration d'une stratégie visant à sa prise en charge et à sa mobilisation. Sa diversité, les courants politico-idéologiques qui la traversent et sa relation complexe à la société et à l'Etat ajoutent à cette confusion avec une société civile informelle, inorganisée, atomisée qui est de loin la plus active et la plus importante, formant un maillage dense, mais du fait des tendances idéologiques contradictoires incapables de s'entendre sur un programme de gouvernement cohérent.
Les élections du 12 juin 2021 ont montré que la majorité des députés dits indépendants sans nous tromper plus de 50% sont des personnes issues des partis traditionnels dont les partis FLN, RND, et ceux d'obédience islamique. L'intégration intelligente de la sphère informelle, non par des mesures bureaucratiques autoritaires, mais par l'implication de la société elle-même, est indispensable pour sa dynamisation. Car lorsqu'un Etat veut imposer ses propres règles déconnectées des pratiques sociales, la société enfante ses propres règles qui lui permettent de fonctionner. Mais ce discrédit de la classe politique traditionnelle n'est pas propre à l'Algérie où le monde est devenu une maison de verre avec la révolution du système de communication.
Premièrement, le déroulement du scrutin s'est effectué d'une manière générale dans le calme, excepté quelques cas isolés.
Deuxièmement, pour se faire une idée précise, Il faudra tenir compte du nombre de voix pour chaque parti et des Indépendants afin d'analyser les rapports de force. Au taux de participation officiel, l'important est de comptabiliser le nombre de bulletins nuls. Un taux relativement faible à méditer par le pouvoir politique encore que cela n'est pas propre à l'Algérie, de par le monde les citoyens tendant à se désintéresser de la politique, avec de forts taux d'abstention. Cela traduit une démobilisation importante de la population, plus accentuée pour la jeunesse traduisant le manque de confiance entre l'Etat et le citoyen. Et le grand problème est comment rétablir cette confiance.
Troisièmement, les corps constitués et notamment l'ANP, ont voté en dehors des casernes afin de préserver cette institution stratégique des remous politiques, tout en reconnaissant à ses membres le droit de voter librement.
Quatrièmement, du fait du mode de scrutin, éliminant les petits partis, il serait souhaitable une dose de proportionnelle. Avec ce mode de scrutin depuis des décennies nous avons des résultats qui ne reflètent pas le poids réel, donnant la même composante politique depuis des années ce qui ne traduit pas la réalité sociale.
Cinquièmement, nous avons assisté à une campagne électorale terne avec des promesses sans lendemain sachant que l'élu local n'a aucun pouvoir. D'où l'urgence de revoir les Codes de wilayas afin d'impliquer et de responsabiliser les élus locaux par une réelle décentralisation.
Sixièmement, il s'agit de réorganiser sur des fondements démocratiques la société civile en mettant en place des réseaux intermédiaires efficaces entre l'Etat et le citoyen, renvoyant d'ailleurs à une réelle décentralisation.
Septièmement, après ces élections, le citoyen et le pouvoir sont à nouveau confrontés à la dure réalité économique et sociale. Evitons l'euphorie tout en évitant le dénigrement gratuit. Un changement dans la trajectoire de la politique socio-économique et un large front pour mobiliser la population algérienne sont urgents face aux inévitables tensions budgétaires entre 2022/2025.
En résumé, s'impose une nouvelle gouvernance par la lutte contre la corruption et la mauvaise gestion tant des entreprises que dans les administrations et services collectifs. Comme je l'ai souligné dans deux interviews entre 2017/2018 à AfricaPresseParis, l'autre à l'American Herald Tribune
«Dr. Abderrahmane Mebtoul: «Algeria Still Faces» signifiant «Challenges» toute déstabilisation de l'Algérie aurait des répercussions négatives sur toute la région méditerranéenne et africaine que ne souhaitent ni les USA, ni l'Europe, ni la Russie ou la Chine, ni d'ailleurs aucun Algérien patriote.
L'efficacité de la diplomatie doit reposer sur une économie forte et l'efficacité des institutions, sous réserve d'une planification stratégique devra s'articuler autour de grands ministères homogènes et de 5/6 grands pôles régionaux économiques avec pour objectif d'asseoir la transition d'une économie de rente à une économie hors hydrocarbures dans le cadre des valeurs internationales, impliquant de profondes réformes structurelles, douloureuses à court terme, nécessitent une forte cohésion sociale, mais porteuses d'avenir à moyen et long terme.


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