Après avoir dépassé la brouille qui a marqué leurs relations diplomatiques, Alger et Paris préparent activement la visite qu'effectuera le président Tebboune en France au mois de mai prochain. Un rendez-vous très attendu et qui, naturellement, ne laisse pas de place à l'approximation, ni au hasard. Preuve en est: la préparation de cet événement a eu la part du lion de la communication téléphonique qu'a eue avant-hier, le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, avec son homologue française, Catherine Colonna. Cette première communication entre les deux ministres a permis, en effet, d'examiner les perspectives de renforcement des relations bilatérales dans l'optique des échéances bilatérales convenues dont, notamment la visite d'Etat qu'effectuera, prochainement, le président Tebboune en France, a d'ailleurs souligné le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. Procédant à l'évaluation de l'état d'avancement du traitement des grands dossiers devant constituer la substance de cette visite d'Etat, M. Attaf et Mme Colonna «se sont informés de la désignation de points focaux devant veiller à la coordination des actions de coopération sectorielles dans l'esprit de la Déclaration d'Alger pour un'' partenariat renouvelé'' entre l'Algérie et la France». Le département des affaires étrangères a relevé que l'échange entre Attaf et Colonna intervient dans le prolongement de l'entretien téléphonique, le 24 mars dernier, entre les présidents Tebboune et Macron, qui a signé la décrispation des relations algéro-françaises. La situation de tension diplomatique faisait suite, faut-il le rappeler, à l'exfiltration par les services consulaires français en Tunisie d'Amira Bouraoui, titulaire des nationalités algérienne et française et qui fait l'objet de poursuites judiciaires en Algérie. Le dégel des relations entre les deux parties a été sitôt confirmé par le retour à ses fonctions de l'ambassadeur d'Algérie en France, Saïd Moussi, rappelé par les autorités algérienne dans le feu de la crise. Depuis, la crise a été surmontée et les deux Présidents ont montré le cap vers lequel vont devoir s'orienter les relations algéro-françaises. Il s'agit, en vérité, de passer au concret en matière de coopération bilatérale, maintenant que les «ambiguïtés» d'ordre politique semblent avoir été évacuées. D'autant plus que les deux pays tiennent, à travers la «Déclaration d'Alger pour un partenariat renouvelé», un document de base et de travail censé être mis à exécution et qui probablement trouvera son déclic dans le sillage de la prochaine visite de Tebboune à Paris. Signée au mois d'août dernier lors de la visite de Macron en Algérie, la Déclaration annonçait de grandes ambitions en matière de coopération, qui gagneraient à passer au stade de la concrétisation. Surtout que les deux Présidents ont fait preuve d'une volonté d'aller de l'avant et surtout de capacités à surmonter les situations de crise. «60 ans après l'indépendance de l'Algérie et dans l'esprit des Déclarations d'Alger de 2003 et de 2012», l'Algérie et la France, fortes des liens humains exceptionnels qui les unissent sont «résolument déterminées à promouvoir leur amitié et à consolider leurs acquis en matière de coopération et de partenariat», est-il notamment écrit dans la Déclaration d'Alger signée par les présidents Tebboune et Macron. Les deux parties ont convenu aussi de renouveler leur engagement à inscrire leurs relations dans une dynamique de progression irréversible à la mesure de la profondeur de leurs liens historiques et de la densité de leur coopération. C'est dire, au final, que si les relations algéro-françaises ont pu retrouver le chemin de la coopération, les avancées dans le bilatéral ne sont pas encore au niveau des ambitions affichées. Ça serait peut-être un des objectifs de la visite du président Tebboune en France.