La DJS d'Alger est forcée de s'impliquer dans la remise en ordre d'une opération appelée à déterminer l'avenir d'un grand club. Le CR Belouizdad retombe dans ses erreurs. Il a fallu d'une défaite «à domicile» (le match s'est joué à Réghaïa) face à l'Entente de Sétif pour que le Chabab se remette à nager dans l'incertitude et dans le doute. Ce n'est pas un arbitrage, dût-il avoir été le plus mauvais de l'histoire du football, qui fera croire que ce club aurait pu, sans cela, vivre dans une béate sérénité. Le CRB est à l'image de tous les autres clubs de football d'Algérie soumis à la pression de la rue et fait tout pour contenter celle-ci allant jusqu'à mettre les raisons d'une défaite sur le dos d'un seul arbitre. Il se passe également que ce club ne dispose plus de comité directeur élu, ni, surtout, d'un président. Depuis le départ de Ali Ferrah, il se contente d'une gestion à vue par l'entremise d'une structure non élue qui n'a de comptes à rendre qu'à elle-même et surtout pas à l'assemblée générale vu que ce n'est pas celle-ci qui lui a donné délégation pour gérer le club. Justement, à propos d'assemblée générale, la DJS d'Alger gagnerait à faire le tri et faire valoir les dispositions statutaires qui ne sauraient être déviées du schéma directeur imposé par les pouvoirs publics. Autrement dit, il y a des textes à respecter et il serait bon que ceux qui ont la charge de le faire soient engagés plus fortement et plus sérieusement. Sinon ce serait la porte ouverte à l'anarchie. On a le souvenir d'une AG du Chabab qui avait vu Djillali Selmi (l'homme qui avait réussi à faire du Chabab un champion d'Algérie, un titre derrière lequel le club courait depuis de nombreuses années), refuser de présenter ses bilans parce qu'il s'était aperçu que de nombreux intrus avaient réussi à intégrer ladite AG. Pire encore, le jour même, sans qu'il n'y ait eu d'installation d'une commission de candidatures, on a procédé à la désignation de Mohamed Lefkir à la présidence du Chabab, le tout dans une procédure antiréglementaire. Et la DJS de l'époque avait préféré fermer les yeux. Voilà que quelques années plus tard, les mêmes erreurs s'apprêtent à être commises dans ce club. Selon ce que nous savons, une commission de candidatures a bien été installée en vue de l'élection d'un nouveau président. La date de l'élection avait été arrêtée au 4 août et le dernier délai pour déposer son dossier de candidatures avait été fixé au 2 août. A cette date-là un seul candidat s'était fait connaître, à savoir l'ex-joueur international et entraîneur du club, Mokhtar Kalem. Les règles étaient, donc, définies: on se dirigeait vers une AG élective avec un seul candidat. Cependant, par un tour de passe-passe comme savent en user ceux qui grenouillent dans le football algérien, on a décidé de reporter l'AG en question ce qui a permis à un autre candidat de se montrer en la personne de l'ex-dirigeant du Chabab, Ferhat Khemissa. Il y a, incontestablement, là, une manoeuvre pas très régulière sur laquelle la DJS d'Alger devrait se pencher. Elle doit également veiller à la représentativité au sein de l'AG et se borner à n'y inclure que ceux qui ont le droit d'y participer. Lorsque Ali Ferrah avait été élu, l'AG s'était déroulée dans une ambiance de contestation. Il serait malheureux qu'un si grand club soit soumis à des pratiques où la réglementation n'est pas respectée et où l'on va jusqu'à reporter une AG sans motif valable. La DJS d'Alger ne peut tourner le dos au scénario qui se produit en ce moment au CRB au risque de perdre sa crédibilité. Elle est la garante du respect des textes en vigueur. Elle est, donc, forcée de s'impliquer dans la remise en ordre d'une opération appelée à déterminer l'avenir d'un grand club.