Les prix du pétrole reprennent leur marche en avant. Ils ont enregistré un bond significatif, hier, en cours d'échanges. Ce qui a propulsé le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre à quelques encablures de la barre symbolique des 90 dollars. Il valait 89,61 dollars à 13h27, progressant au passage de 1,68 dollar. Tandis que son équivalent américain, le West Texas Intermediate, pour livraison le même mois progressait pour sa part de 1,62 dollar pour être proposé à 84,43 dollars. Un rebond qui est dû au développement de la situation au Moyen-Orient liée aux bombardements barbares ininterrompus de l'aviation de l'entité sioniste contre la bande de Ghaza. Les cours du pétrole rebondissaient, hier, après des frappes américaines en Syrie sur des cibles liées à l'Iran, faisant craindre une escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient qui pourrait conduire à des perturbations de l'approvisionnement, indique-t-on. Les cours des deux références mondiales du brut sont en hausse «en raison des frappes aériennes américaines en Syrie qui ont accru les tensions au Moyen-Orient» et des avertissements de l'Iran aux Etats-Unis, expliquent les analystes de DNB. Les Etats-Unis avaient mené des frappes jeudi contre deux installations utilisées par les Gardiens de la révolution iraniens et des «groupes affiliés» dans l'est de la Syrie, a annoncé le ministre américain de la Défense, Lloyd Austin. Ce qui poussent les investisseurs à craindre un embrasement dans la région, alors que l'Iran, puissant soutien du Hamas, a lancé plusieurs avertissements aux Etats-Unis, allié d'Israël. «L'Iran ne souhaite pas l'extension du conflit. Mais je préviens que si le génocide à Ghaza se poursuit, ils ne seront pas épargnés par ce feu», a déclaré jeudi, devant les Nations unies, le ministre Iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, s'adressant aux Etats- Unis. Les cours de l'or noir sont à nouveau sur une «poudrière». Cela ne les a pas empêchés toutefois de connaître un net recul jeudi. Le baril de Brent de la mer du Nord avait cédé 2,44% pour terminer à 87,97 dollars, alors que la référence américaine (WTI) refluait de 2,55% à 83,21 dollars. Les experts expliquent cette «anormale» perte de vitesse. «Les cours subissent la pression des craintes, quant à la croissance mondiale, tandis que le pétrole continue de circuler sans problème, même si le conflit entre Israël et le Hamas fait rage», a indiqué Edward Moya de Oanda. L'entité sioniste avait annoncé jeudi être entré avec des chars dans la bande de Ghaza, pour «préparer le champ de bataille» d'une offensive terrestre évoquée à maintes reprises, au 20e jour de sa guerre contre le Hamas. Depuis le 7 octobre, plus de 7 000 personnes ont été tuées dans la bande de Ghaza, selon le ministère de la Santé du Hamas, et plus de 1 400 en Israël, essentiellement le jour de l'attaque du Hamas, d'après les autorités israéliennes. L'attention du marché pétrolier «se porte particulièrement sur l'Iran, qui pourrait décider d'intervenir dans le conflit», souligne Barbara Lambrecht, analyste chez Commerzbank. «Le pays a augmenté sa production quotidienne de pétrole d'environ 500 000 barils au premier semestre. Ainsi, l'Iran représente à nouveau 10% de la production de l'Opep», a-t-elle ajouté. Cet afflux d'or noir s'est révélé déterminant pour contenir les prix dans un contexte d'offre tendue après les réductions de production et d'exportations de certains membres de l'Opep et leurs alliés. Les investisseurs redoutent ainsi un nouveau resserrement de l'offre en cas d'implication de Téhéran dans la guerre entre Israël et le Hamas, fait-on remarquer. Qui osera allumer la mèche? «Je ne pense pas que les Etats-Unis vont attaquer l'Iran, mais Israël le pourrait», a estimé Mark Waggoner, d'Excel Futures. «Toute mesure de représailles sur les infrastructures iraniennes», ou «la menace de fermer le détroit d'Ormuz, par lequel transitent quotidiennement 17 millions de barils de pétrole par jour», pourraient faire «flamber les prix» a prévenu Tamas Varga, de PVM Energy. Il faut croire qu'on n'est pas loin de ce scénario...